Mais, sur cette hauteur-là, attise un feu avec de grosses bûches, si tu l’allumes, et non avec une flamme frêle.
(1)
Il raconta : il souleva alors les rideaux, servit le repas et invita les gens. Il mangea, et ils mangèrent avec lui.
Elle dit : « Tu n’as pas achevé pour moi ce que tu avais promis. »
Il lui répondit : « Je n’arrive pas à m’y résoudre, et mon âme m’est trop précieuse pour que cet homme m’adresse des louanges, alors même que j’ai déjà fait preuve de générosité. »
Puis il déclama :
[de la mesure at-tawîl]
« Je m’exerce à contrer l’âme avare pour l’élever,
et je délaisse l’impulsion généreuse sans la consulter.
Ma voisine ne se plaint de moi que du fait
que je ne la visite pas lorsque son époux s’absente.
Mon bienfait lui parviendra et son mari lui reviendra,
sans qu’aucune atteinte ne soit portée à son honneur. »
(2)
Quant aux vers de Hâtim :
[de la mesure al-wâfir]
« Si je passe la nuit à boire au-dessus de ma gourde,
pour m’enivrer de ce vin, puissé-je ne jamais être rassasié ! »
(3)
« Si jamais je passais la nuit à rôder autour de l’épouse de mon voisin
pour que l’obscurité me dissimule, puissé-je ne jamais être caché !
Vais-je déshonorer ma voisine et trahir mon voisin ?
Par Dieu, je ne commettrai jamais une telle chose tant que je vivrai ! »
(4)
Et dans d’autres vers du même poète :
[de la mesure al-kâmil]
« Qu’importe à un voisin qui habite près de moi
que sa porte soit démunie de rideau ?
Je détourne le regard lorsque ma voisine se montre,
jusqu’à ce que son voile l’engloutisse à nouveau. »
(5)
Toujours parmi les poèmes de Hâtim :
[de la mesure al-wâfir]
« Il ne fait pas partie de mes mœurs d’insulter mon cousin,
et je ne manque pas à la promesse de qui place son espoir en moi.
Quant à la parole d’un envieux qui me hait sans raison,
je l’ai entendue et j’ai dit : “Passe ton chemin et laisse-moi en paix.”
On m’en a fait le reproche, pourtant cela ne m’a point déshonoré,
pas un instant je n’en ai rougi.
Cet homme qui me montre deux visages m’accueille avec le sourire,
mais, une fois loin, il ne daigne me soutenir.
J’ai découvert sa faille et m’en suis abstenu,
veillant ainsi à préserver mon honneur et ma religion. »