Dans ses poèmes, il dit :
[De la forme poétique « at-tawil »]
« Interroge le miséreux transi, ô Umm Mâlik,
s’il se trouve entre mon foyer et mon abattoir :
vais-je lui ouvrir un visage accueillant ? C’est en effet le premier devoir d’hospitalité,
et je lui prodiguerai ma bonne action sans rien de répréhensible. » (1)
Il a également déclaré :
[De la forme « at-tawil »]
« Si tu laisses libre cours à ton ventre
et à ton sexe, ils te conduiront ensemble au comble du blâme. » (2)
Le juge Abû al-Faraj al-Muʿafâ ibn Zakariyyâ al-Jurayrî (3) a rapporté : « Al-Ḥusayn ibn al-Qâsim al-Kawkabî nous a informés ; Abû al-ʿAbbâs al-Mubarrad nous a rapporté avoir été informé par al-Tawwazî, d’après Abû ʿUbayda, que lorsque Hâtim aṭ-Ṭâ’î apprit les vers du poète al-Mutalmis :
“Un bien modeste que tu prends soin de préserver perdure,
tandis qu’une grande fortune laissée à se dégrader finit par disparaître.
Mieux vaut garder son bien que le gaspiller,
ou errer sur les routes sans provisions.”
— il s’exclama : “Qu’est-ce donc que cela ? Que Dieu lui coupe la langue ! Il incite les gens à l’avarice. Pourquoi n’a-t-il pas plutôt dit :
[De la forme « at-tawil »]
‘Nullement la générosité ne ruine la richesse avant qu’elle ne s’épuise ;
et l’avarice n’accroît pas la fortune de l’avare.
Ne recherche pas la richesse au prix d’une vie de pénurie :
à chaque lendemain la subsistance revient neuve.
Ne vois-tu pas que l’argent circule, part et revient,
et que Celui qui te le donne n’est pas lointain ?’” (4)
À ce propos, le juge Abû al-Faraj remarqua : “Il a bien fait de dire : ‘Et Celui qui te donne n’est pas lointain.’ S’il avait été musulman, on aurait pu espérer pour lui le bien dans l’Au-delà. D’ailleurs, Dieu — Exalté soit-Il — a révélé dans Son Livre : ‘Demandez à Dieu de Sa grâce’ (Coran, 4 : 32). Il a également dit : ‘Et lorsque Mes serviteurs t’interrogent à Mon sujet… Je suis tout proche ; Je réponds à l’appel de celui qui M’appelle, lorsqu’il M’appelle’ (Coran, 2 : 186).” (5)
Selon le témoignage de al-Waḍḍâḥ ibn Maʿbad aṭ-Ṭâ’î, “Hâtim aṭ-Ṭâ’î se rendit auprès d’an-Nuʿmân ibn al-Mundhir, qui l’honora et le rapprocha de lui. Lorsqu’il reprit la route, le roi le gratifia de deux chameaux chargés d’or et d’argent, en plus de présents rares de son pays. Hâtim repartit, puis, à son arrivée près des siens, il fut accueilli par des bédouins de la tribu Tayyi’, qui lui dirent : ‘Ô Hâtim, tu viens du roi comblé de biens, et nous revenons de chez les nôtres appauvris !’
Hâtim leur répondit : ‘Venez, prenez ce qui est devant moi et partagez-le entre vous.’ Ils se précipitèrent alors sur tout ce que le roi an-Nuʿmân lui avait offert et le répartirent entre eux. Puis je sortis à la rencontre de Hâtim…”