Ibn Ishaq a dit : « Nous n’en avons entendu parler que par eux. Quant à d’autres, ils prétendent qu’il demanda secours à ses frères utérins, dont le chef était Razah ibn Rabi‘, ainsi qu’à ses autres frères, aux Banû Kinâna, à Qudâ‘a, et à ceux des Quraysh et autres tribus vivant aux environs de La Mecque (1). Il les expulsa alors du Sanctuaire et en assura seul la garde. Cependant, le pouvoir d’autoriser le départ des pèlerins revenait à Sufah, à savoir les Banû al-Ghawth ibn Mur ibn Ad ibn Tâbikha ibn Ilyâs ibn Mudar (2) : tant qu’ils n’avaient pas jeté les Jamarât, les autres ne les jetaient pas, et tant qu’ils ne repartaient pas de Minâ, personne ne repartait. Cela demeura ainsi chez eux jusqu’à leur extinction, puis ce droit passa à al-Qu‘dud (3), c’est-à-dire les Banû Sa‘d ibn Zayd Manât ibn Tamîm (4). Le premier d’entre eux fut Safwân ibn al-Hârith ibn Shijna ibn ‘Utârid ibn ‘Awf ibn Ka‘b [ibn Sa‘d] (5) ibn Zayd Manât de Tamîm. Cela resta dans sa famille jusqu’à l’instauration de l’islam, alors que le dernier d’entre eux était Karrib ibn Safwân.
Pour ce qui est de l’autorisation de quitter Muzdalifa (6), elle se trouvait dans la tribu ‘Adwân jusqu’à l’islam, dont le dernier représentant fut Abû Sayyâra ‘Umayla ibn al-A‘zal. Certains disent qu’il s’appelait al-‘Âsî et que le nom de son père al-A‘zal était Khâlid (7). Il faisait partir les gens sur une ânesse borgne et resta quarante ans à guider les pèlerins sur le lieu du rassemblement (8). Il fut le premier à fixer la diya (prix du sang) à cent (9), ainsi que le premier à dire : « Ashriq Thabîr, afin que nous nous élancions ! » (10). C’est ce qu’a rapporté as-Suhaylî (11).
Quant à ‘Âmir ibn aḍ-Ḍarib al-‘Adwânî, aucune querelle n’éclatait parmi les Arabes sans qu’ils ne recourent à son arbitrage et n’acceptent ce qu’il en décrétait. »