Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Entre al-Khawarnaq et as-Sadîr, Bariq et la maison aux balcons de Sandad… Tel est le début de ce poème (1), composé sur la mesure (al-kâmil) :

« Certes, je sais, même si la durée m’est apparue longue,
que le chemin est celui de l’homme étendu sur les planches (le défunt).
Que puis-je espérer après la famille de Muḥarriq,
qui a quitté ses demeures, et après la tribu d’Iyâd ?
Ils descendirent à Ankara, où coule sur eux
l’eau de l’Euphrate dévalant des montagnes,
en la contrée d’al-Khawarnaq, as-Sadîr, Bariq
et la maison aux balcons de Sandad.
Les vents ont soufflé sur la désolation de leurs habitations,
comme s’ils s’étaient donné rendez-vous.
Je vois bien que toute prospérité et tout ce qui divertit
finissent un jour par se consumer et disparaître. »

Al-Suhaylî a dit (2) : « Al-Khawarnaq est un palais qu’al-Nuʿmân l’Ancien bâtit pour Sâbûr, afin que son fils y demeure auprès de lui. Il fut construit par un homme nommé Sanimmâr, en vingt années, et l’on ne vit jamais édifice plus prodigieux. Alors al-Nuʿmân craignit que Sanimmâr ne bâtît un semblable palais pour quelqu’un d’autre ; il le précipita donc du haut de la construction et le tua. À ce propos, le poète (3) a dit (sur le mètre al-basît) :

« Il me fit en retour – que Dieu lui rende son dû funeste –
la rétribution de Sanimmâr, alors qu’il n’avait commis aucun tort,
si ce n’est qu’il avait assemblé la bâtisse vingt années durant,
la liant avec le mortier et le plâtre (4).
Lorsque la construction fut achevée, un jour,
et s’éleva comme une montagne, imposante et ardue,
il précipita Sanimmâr sur le haut de sa tête ;
par la vie de Dieu, voilà bien l’un des plus grands malheurs (5). »

Al-Suhaylî ajoute que cette citation est rapportée par al-Jâḥiẓ dans son « Livre des Animaux » (6). Quant au mot « Sinmâr », c’est l’un des noms de la lune (7).

L’idée à retenir est que toutes ces demeures furent détruites à l’avènement de l’Islam. En effet, le Messager de Dieu — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — envoya une expédition à chacune de ces demeures.

(1) Ces vers font partie d'un poème mufaḍḍalien d'al-Aswad ibn Yaʿfar, p. 216 et suivants, avec quelques variations dans la transmission. De même, al-Suhaylī attribue le premier vers à al-Aswad ibn Yaʿfar. (2) Al-Rawḍ al-ʾAnf (1/111), depuis son propos sur al-Khawraniq jusqu'à la phrase sur al-Suhlī. Le début du second segment manque dans la copie de B, en raison d'une omission à la lecture. (3) Il s'agit de Sharḥabīl al-Kalbī, comme indiqué dans Thimār al-Qulūb d'al-Thāʿlibī (1/139), et dʿAbd al-ʿUzzā ibn Imruʾ al-Qays al-Kalbī, comme dans al-ʾAmālī al-Jurraiyya (1/102). (4) Dans les manuscrits Ṭ et B : sauf « raḍfahu... yʿadd ʿalayh »… et al-sakb désigne le cuivre ou le plomb. (5) Dans B et Ṭ : au lieu de « min aqbaḥ ». (6) Ḥayāt al-Ḥayawān (1/23). (7) Dans B : on trouve en plus : « Wa-qāla ʾākhir : Jazā banūhu ʾAbā al-Ghaylān ʿan kubr... wa-ḥusn ẓann kamā yujzā Sinnmār. » Quant au saddīr, c'est une demeure royale, et dhū al-kaʿbāt, celles qui sont des terrasses, une maison où ils sacrifiaient et autour de laquelle ils faisaient le ṭawāf, comme l'a mentionné Ibn Isḥāq et d'autres. Et Dieu est le plus savant.
بين الخَوْرَنَقِ والسَّدِيرِ وبارقٍ … والبيتِ ذي الشُّرفاتِ من سندادِ وأول هذه القصيدة (١) : [من الكامل] ولقد علمتُ وإن تطاول بي المدى … أن السبيل سبيل ذي الأعواد ماذا أؤمّل بعد آل محرّق … تركوا منازلهم وبعد إياد نزلوا بأنقرةٍ يسيل عليهم … ماء الفرات يجيء من أطواد أرض الخورنق والسدير وبارق … والبيت ذي الشرفات من سنداد جرت الرياح على محلّ ديارهم … فكأنما كانوا على ميعاد وأرى النعيم وكل ما يُلهى به … يومًا يصير إلى بِلىً ونفاد قال السهيلي (٢) : الخورنق: قصر بناه النعمان الأكبر لسابور ليكون ولده فيه عنده، وبناه رجل يقال له: سنِمَّار في عشرين سنة، ولم ير بناء أعجب منه، فخشي النعمان أن يبني لغيره مثله فألقاه من أعلاه فقتله. ففي ذلك يقول الشاعر (٣) : [من البسيط] جزاني جزاه الله شر جزائه … جزاء سنمَّار وما كان ذا ذنب سوى رصه البنيان عشرين حجة … يعلقْ عليه بالقرامد والسكب (٤) فلما انتهى البنيان يومًا تمامه … وآض كمثل الطود والباذخ الصعب رمى بسنمَّار على حق رأسه … وذاك لعمر الله من أعظم الخطْب (٥) قال السهيلي: أنشده الجاحظ في كتاب الحيوان (٦) . والسِّنمّار من أسماء القمر (٧) . والمقصود أن هذه البيوت كلها هدمت، لما جاء الإسلام، جهز رسول الله ﷺ إلى كل بيت من هذه
(١) هذه الأبيات ضمن قصيدة مفضلية للأسود بن يعفر، ص (٢١٦) وما بعدها، مع بعض اختلاف في الرواية. وكذلك نسب السهيلي البيت الأول للأسود بن يعفر. (٢) الروض الأنف (١/ ١١١) ومن قوله: الخورنق إلى قوله: السهلي وبداية المقطع الثاني سقط من ب بنقلة عين. (٣) هو شرحبيل الكلبي كما في ثمار القلوب للثعالبي (١/ ١٣٩). ولعبد العزى بن امرئ القيس الكلبي كما في الأمالي الجرية (١/ ١٠٢). (٤) في ط، وب: سوى رضفه … يعد عليه .. والسكب: النحاس أو الرصاص. (٥) في ب، ط: من أقبح. (٦) حياة الحيوان (١/ ٢٣). (٧) زاد في ب: وقال آخر: جزى بنوه أبا الغيلان عن كبر … وحسن ظن كما يجزى سنمَّار وأما السدير: فبيت الملك. وذو الكعبات، وهي الشرفات، بيت كانوا ينحرون عنده ويطوفون به كما ذكره ابن إسحاق وغيره. والله أعلم.

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