Ils furent les tout premiers à associer d’autres divinités à Dieu et à adorer des idoles. C’est pour cette raison que Dieu leur envoya Noé, le premier Messager chargé d’interdire l’adoration des idoles, comme cela a déjà été exposé dans l’histoire de Noé (1) : « Et ils ont dit : “Ne délaissez pas vos divinités ! Ne délaissez pas Wadd, ni Suwâ‘, ni Yaghûth, ni Ya‘ûq, ni Nasr (23) ; et ils ont déjà égaré beaucoup de gens.” » [Noûh (Noé), 23-24].
Ibn ‘Abbâs a déclaré : « C’étaient des hommes pieux parmi le peuple de Noé. Lorsqu’ils moururent, leurs tombes furent vénérées ; puis, avec le temps, on en vint à les adorer. Nous avons déjà exposé la façon dont ils furent conduits à cette adoration, ce qui nous dispense d’y revenir ici. »
Ibn Isḥâq (2) et d’autres rapportent ensuite que ces idoles se répandirent chez les Arabes après qu’ils eurent dénaturé la religion d’Ismaïl. Ainsi, l’idole Wadd appartenait aux Banû Kalb ibn Wabra (3) ibn Taghlib ibn Ḥulwân ibn ‘Imrân ibn al-Ḥâf ibn Quḍâ‘a et se trouvait à Dawmat al-Jandal. Suwâ‘ appartenait aux Banû Hudhayl ibn Ilyâs ibn Mudrika ibn Muḍar et se trouvait dans un lieu appelé Ruhâṭ (4). Yaghûth appartenait aux Banû An‘um de la tribu de Ṭayy’ ainsi qu’aux habitants de Jurash de la tribu de Madhḥij, et se trouvait à Jurash (5). Ya‘ûq se trouvait chez les Banû Khaywân, une branche de la tribu de Hamdân, au pays de Hamdân au Yémen (6). Nasr était érigée dans le territoire des Ḥimyar, au sein d’une tribu nommée Dhû al-Kalâ‘ (7).
Ibn Isḥâq rapporte encore : « Les Banû Khawlān possédaient sur leur territoire une idole appelée ‘Am Anas (8). Ils prélevaient sur leurs troupeaux et leurs récoltes, selon leurs dires, une part pour cette idole et une part pour Dieu. Or, si la part de Dieu se mêlait à celle de ‘Am Anas, ils la lui laissaient. Et si la part de ‘Am Anas empiétait sur celle de Dieu, ils la restituaient également à l’idole. À leur sujet, Dieu a révélé : “Et ils assignèrent à Dieu une part de ce qu’Il a produit en bétail et en cultures…”” ».
Il ajouta : « Les Banû Milkân ibn Kinâna ibn Khuzayma ibn Mudrika avaient pour idole une pierre de grande taille, nommée Sa‘d, érigée au milieu de leurs terres. Un jour, l’un d’entre eux s’y rendit avec ses chameaux (9), espérant que l’idole leur confère une bénédiction, selon sa croyance. Mais en apercevant la pierre, où l’on versait d’ordinaire le sang (des sacrifices), les chameaux – habitués au pâturage libre et jamais montés – furent pris de panique et s’enfuirent dans tous les sens. Furieux, leur propriétaire saisit une pierre et la jeta contre l’idole en s’écriant : “Que Dieu ne te bénisse pas ! Tu as fait fuir mes chameaux !” Puis il partit à leur recherche. Lorsque finalement il les rassembla, il dit : … »