Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il est rapporté qu’Aḥmad ibn ʿAmmār (1) l’a mentionné dans son livre «Ri al-ʿāṭish wa Uns al-wāḥish». Il possédait un grand plat (jafnah) dont le cavalier pouvait manger tout en restant sur sa monture, et il arriva qu’un enfant y tomba et s’y noya.

Ibn Qutayba et d’autres (2) ont rapporté que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : «J’avais l’habitude de m’abriter à l’ombre de la jafnah de ʿAbd Allāh ibn Judʿān durant la chaleur accablante de midi.»

Dans le récit du meurtre d’Abū Jahl (3), il est dit que le Messager de Dieu (ﷺ) déclara à ses compagnons : «Cherchez-le parmi les morts et vous le reconnaîtrez à une blessure sur le genou, car un jour, lui et moi nous sommes bousculés pour accéder à un banquet offert par Ibn Judʿān. Je l’ai poussé et il est tombé sur son genou qui s’est brisé. Sa marque y est restée.» Ils le trouvèrent effectivement ainsi. [Extrait d’al-Kāmil]

On rapporte également qu’Ibn Judʿān distribuait des dattes et du sawīq et offrait du lait, jusqu’à ce qu’il entende les vers d’Umayya ibn Abī al-Ṣalt :
«J’ai vu les généreux et leurs actes,
Et j’ai constaté que les plus nobles sont Banū al-Dayyān.
Leur nourriture est un mélange de blé et de miel,
Aucune ressemblance avec ce que nous proposent Banū Judʿān.»

Alors Ibn Judʿān envoya en Syrie deux mille chameaux chargés de blé, de miel et de graisse. Chaque nuit, il fit annoncer du sommet de la Kaʿba : «Venez donc à la grande jefnah d’Ibn Judʿān !» À ce sujet, Umayya composa (mètre al-wāfir) :
«Il a un héraut qui appelle à La Mecque, incitant [les gens],
Et un autre, au-dessus de sa Kaʿba, les interpelle
Pour qu’ils se rendent à un vaste plat façonné en bois d’acacia,
Où l’on offre un blé fin, mélangé de miel.»

Malgré tout cela, il est rapporté dans le Ṣaḥīḥ de Muslim quʾĀʾisha a dit : «Ô Messager de Dieu, Ibn Judʿān offrait de la nourriture [aux gens].»

(1) Ahmad ibn ʿAmmār al-Mahdawī al-Tamīmī, un récitant andalou, originaire de Mahdiyya à Qayrawān. Il est décédé vers 440 de l'Hégire. Al-Aʿlām (1/184). (2) Gharīb al-Ḥadīth (1/455). Ibn al-ʿAtīr dit dans al-Nihāya fī Gharīb al-Ḥadīth (3/43) au sujet de « ṣakkat ʿamī » : il s'agit de « al-Hājira ». L'origine est que « ʿumayā » est un diminutif de « murkham », comme un diminutif de « ʿamā ». On dit aussi que ʿAmiyā était le nom d'un homme de ʿAdwān qui s'évanouissait à cause de la chaleur au Hājira. Une autre version relate qu'il avait fait une incursion contre son peuple lors de la chaleur de midi, et l'expression « laqītuhu ṣakkat ʿumī » est devenue proverbiale pour désigner celui qui sort par une chaleur accablante. Majmaʿ al-Amthāl (2/182), al-Mustaqṣā (2/287), al-Rawḍ al-Anf (1/158). (3) Le texte rajoute dans la source B : le jour de Badr. Le récit dans la sīra (1/635). (4) Dans les manuscrits B et T : « al-fāʿilīn » (les agents/acteurs). (5) Al-Birr : le blé. Yulabbik : il mélange. Ash-shahād, pluriel shahād, désigne le miel. « ʿAllalahu bi shayʾ » signifie qu'il était occupé par cela. Ces deux vers figurent dans le Dīwān d’Omayya (p. 502), édition de Dr ʿAbd al-Ḥafīẓ al-Ṣuṭlī. (6) Al-Mushmaʿal : l’actif, prompt, l’initiateur. (7) Dans l’édition T : « malāʾ li-bāb ». Al-Raddāḥ : les grandes bassines. Ash-Shīzā : un bois noir dont on fait ces bassines. Al-Labāb min kull shayʾ : son essence et sa meilleure qualité. Ces deux vers se trouvent dans le Dīwān d’Omayya (p. 381), et le commentaire dans al-Rawḍ al-Anf (1/158).
وذكره أحمد بن عَمَّار (١) في كتاب "ري العاطش وأنس الواحش" . وكانت له جَفنة يأكْلُ منها الراكب على بعيره، ووقع فيها صَغيرٌ فغرق. وذكر ابن قتيبة وغيره (٢) أن رسول الله ﷺ قال: "لقد كنتُ أسْتظلُّ بظِلِّ جَفْنةِ عبد الله بن جُدعان صكة عُمَيّ" أي وقت الظهيرة. وفي حديث مقتل أبي جهل (٣) أن رسول الله ﷺ قال لأصحابه: "تطلبوه بين القتلى وتعرفوه بشَجَّةٍ في رُكبته، فإني تزاحمتُ أنا وهو على مأدبةٍ لابن جُدْعان، فدفعتُه، فَسَقَطَ على رُكبته، فانهشمت، فأثرُها باقٍ في ركبته" . فوجدوه كذلك. [من الكامل] وذكروا أنه كان يطعم التمر والسَّوِيق، ويسقي اللبنَ، حتى سمع قول أمية بن أبي الصَّلْت: ولقدْ رأيتُ الباذلين وفِعلَهم … فرأيتُ أكرمَهم بني الديّان (٤) البُرُّ يُلْبَكُ بالشِّهادِ طَعَامُهم … لا ما يُعلِّلنا بنو جُدْعان (٥) فأرسل ابن جُدعان إلى الشام ألفي بعير تحمل البُرَّ والشَّهْدَ والسمن، وجعل مناديًا ينادي كلَّ ليلةٍ على ظهر الكعبة أن هلموا إلى جفنة ابن جدعان. فقال أمية في ذلك: [من الوافر] لَهُ داعٍ بمكةَ مُشْمَعِلٌّ … وآخرُ فوقَ كَعبتها ينادي (٦) إلى رُدُحٍ من الشِّيْزى عليها … لُبابُ البُر يُلْبَكُ بالشِّهاد (٧) ومع هذا فقد ثبت في الصحيح لمسلم أن عائشة قالت: يا رسول الله إن ابن جُدعان كان يُطعم الطعام
(١) أحمد بن عمار المَهدَوي التميمي، مقرئ أندلسي، من المهدية بالقيروان. توفي نحو (٤٤٠ هـ). الأعلام (١/ ١٨٤). (٢) غريب الحديث (١/ ٤٥٥)، وقال ابن الأثير في النهاية في غريب الحديث (٣/ ٤٣) في صكة عمي: يريد الهاجرة. والأصل فيها أن عُمَيًا مصغّر مرخم، كأنه تصغير أعمى. وقيل إن عميًا اسم رجل من عدوان كان يُفيض بالحاج عند الهاجرة وشدة الحر. وقيل إنه أغار على قومه في حر الظهيرة فضُرب به المثل في من يخرج في شدة الحر يقال: لقيته صكة عُمي. مجمع الأمثال (٢/ ١٨٢)، والمستقصى (٢/ ٢٨٧)، والروض الأنف (١/ ١٥٨). (٣) زاد في ب: يوم بدر. والخبر في السيرة (١/ ٦٣٥). (٤) في ب، وط: الفاعلين. (٥) البر: الحنطة. ويلبك: يخلط. والشهاد: مفردها شهد، وهو العسل. علّله بالشيء: شغله به والبيتان في ديوان أمية (٥٠٢)، (صنعة د. عبد الحفيظ السطلي). (٦) المشمعل: النشيط السريع، المبادر. (٧) في ط: ملاء لباب. والردح: الجفان العظيمة. والشيزى: خشب أسود تُتَّخذ منه الجفان. واللباب من كل شيء: خالصه وخياره. والبيتان في ديوان أمية (٣٨١)، والخبر في الروض الأنف (١/ ١٥٨).

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