Ceci est une version dont la chaîne de transmission est interrompue par cette voie. La version correcte est (celle transmise) par az-Zouhri, d’après Saʿīd, d’après lui, comme mentionné précédemment.
Le fait qu’apparaisse dans ce ḥadith et dans celui qui précède le terme « al-Khuzāʿī » indique qu’il ne s’agit pas du père de la tribu, mais qu’il lui est affilié. Il se peut donc (1) que la mention « Abū Khuzāʿa » dans la transmission soit une déformation du rapporteur, provenant de « Akhū Khuzāʿa » (2), ou encore qu’il ait été surnommé « Abū Khuzāʿa » sans que cela n’implique qu’il soit le père de la tribu tout entière. Dieu seul le sait.
Selon Muḥammad ibn Isḥāq (3), celui-ci raconte : « Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn al-Ḥārith at-Tamīmī m’a rapporté que Abū Ṣāliḥ as-Sammān lui a transmis avoir entendu Abū Hurayra dire : “J’ai entendu l’Envoyé de Dieu (ﷺ) s’adresser à Aktham ibn al-Jawn al-Khuzāʿī en ces termes : ‘Ô Aktham, j’ai vu ʿAmr ibn Luḥayy ibn Qamʿa ibn Khindif qui traînait ses entrailles dans le Feu. Je n’ai jamais vu un homme te ressembler autant ni toi lui.’””
Aktham dit alors : « Ô Envoyé de Dieu, se peut-il que cette ressemblance me nuise ? » Il répondit : « Non, car tu es croyant tandis que lui était mécréant. Il fut le premier à altérer la religion d’Ismāʿīl : il érigea des idoles, il pratiqua l’incision de la baḥīra, il laissa librement circuler la sāʾiba, il institua la waṣīla et protégea le ḥāmī (5). »
Ce ḥadith, sous cette forme, ne figure pas dans les recueils canoniques. Ibn Jarīr l’a néanmoins rapporté selon une autre chaîne : d’après Hennād, d’après ʿAbda, d’après Muḥammad ibn ʿAmr, d’après Abū Salama, d’après Abū Hurayra, qui relate du Prophète (ﷺ) un récit similaire ou presque, et ce également en dehors des recueils de ḥadith reconnus.
Al-Bukhārī (6) rapporte : « Muḥammad ibn Abī Yaʿqūb Abū ʿAbd Allāh al-Karmānī m’a dit : Ḥassān ibn Ibrāhīm nous a rapporté d’après Yūnus, d’après az-Zouhri, d’après ʿUrwa, d’après ʿĀʾisha, qui a dit : “Le Messager de Dieu (ﷺ) a déclaré : ‘J’ai vu la Géhenne qui se consumait d’elle-même, et j’y ai vu ʿAmr traîner ses entrailles. Il est le premier qui ait laissé circuler librement les bêtes sacrées (as-sawāʾib).’”” Seul al-Bukhārī le rapporte.
At-Ṭabarānī rapporte, par l’intermédiaire de Ṣāliḥ (7), un propos similaire attribué à Ibn ʿAbbās (8).
Quant au propos important ici, c’est que ʿAmr ibn Luḥayy (que Dieu le maudisse) fut celui qui innova auprès d’eux plusieurs pratiques religieuses, altérant ainsi la religion d’Ibrāhīm l’ami (de Dieu). Les Arabes l’imitèrent et s’égarèrent lourdement, dans un égarement manifeste, affligeant et inouï. Dieu, dans Son Livre sublime, les réprimande à plusieurs endroits, comme lorsqu’Il dit :
« Et ne dites pas, en vous appuyant sur les mensonges que profèrent vos langues : “Ceci est licite et cela est illicite”, pour inventer des mensonges au sujet de Dieu… »