Ibn Ishâq a dit :
(1) « Les habitants de chaque demeure installèrent une idole chez eux, qu’ils adoraient. Quand l’un d’eux voulait partir en voyage, il se frottait à cette idole lorsqu’il montait (sur sa monture). C’était la dernière chose qu’il faisait avant de partir. À son retour de voyage, il se frottait à nouveau à elle ; c’était alors la première chose qu’il accomplissait avant d’entrer chez lui.
(2) Il dit : Quand Dieu envoya Muhammad (que la paix soit sur lui) pour proclamer l’unicité (tawhîd), les Quraysh déclarèrent : « A-t-il réduit toutes les divinités à un Dieu unique ? Voilà bien une chose extraordinaire ! » (Sâd, 5).
Ibn Ishâq poursuivit : Les Arabes avaient érigé, en plus de la Ka‘ba, des sanctuaires (appelés tâghûts) qu’ils honoraient comme la Ka‘ba elle-même. Chacun possédait des gardiens et des responsables. On leur offrait des présents, tout comme on en offrait à la Ka‘ba, on tournait rituellement autour d’eux comme on le faisait autour de la Ka‘ba (3), et on y immolait des bêtes de la même façon (4). Ils reconnaissaient toutefois la supériorité de la Ka‘ba sur ces sanctuaires, car elle avait été bâtie par Abraham, l’Ami (de Dieu), et constituait sa Mosquée.
Ainsi, les Quraysh et les Banû Kinâna avaient al-‘Uzzâ à Nakhlah. Ses gardiens et ses responsables étaient les Banû Shaybân de Sulaym, alliés des Banû Hâshim. Khâlid ibn al-Walîd la détruisit au moment de la Conquête, comme il sera rapporté.
Il ajouta : al-Lât appartenait à Thaqîf, à al-Tâ’if ; ses gardiens et responsables étaient les Banû Mu‘attib de Thaqîf (5). Abû Sufyân et al-Mughîra ibn Shu‘bah la démolirent après l’arrivée des gens de Tâ’if, comme nous le verrons.
(6) Quant à Manât, elle appartenait aux Aws et aux Khazraj, ainsi qu’à tous ceux de Médine qui suivaient leur religion. Elle se trouvait sur le littoral, du côté d’al-Mushallal, près de Qudayd (7). Abû Sufyân la détruisit également, bien que certains affirment que ce fut ‘Alî ibn Abî Tâlib, comme il sera précisé.
Ibn Ishâq dit encore : Dhû al-Khalasah appartenait aux tribus Daws, Khath‘am, Bajîlah et aux Arabes présents dans leurs contrées, à Tabâlah (8). On l’appelait la « Ka‘ba yéménite », tandis que la Maison de La Mecque était appelée la « Ka‘ba syrienne ». Jarrîr ibn ‘Abd Allâh al-Bajalî la détruisit, comme cela sera rapporté.
Il poursuivit : L’idole Fals appartenait à Tayy’, entre Aja’ et Salmâ (9), deux montagnes célèbres, comme on l’a déjà mentionné.
Enfin, [il ajouta : Ri’yâm (10) était un sanctuaire dédié aux Himyar et aux habitants du Yémen, comme on l’a rappelé (11), en le mentionnant dans le récit de Tubba‘, l’un des rois himyarites.]