Puis il s’évanouit lorsqu’il poussa un profond soupir et déclara :
[du mètre al-Khafif]
« Toute existence, même si elle se prolonge au fil du temps,
Finira un jour par se faner.
Ah ! si seulement j’avais été, avant que ne m’apparaisse ce qui m’est advenu,
Sur les hauteurs des montagnes à paître des bouquetins. » (1)
Elle dit ensuite : « Puis il mourut. »
Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) dit alors : « Ô Fâri‘a, l’exemple de ton frère est comparable à celui dont Dieu a accordé les signes, puis il s’en est éloigné. » (2)
Al-Khattâbî a commenté l’étrangeté de ce ḥadith. L’Hafiz Ibn ‘Asâkir rapporte, d’après az-Zuhrî, qu’il a dit : Omayya ibn Abî aṣ-Ṣalt prononça :
[du mètre al-Baṣît]
« N’existe-t-il donc pas, issu de notre peuple, un Messager qui nous informe
De ce qui nous attend au-delà de l’extrémité de notre parcours, au sommet de Mujrânâ ? » (3)
Il (az-Zuhrî) raconta : « Omayya ibn Abî aṣ-Ṣalt partit pour Bahreïn, tandis que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) reçut la prophétie. Omayya séjourna à Bahreïn pendant huit ans. »
Ensuite, il revint à Ṭâ’if et leur demanda : « Que dit Muḥammad ibn ‘Abd Allâh ? » Ils répondirent : « Il prétend être Prophète, précisément ce que tu désirais auparavant. »
Il reprit donc la route jusqu’à ce qu’il parvînt à la Mecque et le rencontra. Il lui dit : « Ô fils d’Abd al-Muṭṭalib, qu’est-ce que tu déclares donc ? » Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) répondit : « Je déclare que je suis le Messager de Dieu et qu’il n’y a de divinité que Lui. »
Omayya dit : « Je souhaite m’entretenir avec toi, accorde-moi un rendez-vous pour demain. » Le Prophète répliqua : « Ton rendez-vous sera demain. » Omayya poursuivit : « Préfères-tu que je vienne seul ou avec un groupe d’hommes, et que tu viennes seul ou accompagné d’une partie de tes compagnons ? » Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) répondit : « Choisis ce que tu veux. »
« Alors, dit Omayya, je viendrai avec un groupe, et viens, toi aussi, avec un groupe. » Le lendemain, Omayya arriva en compagnie de gens appartenant à Quraych. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) se rendit également au rendez-vous, accompagné de quelques-uns de ses compagnons, et ils s’assirent à l’ombre de la Ka‘ba.
Omayya commença par prononcer un discours, puis s’exprima en prose rimée, avant de réciter de la poésie. Lorsqu’il eut achevé, il dit : « Réponds-moi, ô fils d’Abd al-Muṭṭalib. » Alors le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) dit : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Yâ-Sîn. Par le Coran plein de sagesse… » Puis, quand il eut terminé, Omayya se leva en traînant les pieds.
Quraych le suivirent en disant : « Que dis-tu, Omayya ? » Il répondit : « Je témoigne qu’il est dans le vrai. » Ils demandèrent : « Vas-tu donc le suivre ? » Il répondit : « Je veux d’abord examiner son affaire. »
Ensuite, Omayya partit pour le Shâm (Syrie), tandis que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) s’était rendu à Médine. Lorsqu’eut lieu la bataille de Badr et que ses combattants furent tués, Omayya revint de Shâm et s’arrêta à Badr, puis il se prépara à aller rencontrer le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui). Quelqu’un lui demanda : « Ô Abâ Ṣ-Ṣalt, que veux-tu faire ? » Il répondit : « Je veux (rejoindre) Muḥammad. » On l’interrogea : « Et que comptes-tu faire ? » Il répondit : « Je veux croire en lui et m’adresser à lui. »