Ibrahim — et, selon ce que l’on rapporte, il s’enquérait de lui — ne cessa d’être ainsi jusqu’à ce qu’il parvînt à Mossoul et parcourût toute la Jazîrah, puis il se rendit en Syrie. Il la parcourut jusqu’à ce qu’il rencontrât un moine dans une église de la région du Balqā’, lequel détenait, d’après ce que l’on raconte, la science du christianisme. Il l’interrogea à propos de l’hanifiyya, c’est-à-dire la religion d’Ibrahim (Abraham).
Le moine lui répondit : « Tu interroges à propos d’une religion que tu ne trouveras plus personne, de nos jours, pour t’y guider. Ceux qui la connaissaient ont disparu, et il n’existe plus personne pour s’en souvenir. Toutefois, l’avènement d’un Prophète est proche, et c’est son époque. » Cet homme avait déjà observé le judaïsme et le christianisme, mais ne s’en était pas satisfait. Il quitta donc rapidement le moine, voulant rejoindre La Mecque. Arrivé sur les terres de Lakhm, on l’attaqua et on le tua.
C’est alors que Warqa le pleura en ces termes :
« Tu as été bien guidé et tu as bien agi, Ibn ‘Amr,
car tu as évité le grand brasier d’un feu ardent.
C’est par ta religion que tu reconnais un Seigneur sans égal,
et tu as délaissé les idoles des tyrans là où elles se trouvaient.
Or, la miséricorde de ton Seigneur peut atteindre quelqu’un
même s’il était enseveli sous terre, au fond de soixante vallées. »
Muhammad ibn ‘Uthmân ibn Abî Shaybah déclara : « Ahmad ibn Târiq al-Wâbishî nous rapporta (4), en ayant reçu de ‘Amr ibn ‘Atiyyah, qui le tenait de son père, lui-même le tenant de Ibn ‘Umar, à propos de Zayd ibn ‘Amr ibn Nufayl qui, à l’époque antéislamique, s’adonnait au culte du Dieu unique. Il s’en alla vers un homme d’entre les Juifs et lui dit : “J’aimerais que tu m’intègres à ta religion.” Le Juif lui répondit alors : “Je ne t’y ferai pas entrer tant que tu n’assumeras pas ta part de la colère de Dieu.” Zayd dit : “Je cherche plutôt à fuir la colère de Dieu !” Il s’en alla ensuite trouver un chrétien et lui dit : “J’aimerais que tu m’associes à ta religion.” Le chrétien répondit : “Je ne te ferai pas entrer dans ma religion tant que tu n’assumeras pas ta part d’égarement.” Zayd rétorqua : “Je fuis l’égarement !” »
Le chrétien lui dit alors : « Puis-je te diriger vers une religion qui, si tu la suis, te conduira à la juste voie ? » Zayd demanda : « De quelle religion s’agit-il ? » Il répondit : « Il s’agit de la religion d’Ibrahim. » Aussitôt, Zayd dit : « Ô Dieu, je T’atteste que je suis sur la religion d’Ibrahim, c’est selon elle que je vivrai et c’est selon elle que je mourrai. »
On rapporta cette histoire au Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), qui déclara : « Il sera, seul, une communauté au Jour de la Résurrection. » (6)
Mûsâ ibn ‘Uqbah a transmis, d’après Sâlim, lui-même d’après Ibn ‘Umar, un récit analogue (7). Muhammad ibn Sa‘d dit : « ‘Alî ibn Muhammad ibn ‘Abd Allâh ibn Sayf al-Qurashî nous rapporta, de la part d’Ismâ‘îl ibn Mujâlid… » (8)