Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il dit : Un jour, il passa près d’un chameau sur lequel était montée une femme. Le chameau levait la tête vers elle en mugissant. Alors il déclara : « Il lui dit : “Tu m’as fait voyager alors qu’il y a une aiguille (مخيط) dans le howdah (الحِدَاجة).” » On fit donc descendre cette femme et on défit le bât ; on y trouva effectivement une aiguille, comme il l’avait annoncé (1).

Ibn As-Sikkīt rapporta qu’Oumayya ibn Abî As-Salt, alors qu’il buvait un jour, entendit un corbeau croasser. Il s’adressa à l’oiseau en disant deux fois : « Que la terre soit dans ta bouche ! » On lui demanda ce qu’il voulait dire, et il répondit : « Il dit que tu vas boire cette coupe que tu tiens, puis tu t’allongeras (2) et tu mourras. » Ensuite, le corbeau croassa de nouveau. Il déclara alors : « Il dit : “Le signe en est que je descendrai sur ce tas d’ordures pour y manger ; un os se coincera dans ma gorge et je mourrai.” » Le corbeau descendit donc sur ces ordures, y trouva quelque chose à manger et un os resta coincé dans sa gorge, provoquant sa mort. Oumayya s’exclama : « Quant à lui, il a dit vrai en ce qui le concerne ; je vais maintenant voir s’il a dit vrai à mon sujet. » Il but alors la coupe qu’il avait en main, s’allongea et mourut (3).

Il est établi dans le recueil authentique, d’après le hadith rapporté par Ibn Mahdî, d’après Ath-Thawrî, d’après ‘Abd Al-Malik ibn ‘Umayr, d’après Abû Salama, qui le tenait d’Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « La parole la plus véridique qu’un poète ait prononcée est celle de Labīd : “Ô assurément, toute chose en dehors de Dieu est vaine.” Et Oumayya ibn Abî As-Salt était sur le point d’embrasser l’islam » (4).

L’imam Ahmad (5) a rapporté : « Nous raconta Rawḥ : “Nous raconta Zakariyyâ ibn Isḥâq : ‘Nous raconta Ibrâhîm ibn May­sara qu’il entendit ‘Amr ibn Ash-Sharîd relayer les propos de son père Ash-Sharîd : ‘J’étais assis derrière le Messager de Dieu (ﷺ) lorsqu’il me dit : “As-tu retenu certains vers de poésie d’Oumayya ibn Abî As-Salt ?” Je répondis : “Oui.” Il me dit : “Récite-les-moi.” Je lui déclamai un vers, et chaque fois que j’en récitais un, il disait : “Continue.” Je continuai jusqu’à lui en réciter cent. Puis le Prophète (ﷺ) se tut, et je me tus également.”’” » Ainsi, Muslim transmit ce hadith d’après Sufyân ibn ‘Uyayna, d’après Ibrâhîm (6) ibn Maysara, et il existe plusieurs chaînes de transmission rapportées par ‘Amr ibn Ash-Sharîd, d’après son père Ash-Sharîd ibn Suwayd Ath-Thaqafî, au sujet du Prophète (ﷺ) (7).

(1) Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (5/48-49). Al-Ḥidāja : embarcation réservée aux femmes. (2) Son expression : « tatkaʾ » est un ajout de b, et Ibn ʿAsākir correspond au contexte du discours. (3) Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (5/52). (4) Rapporté par al-Bukhārī n° 6147 dans al-Adab, chapitre « Ce qui est permis en poésie et en rajaz », et Muslim (2256) dans le livre de la poésie, ainsi qu’Ibn Mājah (3757) dans al-Adab, chapitre sur la poésie. (5) al-Musnad (4/389). (6) Dans la transmission : Abū Tamīm ibn Musarra. Et Ibrāhīm ibn Maysarra al-Ṭāʾifī, jurisconsulte fiable, mort vers l’an 132 H. Sa biographie se trouve dans Siyar Aʿlām an-Nubalāʾ (6/123). Le hadith est dans Ṣaḥīḥ Muslim (2255), au début du livre de la poésie. (7) Suivi dans b de : « binḥawhi » (dans ce sens).
قال: ومرَّ يومًا على بعير عليه امرأة راكبة وهو يرفع رأسه إليها ويرغُو. فقال: إنه يقول لها: إنك رحلتني وفي الحِدَاجَة مَخيط. فأنزَلوا تلك المرأةَ وحلوا ذلك الرحْل فإذا فيه مخيط كما قال (١) . وذكر ابن السكّيت: أن أمية بن أبي الصلت بينما هو يَشْرَب يومًا إذ نَعَبَ غُرابٌ. فقال له: بفيك التراب، مرتين. فقيل له: ما يقول؟ فقال: إنه يقول: إنك تشربُ هذا الكأسَ الذي في يدك ثم تتكئَ (٢) تموت. ثم نعب الغراب فقال: إنه يقول: وآيةُ ذلك أني أنزل على هذه المزبلة فآكل منها فيعلقُ عظم في حلقي فأموت. ثم نزل الغرابُ على تلك المزبلة، فأكل شيئًا، فعلق في حلقه عظمٌ، فمات. فقال أمية: أما هذا فقد صدق في نفسه، ولكن سأنظر هل صدقَ فيَّ أم لا. ثم شرب ذلك الكأس الذي في يده، ثم اتَّكأَ فمات (٣) . وقد ثبت في الصحيح من حديث ابن مهدي، عن الثوري، عن عبد الملك بن عمير، عن أبي سلمة، عن أبي هريرة قال: قال رسول الله ﷺ : "إن أصْدَقَ كلمة قالَها شاعرٌ كلمة لبيد: [من الطويل] ألا كلُّ شيء ما خلا الله باطلُ وكاد أمية بن أبي الصلت أن يسلم" (٤) . فقال الإمام أحمد (٥) : حدّثنا رَوْح، حدّثنا زكريا بن إسحاق، حدّثنا إبراهيم بن ميسرة أنه سمع عمرو بن الشريد يقول: قال الشريد: كنت رِدْفًا لرسول الله ﷺ فقال لي: "أمَعَكَ مِن شِعْر أمية بن أبي الصلت شَيءٌ" ؟ قلت: نعم! قال: "فأنشِدْني" . فأنشدتُه بيتًا، فلم يزل يقول لي كلما أنشدته بيتًا: "إيهِ" حتى أنشدته مئة بيت. قال: ثمّ سكتَ النبي ﷺ وسكتُّ. وهكذا رواه مسلم من حديث سُفيان بن عُيينة عن إبراهيم (٦) بن ميسرة، به. ومن غير وجهٍ عن عمرو بن الشريد عن أبيه الشريد بن سويد الثقفي عن النبي ﷺ (٧) .
(١) مختصر تاريخ دمشق (٥/ ٤٨ - ٤٩). والحداجة: مركب للنساء. (٢) قوله: تتكئ، زيادة من ب، وابن عساكر توافق سياق الكلام. (٣) مختصر تاريخ دمشق (٥/ ٥٢). (٤) أخرجه البخاري رقم (٦١٤٧) في الأدب، باب ما يجوز من الشعر والرجز، ومسلم (٢٢٥٦)، في الشعر، وابن ماجه (٣٧٥٧) في الأدب، باب الشعر. (٥) المسند (٤/ ٣٨٩). (٦) في ط: أبي تميم بن مسرة. وإبراهيم بن ميسرة الطائفي فقيه، ثقة. توفي قريبًا من سنة (١٣٢ هـ). ترجمته في سير أعلام النبلاء (٦/ ١٢٣). والحديث في صحيح مسلم (٢٢٥٥)، في أول كتاب الشعر. (٧) زاد في ب: بنحوه.

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