Ô œil, pleure donc pour Sâma ibn Lu’ayy : on s’est attaché à Sâma d’un tel lien.
Je ne vois personne semblable à Sâma ibn Lu’ayy, le jour où l’on amena près de lui un homme mis à mort pour sa chamelle.
Faites parvenir un message à ʿÂmir et Saʿd : mon âme tend vers eux avec impatience.
(1)
Même si j’habite à ʿUmân, je suis un descendant de Ghâlib et je suis parti sans être démuni.
Que de coupes as-tu renversées, ô fils de Lu’ayy, craignant la mort, sans qu’elles ne soient réellement destinées à être vidées !
Tu as cherché à échapper à la mort, ô fils de Lu’ayy, mais nul ne peut repousser le destin fatal.
Quant à cette monture rapide que tu possédais, tu l’as laissée gisant à terre après une grande ténacité, de la vigueur et de l’agilité.
(2)
Ibn Hishâm a dit :
(3)
« Il m’est parvenu que l’un de ses descendants vint trouver le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) et se réclama de Sâma ibn Lu’ayy. Alors le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) lui demanda : “Le poète ?” L’un de ses Compagnons s’exclama : “Ô Messager de Dieu, il semble que tu fasses allusion à ce vers :
Que de coupes as-tu renversées, ô fils de Lu’ayy, craignant la mort, sans qu’elles ne soient réellement destinées à être vidées !”
Le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) répondit : “Oui.” »
As-Suhaylî a rapporté de certains qu’il ne laissa pas de descendance.
Az-Zubayr a dit : « Sâma ibn Lu’ayy eut pour enfants Ghâlib, an-Nubayt et al-Hârith. On raconte qu’il eut en Irak une progéniture qui détestait ʿAlî. Parmi eux se trouvait ʿAlî ibn al-Jaʿd, qui injuriait son père parce que celui-ci l’avait nommé ʿAlî. Et l’on compte également parmi les descendants de Sâma ibn Lu’ayy : Muhammad ibn ʿArʿarah ibn al-Yazîd, le maître (shaykh) d’al-Bukhârî (4). »
Ibn Isḥâq a dit : « Quant à ʿAwf ibn Lu’ayy, on rapporte qu’il partit en voyage avec un convoi de Quraych. Lorsqu’il atteignit la contrée de Ghaṭafân ibn Saʿd ibn Qays ibn ʿAylân, il fut retardé et ceux de son peuple qui l’accompagnaient poursuivirent la route. C’est alors que Thaʿlabah ibn Saʿd, son “frère” de la lignée des Banû Dhubyân, s’approcha de lui, le retint, lui donna une épouse, l’adopta(5) et le traita comme un frère. Ainsi, selon ce que l’on rapporte, sa filiation se propagea parmi les Dhubyân et les Thaʿlabah (6). »
Ibn Isḥâq a également dit : « Muhammad ibn Jaʿfar ibn az-Zubayr – ou bien Muhammad ibn ʿAbd ar-Raḥmân ibn ʿAbd Allâh ibn al-Ḥuṣayn – m’a informé qu’ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb déclara : “Si je devais revendiquer l’appartenance d’une tribu arabe ou la rattacher à nous, j’aurais revendiqué la tribu de Banû Murrah ibn…” »