Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Noé (نوح) ne cessa jamais d’être éminent auprès du Maître du Trône, Il le comptait parmi les Élus, les purs. Et (Lamech), son père, était un homme remarquable dans les instants de crainte, audacieux face à l’élan du vaillant guerrier. Et avant Lamech se trouvait (Mathusalem), qui repoussait les ennemis au moyen de défenses redoutables. Quant au prophète (Idris), il reçut de Dieu des demeures sans égales pour quiconque aspire (à l’excellence). Et (Yared) était un océan pour son peuple, homme intègre à la dignité inébranlable et aux desseins pénétrants. (Mahalaleel) possédait des vertus raffinées, à l’abri de toute faute grossière. (Qinan) déjà détenait la gloire de son peuple, menant les caravanes de la vertu par la supériorité de son rang (1). (Enosh) aspira à la noblesse et éleva son âme, la préservant de buts périlleux. (Sheth) persista dans l’excellence et demeura noble, à l’abri des défauts répréhensibles. Tous s’illuminèrent de la lumière d’(Adam) et cueillirent de son arbre les fruits des qualités louables. Le Messager de Dieu fut le plus noble des êtres à naître de cette ascendance, issu des flancs des purs et des vertueux. Ses pères et ses mères, de manière symétrique, l’ont porté sans être entachés d’aucun défaut infamant. Que la paix de Dieu soit sur lui à chaque aube, lorsque point pour nous la lumière, et à chaque crépuscule.

C’est ainsi que le shaykh Abou ‘Oumar Ibn ‘Abd al-Barr (2) rapporta cette ode, de même que notre maître l’hafiz Abou al-Hajjaj al-Mizzi dans son « Tahdhib » (3), la citant parmi les poèmes de l’ustadh Abou al-‘Abbas ‘Abdallah ibn Muhammad an-Nashi‘, connu sous le nom d’Ibn Shirshir (4), originaire d’al-Anbar, venu à Bagdad puis parti en Égypte, où il demeura jusqu’à sa mort en l’an 293 de l’Hégire. C’était un théologien mu‘tazilite : le shaykh Abou al-Hassan al-Ash‘ari le mentionne dans son livre « al-Maqalat » parmi les mu‘tazilites. Il était également un poète accompli, allant jusqu’à inverser les thèmes d’autres poètes pour composer en sens contraire et inventer des idées inédites qu’ils n’égalaient pas, recelant de subtilités nouvelles et d’expressions éloquentes, à tel point que certains le taxèrent d’excentricité ou de confusion. Al-Khatib al-Baghdadi rapporte qu’il écrivit un poème sur une seule rime, s’étendant sur près de quatre mille vers, mentionné par an-Najm, qui date son décès comme nous l’avons indiqué (5).

Je dis pour ma part : cette ode démontre bien sa valeur, son art, son éloquence, sa clarté, sa science, sa perspicacité, sa bonne mémoire, la beauté de sa formulation, l’étendue de ses connaissances, sa maîtrise et sa capacité à intégrer dans ses vers toute cette généalogie noble ; elle met aussi en évidence son aptitude à dénicher ces précieuses idées, pareilles à des joyaux rares venus du tréfonds de son océan poétique. Que Dieu lui fasse miséricorde, le récompense et l’accueille dans la meilleure demeure et le meilleur retour.

(1) Al-Wakhd : la rapidité. (2) Al-Inbāh ʿalā Qabāʾil al-Ruwāh, vol. 21, p. 25. (3) Tahdhīb al-Kamāl, vol. 1, pp. 177‑180. (4) Sa biographie dans : Wafayāt al-Aʿyān, vol. 3, p. 91, et al-Siyar, vol. 14, p. 40. (5) Tārīkh Madīnat al-Salām, vol. 11, pp. 297‑299 (édition du Dr Bachar).
وما زال (نوحٌ) عند ذي العرش فاضلًا … يعدّده في المصطَفَين الأطايب و (لمكٌ) أبوهُ كان في الرَّوْع رائعًا … جريئًا على نفس الكميِّ المضارب ومن قبلِ لمكٍ لم يزل (متوشلخ) … يذودُ العِدى بالذائدات الشوازب وكانت (لإدريسَ) النبيّ منازلٌ … مِنَ الله لم تُقرن بهمّة راغب و (ياردٌّ) بحرٌ عند آلِ سراته … أبيُّ الخزايا مُستدقّ المآرب وكانت (لمهلاييل) فيه فضائلٌ … مهذَّبةٌ من فاحشات المثالب و (قينان) من قبلُ اقتنى مجدَ قومه … وقادَ بشأوِ الفضل وَخْدَ الركائب (١) وكان (أنوش) ناشَ للمجد نفسَه … ونزّهها عن مُردِيات المطالب وما زال (شيثٌ) بالفضائل فاضلًا … شريفًا بريئًا من ذميم المعايب وكلّهمُ من نورِ (آدم) أَقبسوا … وعن عودِه أجْنوا ثمار المناقب وكان رسول الله أكرمَ منجَبٍ … جرى في ظهور الطيّبين المناجب مقابلةً آباؤه أمهاتِه … مُبرّأة منْ فاضحات المثالب عليه سلامُ الله في كلِّ شارقٍ … ألاحَ لنا ضوءًا وفي كلّ غارب هكذا أورد القصيدة الشيخ أبو عمر بن عبد البر (٢) ، وشيخنا الحافظ أبو الحجاج المِزي في "تهذيبه" (٣) من شعر الأستاذ أبي العباس عبد الله بن محمد الناشئ المعروف بابن شِرْشِير (٤) ، أصله من الأنبار، وورد بغداد ثمّ ارتحل إلى مصر فأقام بها حتى مات سنة ثلاث وتسعين ومئتين. وكان متكلمًا معتزليًا، يحكي عنه الشيخ أبو الحسن الأشعري في كتابه "المقالات" فيما يحكي عن المعتزلة. وكان شاعرًا مطبقًا حتى إنه من جملة اقتداره على الشعر كان يعاكس الشعراء في المعاني، فينظم في مخالفتهم ويبتكر ما لا يطيقونه من المعاني البديعة والألفاظ البليغة، حتى نسبه بعضهم إلى التهوّس والاختلاط. وذكر الخطيب البغدادي أن له قصيدةً على قافية واحدة قريبًا من أربعة آلاف بيت ذكرها الناجم، وأرخ وفاته كما ذكرنا (٥) . قلت: هذه قصيدة تدل على فضيلته وبراعته وفصاحته وبلاغته وعلمه وفهمه وحفظه، وحسن لفظه، واطلاعه واضطلاعه واقتداره على نظم هذا النسب الشريف في سلك شعره، وغوصه على هذه المعاني التي هي جواهر نفيسة من قاموس بحره، فرحمه الله وأثابه وأحسن مصيره وإيابه.
(١) الوخْد: الإسراع. (٢) الإنباه على قبائل الرواه (٢١/ ٢٥). (٣) تهذيب الكمال (١/ ١٧٧ - ١٨٠). (٤) ترجمته في: وفيات الأعيان (٣/ ٩١)، والسير (١٤/ ٤٠). (٥) تاريخ مدينة السلام (١١/ ٢٩٧ - ٢٩٩) (ط. د. بشار).

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