Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Un jour, on porta devant lui un différend au sujet de l’héritage d’un hermaphrodite. Il passa la nuit éveillé à réfléchir à la décision à rendre. Une de ses servantes, qui gardait ses moutons et se nommait Sukhayla (1), le remarqua et lui dit : « Qu’as-tu donc, que Dieu ne te prive pas de père, à veiller ainsi toute la nuit ? » Il lui exposa alors ce qui le tourmentait, songeant qu’elle pouvait avoir un avis sur la question. Elle déclara : « Fonde ta décision de justice sur l’observation de l’urine. » Il répondit : « Par Dieu, tu m’as ouvert la voie, ô Sukhayla. » Et il jugea ensuite en se fondant sur ce critère (3).

Al-Souhayli commenta : « Ce jugement relève de la déduction à partir d’indices et de signes (4), et il possède un fondement dans la Loi. Dieu – Exalté soit-Il – a dit : “Ils vinrent avec sa tunique tachée d’un faux sang” [Youssef : 18], montrant qu’elle ne portait aucune trace de morsure du loup. Il dit aussi : “S’il est vrai que sa tunique est déchirée par devant, elle a dit vrai et il est parmi les menteurs (26). Mais si sa tunique est déchirée par derrière, alors elle a menti et il est parmi les véridiques” [Youssef : 26-27]. Et dans le hadith, on rapporte : ‘Observez-la : si elle enfante un enfant au teint foncé, aux cheveux bouclés, avec une conformation proche du chameau, alors c’est bien de lui qu’on l’accuse…’ (6). »

Ibn Ishaq a dit : « La pratique du nasi’ (le report du mois sacré) était le fait des Banû Fuqaym Ibn ‘Adîy Ibn ‘Âmir Ibn Thalaba Ibn Al-Hârith Ibn Mâlik Ibn Kinâna Ibn Khuzaïma Ibn Mudrika Ibn Ilyâs Ibn Mudar. » Ibn Ishaq (7) précisa : « Le premier à avoir reporté les mois pour les Arabes fut Al-Qalammas (8), c’est-à-dire Hudhayfa Ibn ‘Abd Ibn Fuqaym Ibn ‘Adîy, puis son fils ‘Abbâd lui succéda, suivi de Qala‘ Ibn ‘Abbâd, puis Umayya Ibn Qala‘, puis ‘Awf Ibn Umayya, et le dernier d’entre eux fut Abû Thumâma Jundada Ibn ‘Awf Ibn Qala‘ Ibn ‘Abbâd Ibn Hudhayfa, connu sous le nom d’Al-Qalammas ; c’est sous son autorité que l’islam arriva. Une fois que les Arabes avaient achevé leur pèlerinage, ils se réunissaient auprès de lui et il leur adressait un discours (9), déclarant sacrés les mois qu’il voulait. S’il souhaitait que l’un d’eux ne fût plus sacré, il rendait licite le mois de Muharram, le remplaçant par Safar, afin de maintenir le nombre de mois que Dieu avait décrétés sacrés. Il disait : “Ô Seigneur, j’ai rendu licite l’un des deux Safar, le premier, et reporté l’autre à l’année suivante.” Les Arabes le suivaient dans cette disposition. C’est à ce propos qu’en se glorifiant (10), ‘Umayr ibn…”

(1) Dans les deux ouvrages « al-Muʿammarayn » : une section spéciale. (2) Dans « Ṭ » : il a dit : peut-être. (3) Le rapport, détaillé, se trouve dans « Sīra » (1/122-123), « al-Muʿammarayn » (57), et « al-Rawḍ » (1/147-148). (4) Ainsi dans « Ṭ ». Ce qui est conforme au texte d’al-Suhailī. Dans « ʾA » : cette règle concerne les indications et… Dans « B » : c’est un exemple d’argument par les indications et… (5) Un ajout dans « Ṭ » conforme au texte du ḥadīth. Le ḥadīth long est rapporté par Abū Dāwūd (2256) dans la section sur le divorce, chapitre sur la lāʿan, et par Aḥmad (1/238-239), par la voie d’Ibn ʿAbbās – qu'Allah soit satisfait de lui –. L’awraq : celui dont la couleur est un peu brune, le ʿajjad : à cheveux courts. (6) « al-Rawḍ al-Anf » (1/147). (7) « Sīra » (1/44-45). (8) Il a été dit que le qalamas tire son nom de sa qualité, car qalamas est l’un des noms de la mer. (9) Dans « B » : il s’est levé parmi eux comme orateur, et il était prohibé pendant les « mois sacrés », c’est-à-dire les quatre mois sacrés. (10) N’existe pas dans « Ṭ ».
فتحاكموا إليه مرة في ميراث خُنْثَى، فبات ليلته ساهرًا يتروَّى ماذا يحكم به، فرأته جاريةٌ له كانت ترعى عليه غنمه اسمها سُخَيلة (١) فقالت له: ما لك -لا أبا لك- الليلةَ ساهرًا؛ فذكرِ لها ما هو مفكّر فيه، قال: لعله (٢) يكون عندها في ذلك شيء. فقالت: أتْبعِ القضاءَ المبالَ. فقال: فَرَّجْتِها واللهِ يا سخيلة. وحكم بذلك (٣) . قال السهيلي: وهذا الحكم من باب الاستدلال بالأمارات والعلامات (٤) ، وله أصل في الشرع، قال الله تعالى: ﴿وَجَاءُوا عَلَى قَمِيصِهِ بِدَمٍ كَذِبٍ﴾ [يوسف: ١٨] حيث لا أثر لأنياب الذئب فيه. وقال تعالى: ﴿إِنْ كَانَ قَمِيصُهُ قُدَّ مِنْ قُبُلٍ فَصَدَقَتْ وَهُوَ مِنَ الْكَاذِبِينَ (٢٦) وَإِنْ كَانَ قَمِيصُهُ قُدَّ مِنْ دُبُرٍ فَكَذَبَتْ وَهُوَ مِنَ الصَّادِقِينَ﴾ [يوسف: ٢٦ - ٢٧] وفى الحديث: "أَنْظِروها فإن جاءَتْ به أوْرَقَ جعدًا (٥) جُمَالِيًا فهو الذي رُمِيَتْ به" (٦) . قال ابن إسحاق: وكان النسيء في بني فُقَيم بن عدي بن عامر بن ثعلبة بن الحارث بن مالك بن كنانة بن خزيمة بن مدركة بن إلياس بن مضر. قال ابن إسحاق (٧) : وكان أول من نَسَأَ الشهور على العرب القَلَمَّس (٨) ، وهو حُذيفة بن عبد بن فُقَيم ابن عدي، ثم قام بعده ابنُه عَبَّاد، ثُم قَلَع بن عبّاد، ثم أمية بن قلع، ثم عوف بن أمية، ثم كان آخرَهم أبو ثُمامة جُنادة بن عوف بن قَلَع بن عبّاد بن حُذيفة وهو القلَمَّس، فعلى أبي ثُمامة قام الإسلام. وكانت العرب إذا فَرغَت من حجّها اجتمعت إليه، فخطبهم (٩) ، فحرّم الأشهر الحرم، فإذا أراد أن يُحلَّ منها شيئًا أحلَّ المحرَّم، وجعل مكانه صَفَرًا ليواطِئوا عِدَّة ما حرَّم اللهُ فيقول: اللهم إني أحللتُ أحَدَ الصفرين، الصفر الأول، وأنسأت الآخر للعام المقبل. فتتبعه العرب في ذلك. ففي ذلك يقول مفتخرًا (١٠) عمير بن
(١) في المعمرين: فُصيلة. (٢) في ط: وقال: لعلها. (٣) الخبر، مفصلًا، في السيرة (١/ ١٢٢ - ١٢٣)، والمعمرين (٥٧)، والروض (١/ ١٤٧ - ١٤٨). (٤) كذا في ط. وهو موافق لنص السهيلي. وفي أ: وهذا الحكم بالأمارات وله … وفي ب: وهذا من باب الاستدلال بالأمارات وله. (٥) زيادة من ط توافق نص الحديث. والحديث طويل رواه أبو داود (٢٢٥٦) في الطلاق، باب في اللعان، وأحمد (١/ ٢٣٨ - ٢٣٩)، من طريق ابن عباس ﵁ . والأورق: الذي لونه فيه سمرة، والجعد: القصير الشعر. (٦) الروض الأنف (١/ ١٤٧). (٧) السيرة (١/ ٤٤ - ٤٥). (٨) قيل سمي القلمس لجوده، إذ القلمس من أسماء البحر. (٩) في ب: فقام فيهم خطيبًا، ومحرم الأشهر الحرم الأربعة. (١٠) ليست في ط.

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