« Non. » Il dit alors : « C’était un bien qui avait été voulu pour votre père, mais il ne l’a pas accepté (1). »
On le rapporte également par une autre chaîne et avec un autre exposé : ainsi, selon Ishaq ibn Bishr, d’après Muhammad ibn Ishaq, d’après az-Zouhrî, d’après Sa‘îd ibn al-Musayyib et ‘Uthmân ibn ‘Abd ar-Rahmân, d’après az-Zouhrî, d’après Sa‘îd ibn al-Musayyib, celui-ci raconta : « Al-Fâri‘ah, la sœur d’Umayya ibn Abî S‑Salt, vint à la rencontre du Messager de Dieu (ﷺ) après la conquête de La Mecque (2). C’était une femme dotée de raison, d’intelligence et de beauté, et le Messager de Dieu (ﷺ) l’admirait. Un jour, il lui dit : “Ô Fâri‘ah, te souviens-tu de quelques vers de ton frère ?” Elle répondit : “Oui, et j’ai vu plus étonnant encore (3).” »
Elle poursuivit : « Mon frère était en voyage. À son retour, il commença par me rendre visite (4). Il entra, puis se coucha sur le lit tandis que j’étais occupée à gratter un morceau de cuir. Soudain, deux oiseaux blancs ou semblables à deux oiseaux blancs firent leur apparition. L’un se posa sur l’ouverture (de la pièce), et l’autre entra puis vint se poser sur lui. Alors, celui-ci lui ouvrit la poitrine, depuis le haut du sternum (5) jusqu’à l’aine, y introduisit la main, en sortit le cœur et le déposa dans sa paume avant de le humer. L’autre oiseau lui dit : “A-t-il compris (le message) ?” Il répondit : “Il a compris.” L’autre demanda : “Est-il pur ?” Il répliqua : “Il a refusé.” Puis il replaça le cœur à son endroit, et la plaie se referma plus vite qu’un battement de paupière, avant qu’ils ne repartent.
Quand je vis cela, je m’approchai de lui, le secouai et lui demandai : “Ressens-tu la moindre gêne ?” — “Non, hormis un affaiblissement dans mon corps”, répondit-il. Or j’étais moi-même effrayée par ce que j’avais vu. Il me dit : “Pourquoi te vois-je si épouvantée ?” Je lui racontai alors ce dont j’avais été témoin. Et il dit : “C’est un bien qu’on m’a voulu, puis il me fut retiré.” »
Il se mit ensuite à réciter :
(De la mesure al-munsarih)
« Mes soucis durant la nuit n’ont cessé de m’assaillir,
Je retiens mes yeux, pourtant les larmes me devancent.
C’est ce qui m’est parvenu de certitude, sans qu’il ne m’ait été
Accordé d’exonération qu’un orateur pourrait énoncer (6).
Serais-je parmi ceux que consume la flambée du Feu,
Dont l’enceinte les cerne de toute part (7),
Ou bien habiterai-je le Paradis promis aux vertueux,
Où sont disposés des coussins alignés ?
Jamais ces deux demeures ne sauraient être égales et les actes
Ne sauraient être semblables dans leurs voies.
Ils sont deux groupes : l’un entrera au Paradis
Dont les jardins les entoureront. »