L’histoire rapporte celle des deux érudits lorsqu’ils le dévastèrent et y tuèrent un chien noir. Il dit :
(1) Ruda était une demeure appartenant aux Banû Rabî‘a ibn Ka‘b ibn Sa‘d ibn Zayd Manât ibn Tamîm. Sur elle, al-Mustawghir – de son vrai nom ‘Amr (2) ibn Rabî‘a ibn Ka‘b – a composé ces vers (mètre al-kâmil) :
« J’attaquai Rudâ’ avec une telle vigueur
Que je la laissai déserte, en une plaine obscure.
‘Abd Allâh l’aida dans son malheur,
Et c’est un homme comme ‘Abd Allâh que j’accompagne là où règne le danger. » (3)
On dit que ce même al-Mustawghir vécut trois cent trente ans, et fut le plus âgé de tous les Mudar. C’est lui qui déclare (toujours dans le mètre al-kâmil) :
« Je suis las de la vie et de sa longue durée,
J’ai vécu, en nombre d’années, des centaines.
Après cent ans, deux cents autres me sont venues,
Et j’ai encore ajouté à ce total des mois prolongés.
Que reste-t-il, sinon ce qui déjà nous a échappé ?
Un jour qui passe et une nuit qui nous pousse. » (4)
Ibn Hishâm dit que ces vers (5) sont également attribués à Zuhayr ibn Janâb ibn Hubl. Al-Suhaylî ajoute que, parmi ceux qui ont dépassé deux cents ou trois cents ans, figurent ce même Zuhayr, ‘Ubayd ibn Sharîyah, Daghfal ibn Hanzala le généalogiste, al-Rabî‘ ibn Dabi‘ al-Fazârî, Dhu al-Isba‘ al-‘Adwânî et Nasr ibn Dahmân ibn Ashja‘ ibn Rayth ibn Ghatfân, lequel vit un jour ses cheveux noircir à nouveau après avoir blanchi, et son dos se redresser après s’être voûté (6).
(7) Il est dit aussi : « Dhu al-Ka‘batayn appartenait à Bakr et Taghlib fils de Wâ’il, ainsi qu’à Iyâd, à Sandâd » (8). C’est à son sujet qu’al-A‘shâ, de Banû Qays ibn Tha‘labah, s’exprima (9).