(1) Ils en vinrent à adorer les pierres qui leur plaisaient et les séduisaient, jusqu’à ce que passèrent les générations suivantes, et qu’ils oublièrent ce sur quoi ils étaient jadis.
Dans un hadith authentique rapporté d’Abû Rajâ’ al-‘Uṭâridî, il dit : « À l’époque préislamiques (jâhiliya), lorsque nous ne trouvions pas de pierre, nous ramassions une poignée de terre. Nous amenions une brebis et la trayions dessus, puis nous tournions autour. »
Ibn Isḥâq a dit : « Ils ont délaissé la religion d’Ibrâhîm et d’Ismâ‘îl (– qu'Allah lui fasse miséricorde –) pour autre chose, et ils ont adoré les idoles. Ils se sont ainsi retrouvés dans les égarements où s’étaient fourvoyées les nations avant eux. Toutefois, ils gardaient encore certains vestiges provenant de l’époque d’Ibrâhîm (– paix sur lui –) auxquels ils s’accrochaient, comme la vénération de la Maison (la Ka‘ba), le fait d’en faire le tawâf, d’accomplir le ḥajj, la ‘umra, de se tenir à ‘Arafât et Al-Muzdalifa, de sacrifier les bêtes destinées (al-budn) et de proclamer l’entrée en état de sacralisation (ihrâm) pour le ḥajj et la ‘umra. Mais ils y avaient introduit ce qui n’en faisait pas partie. »
Ainsi, lorsque les membres des tribus de Kinâna et Quraysh entraient en état d’ihrâm, ils disaient : « Labbayka Allâhumma labbayk. Labbayka lâ sharîka laka, illâ sharîkan huwa laka, tamlikuhu wa mâ malak » (Me voici, ô Seigneur, me voici. Me voici, Tu n’as pas d’associé, hormis un associé qui t’appartient, que Tu possèdes ainsi que ce qu’il possède). Par cette formule, ils proclamaient l’unicité divine dans le talbiya, tout en faisant entrer avec Lui leurs idoles, en considérant que leur possession était entre les mains de Dieu.
Dieu – Exalté soit-Il – dit à Muḥammad (ﷺ) : « Et la plupart d’entre eux ne croient en Dieu qu’en Lui donnant des associés (106) » (Yûsuf, 106). Autrement dit : « Ils ne proclament pas mon unicité en reconnaissant mon droit, sans toutefois M’associer quelque partenaire issu de ma création. »
As-Suhaylî (3) et d’autres ont mentionné que le premier à avoir prononcé cette formule de talbiya fut ‘Amr ibn Luḥay, et que le Diable se manifesta à lui sous l’apparence d’un vieillard. Celui-ci lui enseignait la formule, ‘Amr l’entendait et la répétait après lui, et les Arabes l’imitèrent en cela.
Il est établi dans un hadith authentique que lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) les entendait dire : « Labbayka lâ sharîka laka », il ajoutait : « Qadd, qadd (4) », c’est-à-dire « Cela suffit, cela suffit ». Al-Bukhârî (5) a rapporté avec sa chaîne de transmission : « Aḥmad ibn Ibrâhîm nous a informés, Yâḥyâ ibn Âdam nous a informés, Isrâ’îl nous a informés, d’après Abû Ḥuṣayn (6), d’après (Abû Ṣâliḥ) (7), d’après Abû Hurayra, qui a rapporté du Prophète (ﷺ) : “Amr ibn Luḥay ibn Qam‘a ibn Khindif, l’ancêtre de Khuza‘a.” » Al-Bukhârî est seul à rapporter ce hadith sous cette forme.
‘Abd Allâh, fils de l’imam Aḥmad, a dit : « J’ai lu à mon père : ‘Amr ibn Majma‘ nous a rapporté, Ibrâhîm al-Hijrî nous a rapporté, d’après Abû l-Aḥwaṣ, d’après ‘Abd Allâh ibn Mas‘ûd, du Prophète (ﷺ), qui a dit (8) : “Le premier à avoir libéré les bêtes (as-sawâ’ib)…” »