Il avait appelé son peuple en ces termes : « Venez à votre affaire, car elle est désormais scellée ; mourez noblement par l’épée, car je vois que la mort est endurée par quiconque se résout à l’affronter. »
(1)
‘Adîy ibn Zayd l’a également dit (2) [dans le mètre al-munsariḥ] :
« Un grand malheur s’abattit sur al-Ḥaḍr, venu d’en haut, porté par de solides épaules.
Une jeune fille, que son père n’avait pas protégée en son heure fatidique, tandis que son gardien l’avait négligée.
Quand elle lui fit boire, à la nuit tombée, un vin d’un rouge limpide – car le vin est un égarement qui saisit son buveur.
Alors, elle livra ses proches au cours de cette nuit, persuadée que le chef s’adressait à elle.
Au matin venu, la mariée ne reçut pour lot que du sang coulant en longs flots.
Al-Ḥaḍr fut alors ravagée, livrée au pillage, et jusque dans son pavillon, ses suspensions furent incendiées. »
(3)
‘Adîy ibn Zayd a dit encore (7) [dans le mètre al-khafîf] :
« Ô toi qui te réjouis des malheurs d’autrui et reproches au temps ! Es-tu donc celui à qui tout est épargné et assuré ?
Détiendrais-tu un pacte inviolable avec les jours ? Non, tu n’es plutôt qu’un ignorant, abusé par l’illusion.
As-tu vu quiconque que la mort épargne indéfiniment ? Ou qui serait protégé contre tout affront ?
Où est Kisrâ, Kisrâ des rois, Anūshirwân ? Où est Sâbūr avant lui ?
Et les Banû al-Aṣfar, rois illustres de Rome ? Il ne reste plus personne d’eux dont on se souvienne.
Et le maître d’al-Ḥaḍr, lorsqu’il bâtit la cité, tandis que le Tigre et le Khabūr lui apportaient tribut…
Il l’érigea de marbre et la recouvrit comme d’un calice ; si bien que les oiseaux y nichent dans les hauteurs.
Il ne s’imaginait pas que la mort, dans son imprévisibilité, pût le frapper ; mais son royaume s’en est allé et sa porte demeure abandonnée.
Souviens-toi aussi du possesseur d’al-Khawarnaq : un jour, il s’éleva dans la confusion, et la voie de la guidance était obscurcie.
Il se réjouissait de sa fortune et de l’abondance de ses possessions, fier de ce qui l’environnait, qu’il s’agisse de la mer ou d’as-Sudayr. »