Une partie d’entre eux fut introduite dans le Feu, et ses facilités leur parurent néfastes.
Ces cœurs se sont engagés : lorsque leur intention se tourne vers le bien, ils renoncent à tout ce qui pourrait les en empêcher.
Le bas-monde de Dieu, qu’Il anéantit, les a détournés de la quête du Paradis, les menant vers l’affliction.
Un serviteur s’adressa à son âme et la réprimanda, sachant que l’Omniscient la surveille.
Quel attrait l’âme peut-elle trouver dans la vie ? Quand bien même elle vivrait un instant, la mort la rejoindrait.
(1)
Celui qui fuit un jour son destin ne tarde guère à le rencontrer, à l’improviste.
S’il ne meurt pas en pleine vigueur, il mourra de vieux jours. La mort est un calice, et chacun le goûtera.
(2)
(3) Il dit : « Puis il s’en retourna à son campement ; il ne s’écoula qu’un court moment avant qu’on ne le poignardât dans sa ḥiyārah (4). »
La nouvelle vint jusqu’à moi. Je revins donc à lui et le trouvai soutenu (5), déjà recouvert d’un linceul. Je m’approchai de lui ; il poussa un grand soupir, ouvrit grand les yeux (6), regarda vers le plafond, éleva la voix et dit :
[rajaz]
« Me voici, me voici devant vous deux !
Point de richesse pour me racheter,
Point de proches pour me protéger. »
Puis il perdit connaissance. Il poussa un nouveau soupir, et je m’écriai : « L’homme est perdu ! » Mais il leva de nouveau les yeux vers le plafond, éleva la voix et dit :
[rajaz]
« Me voici, me voici devant vous deux !
Je n’ai nulle innocence à plaider,
Ni clan auquel me rallier. »
Puis il s’évanouit à nouveau. Lorsqu’il reprit son souffle, il ouvrit les yeux, regarda le plafond et dit :
[rajaz]
« Me voici, me voici devant vous deux !
Comblé de bienfaits, accablé par mes fautes. »
Il perdit encore connaissance. Au moment où il expira un grand soupir, il dit :
[rajaz]
« Me voici, me voici devant vous deux !
Si Tu pardonnes, ô Dieu, Tu pardonnes abondamment.
Et quel serviteur est à Toi sans commettre de fautes ? »
(7)