Au sujet de ʿAwf, nous reconnaissons en eux des traits similaires, en plus de ce que nous savons de la place de cet homme dans son contexte, c’est-à-dire ʿAwf ibn Luʾayy (1).
Ibn Isḥāq a dit : « Une personne en qui j’ai confiance m’a rapporté qu’ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb déclara à l’un d’entre eux, issu des Banū Murra : “Si vous souhaitez revenir à votre ascendance, alors revenez-y.” (2) »
Ibn Isḥāq a également dit : « Ces gens étaient des notables chez Ghaṭafān : leurs chefs et leurs dirigeants. C’était un groupe renommé (3) dans toute la tribu de Ghaṭafān et dans celle de Qays ; ils restèrent donc fidèles à leur ascendance (4). »
On rapporte qu’ils disaient, lorsque l’on mentionnait leur filiation : « Nous ne la nions ni ne la rejetons (5), et c’est au contraire l’ascendance qui nous est la plus chère. » Puis Ibn Isḥāq mentionna les poèmes par lesquels ils se rattachaient à Luʾayy (6).
Ibn Isḥāq ajouta : « C’est chez eux qu’existait la coutume du basl, c’est-à-dire le fait de sacraliser huit mois par an, ce qui était spécifique parmi les Arabes. Les Arabes leur reconnaissaient cet usage, leur assuraient la paix durant cette période et leur accordaient également la sécurité (7). »
Quant à Rabīʿa et Muḍar, ils n’interdisaient (c’est-à-dire ne sacralisaient) que quatre mois de l’année : Dhū al-Qaʿda, Dhū al-Ḥijja, et al-Muḥarram. Ils divergeaient ensuite sur le quatrième mois, à savoir Rajab. Muḍar affirmait : « C’est celui qui se trouve entre Jumādā et Shaʿbān. » Tandis que Rabīʿa estimait : « C’est celui qui se situe entre Shaʿbān et Shawwāl. »
Il est établi dans les deux Ṣaḥīḥ (8), d’après Abū Bakra, que le Messager de Dieu (ﷺ) déclara dans le sermon du Pèlerinage d’Adieu : « En vérité, le temps est revenu à son organisation initiale telle qu’elle était le jour où Dieu créa les cieux et la terre. L’année compte douze mois, dont quatre sont sacrés ; trois d’entre eux se suivent : Dhū al-Qaʿda, Dhū al-Ḥijja et al-Muḥarram, ainsi que Rajab de Muḍar, qui est entre Jumādā et Shaʿbān. » Par là, le Prophète (ﷺ) a clairement entériné l’avis de Muḍar et non celui de Rabīʿa.
De plus, Dieu (Très-Haut) a dit : « Certes, le nombre de mois, auprès de Dieu, est de douze [mois], [inscrit] dans le Livre de Dieu, le jour où Il créa les cieux et la terre. Parmi eux, quatre sont sacrés » [at-Tawba : 36]. C’est un démenti à l’égard des Banū ʿAwf ibn Luʾayy, qui firent de ces mois sacrés huit au lieu de quatre, ajoutant ainsi à la législation divine et y introduisant ce dont elle ne fait pas partie.
Et lorsque le hadith mentionne « trois [mois] consécutifs », cela réfute les adeptes du nasiʾ, qui retardaient la sacralité du mois de Muḥarram en le reportant à Ṣafar. Et sa parole « et Rajab de Muḍar » contredit ainsi l’opinion de Rabīʿa.