Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Nous avons dépassé le « Rukn » en provenance de Waraqân, et nous avons aussi franchi al-ʿArj pour y établir résidence.

(1)
Nous sommes passés près de al-Ḥilli sans en goûter, et nous avons affronté l’amertume d’une longue nuit.

(2)
Nous rapprochions les chamelles de leurs petits pour qu’elles réduisent au silence tout hennissement.

(3)
Puis, quand nous parvînmes à La Mecque, nous rendîmes ses hommes capturables, tribu après tribu.

(4)
Nous les attaquâmes alors avec le tranchant des épées et, à chaque assaut, nous leur arrachions la raison.
Nous les « malaxions » entre les serres dures des aigles, comme un fort qui mate un faible.

(5)
Nous avons tué la tribu de Khuzaʿa dans ses demeures, et nous avons massacré celle de Bakr, génération après génération.
Nous les avons bannis de la terre du roi, si bien qu’ils ne puissent s’installer dans aucune contrée accueillante.
Leurs captifs se retrouvèrent chargés de fers ; et nous avons assouvi notre soif de représailles à l’égard de chaque clan.

Ibn Isḥāq raconte :
« Quand Razāḥ retourna dans sa contrée, Dieu le fit prospérer ainsi que Ḥunnā ; ils forment les deux rameaux de la tribu ʿUḏra jusqu’à aujourd’hui. » (6)

Ibn Isḥāq dit encore :
« Quant à Quṣayy ibn Kilāb, il a dit, à ce propos : » (7)
— dans le mètre al-wāfir —

« Je suis le fils des ‘protecteurs’, fils de Luʾayy ;
À La Mecque se trouve ma demeure, et c’est là que j’ai grandi.
Jusqu’à la plaine (al-Baṭḥāʾ), Maʿadd sait — et son courage aussi —
Que j’en suis satisfait et qu’elle me satisfait.
Je ne serai pas dominé par Ghalib, tant que ne s’y établiront
Ni les enfants de Qaydhar, ni ceux d’an-Nabīt.
Razāḥ est mon protecteur, et en lui je me réclame ;
Tant que je vivrai, je ne craindrai pas l’injustice. » (8)

Al-Amawī rapporta — d’après al-Athram (9), lui-même rapportant d’Abū ʿUbayda, d’après Muḥammad ibn Ḥafṣ — que Razāḥ n’était venu qu’après que Quṣayy eut chassé la tribu de Khuzaʿa. Et Dieu est plus savant.

(1) Warqān, avec un 'r' ouvert, et il est également rapporté avec un 'r' fermé : une grande montagne. (2) Al-Ḥalabī : fruit d'une plante. Il est aussi rapporté : al-Ḥil, pluriel de Ḥilla, qui est une plante épineuse. Il est également rapporté : al-Ḥīl, qui désigne l'eau stagnante au fond d'une vallée. (al-Rawḍ, vol. 1, p. 151). (3) Al-ʿAwdh : les jeunes chevreuils produits par les gazelles. Et al-Aflāʾ : les petits. (4) Dans le manuscrit B : Anḫanā al-rʿāl (expression difficile à traduire littéralement). (5) Nakhbazuhum : nous les conduisons avec une grande rigueur. (6) Al-Sīra (vol. 1, p. 129). Dans le manuscrit B : deux tribus 'ʿUdhra'. Al-Suhailī dit : à Qaḍāʿa il y a deux ʿUdhra : ʿUdhra ibn Rufayda, qui est issu de Banū Kalb ibn Wabar, et ʿUdhra ibn Saʿd ibn Sūd ibn Aslam ibn al-Ḥāf ibn Qaḍāʿa. (al-Rawḍ, vol. 1, p. 151). (7) Al-Sīra (vol. 1, p. 128). (8) Tataʾaththal : elle s’enracine et croît. (9) Dans l'édition Ṭ : al-Ashram est une erreur. Al-Athrām, avec un ṯāʾ, désigne ʿAlī ibn al-Mughirah, un lettré et enlumineur, qui rencontra Abū ʿUbaydah et al-Aṣmaʿī et apprit d’eux. Il est décédé en l’année 232 de l’Hégire. Sa biographie se trouve dans Maʿjam al-Adabāʾ (vol. 15, p. 77).
وجاوزْنَ بالرُّكنِ منْ وَرَقا … نَ وجاوَزْن بالعرْج حَيّا حُلولا (١) مَرَرْنَ على الحِلي ما ذُقنه … وعالجنَ منْ مرّ ليلًا طويلًا (٢) نُدَنّي من العُوْذِ أَفلاءها … إرادةَ أن يَسْتَرِقْن الصَّهِيلا (٣) فلما انتَهَيْنا إلى مكةٍ … أبَحْنا الرجالَ قَبيلًا قَبيلا (٤) نُعَاورُهم ثَمَّ حَدَّ السُّيو … فِ وفي كُلِّ أوْبٍ خَلَسْنا العقُولا نُخَبِّزُهُم بصِلابِ النُّسُو … رِ خَبْزَ قَويّ العَزِيزِ الذَّليلا (٥) قَتَلنا خُزاعَةَ في دارِها … وبَكرًا قَتَلْنا وجِيْلًا فَجيلا نَفَيْناهُمُ مِن بلادِ المليـ … ــــكِ كما لا يَحُلُّون أرْضًا سهولا فأصْبَح سَبْيهُمُ في الحَديـ … ــــدِ ومن كل حَيِّ شَفَيْنا الغَليلا قال ابن إسحاق: فلما رجع رزاح إلى بلاده نشره الله ونشر حُنّا، فهما قبيلا عذرة إلى اليوم (٦) . قال ابن إسحاق: وقال قصي بن كلاب فى ذلك (٧) : [من الوافر] أنا ابن العاصِمين بني لُؤي … بمكَّةَ مَنْزلي وبها رُبِيْت إلى البطحاءِ قدْ علمتْ معدّ … ومروتُها رَضيتُ بها رَضيت فلست لغالبٍ إنْ لم تأثَّلْ … بها أولادُ قيذرَ والنَّبِيْت (٨) رِزاحٌ ناصِري وبه أُسامي … فلستُ أخافُ ضيمًا ما حييت وقد ذكر الأموي، عن الأثرم (٩) ، عن أبي عبيدة، عن محمد بن حفص: أن رزاحًا إنما قدم بعد ما نَفَى قُصي خُزاعة. والله أعلم.
(١) ورقان، بفتح الراء، وروي بكسرها: جبل عظيم. (٢) الحلبي: ثمر نبت. ويروى: الحِل وهو جمع حِلة، وهي بقلة شاكة. ويروى: الحيل، وهو الماء المستنقع في بطن واد. الروض (١/ ١٥١). (٣) العوذ: الحديثات النتاج من الظباء. والأفلاء: الصغار. (٤) في ب: أنخنا الرحال. (٥) نخبزهم: نسوقهم سَوقًا شديدًا. (٦) السيرة (١/ ١٢٩). وفي ب: قبيلتا عذرة. وقال السهيلي: في قضاعة عذرتان: عذرة بن رفيدة، وهم من بني كلب بن وبرة، وعذرة بن سعد بن سود بن أسلم بن الحاف بن قضاعة، الروض (١/ ١٥١). (٧) السيرة (١/ ١٢٨). (٨) تتأثل: تتأصل وتنمو. (٩) في ط: الأشرم وهو خطأ. والأثرم، بالثاء: هو علي بن المغيرة، أديب، ورّاق، لقي أبا عبيدة، والأصمعي وأخذ عنهما، توفي سنة (٢٣٢ هـ). ترجمته في معجم الأدباء (١٥/ ٧٧).

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