Mansour ar-Râzî rapporta : « Mohammad ibn as-Salt nous raconta : Qays ibn ar-Rabî‘ nous raconta, d’après Sâlim al-Afṭas, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs : “La fille de Khâlid ibn Sinân vint voir le Prophète (ﷺ). Il étendit pour elle son manteau et dit : ‘(Voici) la fille d’un prophète que son peuple a laissé perdre.’” (1)
Cet épisode a également été rapporté par le hâfiẓ Abû Bakr al-Bazzâr, d’après Yahyâ ibn al-Mu‘allâ ibn Mansour, d’après Mohammad ibn as-Salt, d’après Qays, d’après Sâlim, d’après Sa‘îd, d’après Ibn ‘Abbâs, qui dit : « On mentionna Khâlid ibn Sinân devant l’Envoyé de Dieu (ﷺ). Il dit alors : ‘C’est un prophète que son peuple a laissé perdre.’ Puis il ajouta : ‘Nous ne le connaissons rapporté comme parole remontant (au Prophète) que par cette chaîne de transmission.’ » (2) Quant à Qays ibn ar-Rabî‘, il était jugé sûr en lui-même, mais il avait une mauvaise mémoire, et son fils ajoutait à ses hadiths ce qui n’en faisait pas partie (3). Et Dieu sait mieux.
Al-Bazzâr précisa encore : « Cela a aussi été rapporté par ath-Thawrî, d’après Sâlim al-Afṭas, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, sous forme mursal (c’est-à-dire sans attribution directe à Ibn ‘Abbâs). »
Le hâfiẓ Abû Ya‘lâ al-Mawsilî dit : « Ma‘allâ ibn al-Mahdî al-Mawsilî (4) nous raconta : Abû ‘Awâna nous raconta, d’après Abû Yûnus, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs : Un homme de la tribu de ‘Abs, appelé Khâlid ibn Sinân, dit à son peuple : ‘Je vais éteindre pour vous le feu des deux ḥarratayn (coulées de lave).’ L’un de ceux de son peuple lui répondit : ‘Par Dieu, ô Khâlid, tu ne nous as jamais dit que la vérité. Mais qu’y a-t-il entre toi et ce feu des deux ḥarratayn ? Tu prétends pouvoir l’éteindre ?’ Khâlid partit donc avec des hommes de la tribu de ‘Abs (5), dont ‘Amâra ibn Ziyâd. Ils l’atteignirent, et le feu sortait d’une faille dans la montagne. Khâlid leur traça une ligne et les fit s’y asseoir, puis leur dit : ‘Si je tarde à revenir, ne m’appelez pas par mon nom.’ Voilà que le feu sortit (6) telle une cavalcade de chevaux alezans se suivant l’un l’autre. Khâlid s’avança contre lui et le frappa avec son bâton en disant : ‘Badâ, badâ, badâ, toute juste direction est accomplie (7). Le fils du berger de chèvres prétend que je n’en sortirai pas, mes vêtements encore humides.’ Puis il entra avec le feu dans la faille. Il tarda à revenir, alors ‘Amâra ibn Ziyâd dit : ‘Si votre compagnon était vivant, il serait déjà ressorti vers vous. Appelez-le par son nom.’ Ils répondirent : ‘Il nous a interdit de l’appeler par son nom.’ Mais ils l’appelèrent quand même par son nom. Il en sortit en tenant sa tête et dit : ‘Ne vous ai-je pas interdit de m’appeler par mon nom ? Par Dieu, vous m’avez tué. Portez-moi (8) et enterrez-moi. Lorsque vous verrez passer devant vous des ânes, et qu’il y aura parmi eux un âne à la queue coupée, exhumez-moi. Vous me trouverez vivant.’ Ils le portèrent donc et l’enterrèrent, puis des ânes passèrent devant eux, dont un âne à la queue coupée… »