Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Qays appartenait aux Banū Firās ibn Ghanm ibn Mālik ibn Kināna. Ce ʿUmayr ibn Qays était surnommé « Ghidhl al-taʿān » (vaillant au combat). Dans les vers (mètre al-wāfir) qui lui sont attribués, on lit :

« La tribu de Maʿadd sait que mon peuple
Est le plus noble des hommes, qu’ils ont droit à la noblesse. (1)
Qui donc, parmi les gens, nous a devancés en réclamant vengeance ?
Et qui donc n’avons-nous pas contraint par la bride ?
Ne sommes-nous pas ceux qui, aux dépens de Maʿadd,
ajournons les mois licites pour les rendre sacrés ? »

Le propos (2) est qu’il rassembla les Quraysh, alors dispersés à travers différentes régions de la péninsule Arabique, et s’adjoignit l’aide de ceux qui lui obéissaient parmi les tribus arabes pour combattre la tribu de Khuzaʿa et la chasser de la Maison sacrée (la Kaʿba) (3) afin de la remettre à Qusay. Un grand combat éclata entre eux (4) et beaucoup de sang fut versé. Puis ils décidèrent de recourir à un arbitrage et s’en remirent à Yaʿmar ibn ʿAwf ibn Kaʿb ibn ʿĀmir ibn Layth ibn Bakr ibn ʿAbd Manāt ibn Kināna. Celui-ci décréta que Qusay était plus digne de la garde du Temple que Khuzaʿa et que tout sang versé par Qusay sur Khuzaʿa et Banū Bakr était annulé, car il le piétinait (5) sous ses pieds. En revanche, toute victime faite par Khuzaʿa et Banū Bakr parmi Quraysh, Kināna et Banū (6) Quḍāʿa devait être compensée par le paiement du prix du sang (la diya). En outre, il fallut laisser Qusay libre d’entrer à La Mecque et à la Kaʿba. C’est à cette occasion que Yaʿmar reçut le surnom de « al-shaddākh » (7).

Ibn Isḥāq rapporte : Qusay prit dès lors la direction de la Maison (la Kaʿba) et l’autorité sur La Mecque. Il rappela les siens de leurs demeures pour s’installer à La Mecque. Il régna sur les siens et sur les habitants de la ville qui le reconnurent comme roi, tout en maintenant les Arabes dans leur état antérieur, jugeant que c’était là leur religion et qu’il ne convenait pas de la changer. Il laissa donc les gens de Ṣafwān, ʿAdwān, al-nasaʾa et Murra ibn ʿAwf tels qu’ils étaient, jusqu’à ce que l’islam advînt et que Dieu démolît tout cela.

Ibn Isḥāq poursuit : Qusay fut le premier des Banū Kaʿb à obtenir un pouvoir royal auquel son peuple obéit. Il assuma les charges de gardien de la Kaʿba (al-ḥijāba), de pourvoyeur d’eau (al-siqāya), d’hôte des pèlerins (al-rifāda), de président de l’assemblée de consultation (al-nadwa) et de porteur de l’étendard (al-liwāʾ) (8). Ainsi, il obtint tout le prestige spirituel et politique de La Mecque. Il divisa la ville en quartiers pour son peuple et établit chaque clan de Quraysh dans sa portion respective de La Mecque (9).

(1) C'est ainsi dans Ṭ, la Sīra et al-Rawḍ. Dans A, c'est « Maʿaddā» de lignée de Luʾayy. (2) Dans Ṭ, avant ce mot il est ajouté : «Qusay était un chef, un leader obéi et respecté parmi son peuple.» Cette phrase n'apparaît pas en ce lieu dans la Sīra. (3) Le terme « al-ḥarām » n'existe pas dans Ṭ. (4) Dans Ṭ : «kathīrah» (nombreux). (5) «Yashaddakhu» signifie «le briser», voulant annuler ces sangs (probablement les liens ou pactes de sang). (6) «Banī» n'existe pas dans Ṭ. (7) Sīra (1/124). (8) Al-ḥijabah : être le gardien des clés de la maison, personne n'y entre sans sa permission. Al-saqāyah : l'abreuvement des pèlerins. Al-rafādah : nourriture que Quraysh rassemblait chaque année pour les habitants de la saison. Al-nadwah : rassemblement pour consultation et délibération. Al-liwāʾ : désigne le commandement en guerre, car il n'était porté que par des personnes spécifiques. (9) C'est ainsi dans Ṭ et aussi dans la Sīra. Dans A et B, ils sont originaires de La Mecque.
قَيس أحد بني فِراس بن غَنْم بن مالك بن كنانة، ويُعرف عمير بن قيس هذا: بِجِذْلِ الطَّعان: [من الوافر] لقد علمتْ معدّ أن قومي … كرامُ الناسِ أن لهم كراما (١) فأي الناس فاتونا بوِترٍ … وأي الناس لم نُعْلِك لِجاما أَلَسْنا الناسِئينَ على معدٍّ … شهورَ الحِلّ نجعلُها حَراما والمقصود (٢) أنه جمع قريشًا من متفرقات مواضعهم من جزيرة العرب، واستعان بمن أطاعه من أحياء العرب على حرب خُزاعة وإجلائهم عن البيت الحرام (٣) وتسليمه إلى قُصي، فكان بينهم قتال كبير (٤) ودماءٌ غزيرة، ثم تداعوا إلى التحكيم، فتحاكموا إلى يَعْمَر بن عوف بن كعب بن عامر بن ليث بن بكر بن عبد مناة بن كنانة، فحكم بأن قُصيًا أَوْلَى بالبيت من خُزاعة، وأنَّ كلَّ دم أصابَه قُصَيّ من خزاعة وبني بكر موضوعٌ يَشْدَخُه (٥) تحت قدميه، وأن ما أصابته خُزاعة وبنو بكر من قُريش وكنانة وبني (٦) قضاعة ففيه الدية مُؤَدّاة، وأن يُخَلَّى بين قُصَي وبين مكة والكعبة. فَسُمّي يَعْمَر يومئذٍ: الشدَّاخ (٧) . قال ابن إسحاق: فوَلي قُصَي البيتَ وأمرَ مكة، وجَمَع قومَه من منازلهم إلى مكة، وتملَّك على قومه وأهل مكة فملّكوه، إلا أنه أقر العرب على ما كانوا عليه، لأنه يرى ذلك دينًا في نفسه لا ينبغي تغييرُه. فأقرّ آلَ صفوان وعَدوان والنَّسَأَةَ ومُرةَ بن عوف على ما كانوا عليه، حتى جاء الإسلام فهدم الله به ذلك كله. قال: فكان قُصَي أول بني كعب أصابَ مُلْكا أطاع له به قومه، وكانت إليه الحِجابة والسقاية والرِّفادة والندوة واللواء (٨) ، فحاز شَرَف مكة كلَّه، وقطع مكة رِباعًا بين قومه، فأنزل كلَّ قوم من قريش منازلهم من مكة (٩) .
(١) كذا في ط، والسيرة، والروض. وفي أ: معدًا من لؤي. (٢) زاد في ط قبل هذه الكلمة: وكان قصي في قومه سيدًا رئيسًا مطاعًا معظمًا. ولا وجود لها في السيرة. في هذا الموضع. (٣) الحرام، ليست في ط. (٤) في ط: كثيرة. (٥) يشدخه: يكسره، يريد إبطال تلك الدماء. (٦) بني، ليست في ط. (٧) السيرة (١/ ١٢٤). (٨) الحجابة: أن يكون مفاتيح البيت عنده، فلا يدخله أحد إلا بإذنه. والسقاية: سقاية الحجيج. والرفادة: طِعام كانت قريش تجمعه كل عام لأهل الموسم. والندوة: الاجتماع للمشورة والرأي. واللواء: يعني في الحرب ولأنه كان لا يحمله إلا أناس مخصوصون. (٩) كذا في ط: وكذلك في السيرة. وفي أ، وب: من مكة منازلهم.

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