Mention de Quss ibn Sāʿida al-Iyādī :
(1) L’historien et spécialiste du ḥadīth Abū Bakr Muḥammad ibn Jaʿfar ibn Sahl al-Kharāʾiṭī rapporte dans son ouvrage « Hawātif al-Jinān » :
(2) « Nous raconta ʿAlī ibn Dāwūd al-Qanṭarī, qui tint dʿAbd Allāh ibn Ṣāliḥ, lequel me rapporta d’Abū ʿAbd Allāh al-Mashriqī, d’Abū Ḥārith al-Warrāq, de Thawr ibn Yazīd, de Murrīq al-ʿIjlī, de ʿUbāda ibn al-Ṣāmit. » Celui-ci dit :
Lorsque la délégation de la tribu Iyād vint auprès du Prophète (ﷺ), il leur dit : « Ô membres du groupe d’Iyād, qu’est devenu Quss ibn Sāʿida al-Iyādī ? » Ils répondirent : « Il est décédé, ô Messager de Dieu. »
Le Prophète (ﷺ) dit alors : « Je l’ai vu un jour au marché dʿUkāẓ, perché sur un chameau rouge, tenant des propos admirables et saisissants, dont je ne me souviens cependant pas. »
Un bédouin, placé tout au fond de l’assemblée, se leva et déclara : « Je m’en souviens, ô Messager de Dieu. » Le Prophète (ﷺ) s’en réjouit et le laissa raconter :
« Il se trouvait au marché dʿUkāẓ, monté sur un chameau rouge, et s’écriait : “Ô gens, rassemblez-vous ! Car quiconque est parti ne revient pas, et toute chose destinée à arriver arrivera. Il y a la nuit opaque, le ciel abondant de constellations, la mer en tumulte, les étoiles qui scintillent, les montagnes fermement établies et les rivières qui coulent. Oui, le ciel recèle un message et la terre des leçons. Pourquoi est-ce que je vois des hommes partir et mourir, sans jamais revenir ? Ont-ils consenti à demeurer ainsi et se sont-ils installés, ou bien les a-t-on laissés et se sont-ils endormis ? Quss jure par Dieu, d’un serment sans ambiguïté, qu’il est une religion auprès de Dieu plus agréable que la vôtre [même si elle peut sembler nécessiter un effort].” »
Puis il se mit à réciter :
[Vers extraits du mètre majzūʾ al-kāmil]
« Parmi ceux qui nous ont précédés, ceux des siècles passés,
nous trouvons de nombreux enseignements.
Quand j’ai vu ces abreuvoirs de la mort
qui ne laissent aucune issue,
Et que j’ai observé mon peuple s’y rendre,
jeunes comme vieux,
Celui qui est parti ne revient pas vers toi,
et de ceux qui restent, nul ne perdure à jamais.
J’ai alors compris, sans aucun doute,
que là où ils sont partis, je partirai aussi. »