Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

"Pourquoi donc vois-je les gens partir sans jamais revenir ? Se sont-ils satisfaits de s’établir et sont-ils demeurés là où ils sont ? Ou bien ont-ils été laissés là et se sont-ils endormis ?"

Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) se tourna alors vers quelques-uns de ses Compagnons et dit : « Lequel d’entre vous nous récitera ses vers ? »

Abou Bakr As-Siddîq répondit : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! J’en fus témoin le jour où il disait :

Dans ceux qui s’en sont allés les premiers parmi les générations, nous trouvons des leçons.
Lorsque j’ai vu que les sources de la mort ne mènent à aucune issue
Et que j’ai vu mon peuple s’y diriger, aussi bien les plus humbles que les plus grands,
Celui qui s’en est allé ne revient point à moi, et il ne reste de ceux qui demeurent personne d’épargné.
J’ai alors su qu’inévitablement, j’irai là où ils sont allés.

Un homme âgé de la tribu d’Abd al-Qays, au grand front, de haute stature et aux épaules larges, se leva alors vers le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) et dit : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! Moi aussi, j’ai vu des choses étonnantes de Quss. »

Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) lui demanda : « Qu’as-tu vu, ô frère des Banou Abd al-Qays ? »

Il répondit : « Dans ma jeunesse, je m’étais mis en quête d’un chameau qui s’était enfui de chez moi. Je suivais ses traces dans de vastes étendues désertiques, parsemées de terres sablonneuses, de terrains rocailleux et de plateaux arides. Alors que je m’aventurais dans ces étendues, j’aperçus sur une hauteur quelques arak et des petits baies tombantes comme des grains de poivre, ainsi que des plantes d’odeur suave, non loin d’une source jaillissante et d’un pré verdoyant. Il y avait là un arbre imposant et, au pied de cet arbre, je trouvai Quss ibn Sâ‘ida tenant un bâton.

Je m’approchai de lui pour le saluer et lui dis : “Puisses-tu passer une bonne matinée !” Il répondit : “Bonne matinée à toi !” Quant à la source, de nombreuses bêtes sauvages s’en approchaient pour s’abreuver, et chaque fois qu’une bête tentait de boire avant celle qui la précédait, Quss la frappait doucement avec son bâton en disant : “Patiente, que celui qui était là avant toi boive d’abord.” J’en fus très effrayé.

Il posa alors son regard sur moi et me dit : “N’aie pas peur.” Puis je vis deux tombes, entre lesquelles se trouvait un oratoire. Je demandai : “Qu’est-ce donc que ces deux tombes ?” Il me répondit : “C’est la sépulture de deux frères qui adoraient Dieu, Exalté soit-Il, en ce lieu. Quant à moi…”"

(1) Ainsi dans « b » et c'est plus proche de la vérité. Dans « a » et « ṭ » : quatre. (2) At-Tanāʾif : pluriel de tanūfa, c'est-à-dire l'oasis, une terre vaste aux confins lointains. Al-Qifāf : pluriel de quf, ces pierres entassées les unes sur les autres sans interstice. Ad-Daghābis : pluriel de dhaghbūs, petits concombres amers, et rameaux épineux. Al-Jathjāth : une plante. (3) Al-Ghamīr : en abondance. Hawdhān : une plante. (4) Dans « ṭ » : Liyhaqān, c'est une erreur. Al-Muhimma : l'oasis lointaine. Az-Zulmān : pluriel de ẓalīm, le mâle de l'autruche. Al-Ayhqān : une herbe qui pousse haut, et la roquette sauvage. (5) Dans « ṭ » : Arnq, c'est une altération. As-Sabsab : l'oasis. Ramqa : un regard furtif. Addafdaf : la steppe. (6) An-Nashz : le lieu élevé. Al-Kabāth : le fruit mûr de l'arak. Makhḍuḍala : humide et frais. (7) Al-Barīr : le premier fruit de l'arak. (8) Rawḍat Madhāmma : une verdure qui tend vers le noir, c'est une grâce bien arrosée.
ما لي أرى الناس يذهبون فلا يرجعون، أرَضوا بالمقام فأقاموا؟ أم تُرِكوا فناموا ". والتفتَ رسول الله ﷺ إلى بعض أصحابه فقال: " أيَّكم يروي شعرَه لنا "؟ فقال أبو بكر الصديق: فداك أبي وأمي أنا شاهدٌ له في ذلك اليوم حيث يقول: [من مجزوء الكامل] في الذاهبين الأوّليـ … ـن من القرون لنا بصائر لما رأيتُ مَواردًا … للموت ليس لها مصادر ورأيتُ قومي نحوها … يمضي الأصاغر والأكابر لا يَرجع الماضي إلـ … ـيَّ ولا من الباقين غابر أيقنتُ أني لا محا … لة حيث صارَ القومُ صائر قال: فقام إلى رسول الله ﷺ شيخ من عبد القيس، عظيمُ الهامة، طويل القامة، بعيدُ ما بين المنكبين، فقال: فداك أبي وأمي، وأنا رأيتُ من قُسٍّ عجبًا. فقال له رسول الله ﷺ : "ما الذي رأيت يا أخا بني عبد القيس"؟ فقال: خرجتُ في شبيبتي أتبع (١) بعيرًا لي نَدَّ عنّي أقفو أثره في تَنائف قِفاف ذات ضَغَابيس وعرصات جَثْجَاث (٢) ، بين صدور جَذعان، وغمير حَوذان (٣) ، ومَهْمه ظُلْمان، ورصيع أيهقان (٤) ، فبينا أنا في تلك الفلوات أجول بسبسبها وأرمق (٥) فدفدها، وإذا أنا بهضبة في نشزاتها أراك كَبَاث مخضوضلة (٦) ، وأغصانها متهدلة، كأن بَرِيْرها (٧) حب الفلفل ويواسق أقحوان، وإذا بعين خرَّارة، وروضة مُدْهَامَّة (٨) ، وشجرة عارمة، وإذا أنا بقسّ بن ساعدة في أصل تلك الشجرة وبيده قضيب. فدنوتُ منه وقلت له: أنعم صباحًا! فقال: وأنت فنَعِمَ صباحُك! وقد وردتِ العينَ سباعٌ كثيرةٌ، فكان كلما ذهبَ سَبُعٌ منها يشرب من العين قبل صاحبه ضربه قسٌّ بالقضيب الذي بيده. وقال: اصبر حتى يشرب الذي قبلك، فذعرت من ذلك ذعرًا شديدًا، ونظر إليَّ فقال: لا تخف. وإذا بقبرين بينهما مسجدٌ، فقلت: ما هذان القبران؟ قال قبرأ أخوين كانا يعبدان الله – Exalté soit-Il – بهذا الموضع، فأنا
(١) كذا في ب وهو أشبه بالصواب. وفي أ، وط: أربع. (٢) التنائف: جمع تنوفة، وهي المفازة، والأرض الواسعة البعيدة الأطراف. والقِفاف: جمع قُف، وهي حجارة غاص بعضها ببعض لا تخالطها سهولة. والضغابيس: جمع ضغبوس، صغار القثاء، وأغصان الشوك. والجثجاث: نبات. (٣) الغمير: الكثير. وحوذان: نبات. (٤) في ط: ليهقان. وهو خطأ. والمهمه: المفازة البعيدة. والظلمان: جمع ظليم، وهو ذكر النعام. والأيهقان: عشب يطول، والجرجير البري. (٥) في ط: أرنق، وهو تحريف. و السبسب: المفازة. ورمَقَه: لَحَظَه. والفدفد: الفلاة. (٦) النشْز: المكان المرتفع. والكَبَاث: النضيج من ثمر الأراك. ومخضوضلة: رطبة ندية. (٧) البرير: الأول من ثمر الأراك. (٨) روضة مدهامّة: خضراء تضرب إلى السواد نعمة وريًا.

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