Le fils de son frère, al-‘Îṣaw, fils d’Isḥāq, fils d’Ibrāhīm, eut d’elle les Romains et les Grecs (1), ainsi que les Espagnols selon l’une des opinions. Ensuite, tous les Arabes du Ḥijāz, malgré la diversité de leurs tribus, font remonter leurs généalogies à ses deux fils, Nābit et Qaydhir.
Après lui, assura l’autorité et gouverna à la Mecque, veillant sur la Kaʿba et sur la source de Zamzam, Nābit fils d’Ismāʿīl, qui était le fils de la sœur des Jurhumites. Puis Jurhum s’empara de la Kaʿba, convoitant ce qui appartenait aux fils de leur sœur. Ils administrèrent alors la Mecque et ses environs, aux dépens des fils d’Ismāʿīl, pendant une longue période. Le premier à hériter de l’affaire de la Kaʿba après Nābit fut Muḍāḍ ibn ʿAmr ibn Saʿd ibn ar-Raqīb ibn Hī (2) ibn Nabat ibn Jurhum. Quant à Jurhum, il était le fils de Qaḥṭān, et l’on rapporte aussi qu’il s’agissait de Jurhum fils de Yaqṭun fils de ʿĀybar fils de Shālkh fils d’Arfakhshadh fils de Sām fils de Nūḥ, dit al-Jurhumī. Celui-ci résidait dans la partie haute de la Mecque, à Quʿayqiʿān, tandis que as-Samaydʿ, le chef de Qaṭūrāʾ, séjournait avec les siens dans la partie basse de la ville. Chacun d’eux prélevait la dîme (3) sur ceux qui passaient par là en route pour la Mecque. Par la suite, un conflit éclata entre Jurhum et Qaṭūrāʾ, ils s’affrontèrent et as-Samaydʿ trouva la mort. Le pouvoir se raffermit alors entre les mains de Muḍāḍ, qui administra la Mecque et la Kaʿba sans que les fils d’Ismāʿīl ne le contestent, malgré leur grand nombre, leur prestige et leur extension à la Mecque et ailleurs, en raison de leur proximité maternelle et de la sacralité de la Maison sacrée. Le pouvoir passa ensuite à son fils al-Ḥārith, puis à ʿAmr ibn al-Ḥārith.
Vint ensuite l’époque où Jurhum commit des excès à la Mecque, multipliant la corruption et profanant la Mosquée sacrée, au point que l’on rapporte qu’un homme parmi eux, appelé Isāf ibn Baghy, et une femme appelée Nāʾilah bint Wāʾil, se retrouvèrent ensemble dans la Kaʿba pour y commettre la turpitude. Dieu les changea alors en deux pierres, que l’on plaça près de la Kaʿba pour que l’on en tire un avertissement. Le temps passant, ils finirent par être adorés à la place de Dieu, du vivant de Khuzāʿa, ainsi que cela sera expliqué au moment approprié. Ils furent donc installés comme deux idoles (5), nommées Isāf et Nāʾilah. Lorsque Jurhum accrut d’autant plus ses excès (6) dans l’enceinte sacrée, Khuzāʿa—qui s’était établie autour du sanctuaire et descendait d’ʿAmr ibn ʿĀmir—(7) s’unit contre eux. Cette tribu était sortie du Yémen par crainte du déferlement du Səy l-ʿArim (9), comme cela a déjà été mentionné. Certains disent que Khuzāʿa descendait des fils d’Ismāʿīl. Dieu est le plus Savant.
L’essentiel est qu’ils se réunirent pour mener contre eux la guerre et leur en signifièrent la déclaration. Ils s’affrontèrent, et les fils d’Ismāʿīl se tinrent à l’écart des deux camps.