Je dis :
Il apparaît clairement que cela eut lieu après que le Messager d’Allah (ﷺ) eut émigré à Médine. C’est pourquoi il envoya des émissaires au Yémen pour enseigner aux gens le bien et les appeler à Allah (– Exalté soit-Il –). Il envoya d’abord Khâlid ibn al-Walîd et ‘Alî ibn Abî Tâlib, puis il leur adjoignit Abû Mûsâ al-Ash‘arî et Mu‘âdh ibn Jabal. Le Yémen et ses habitants se soumirent alors à l’islam. Badhân mourut, et son fils Shahr ibn Badhân lui succéda. C’est ce dernier qui fut tué par al-Aswad al-‘Ansî lorsqu’il prétendit la prophétie (1) et s’empara de son épouse, comme nous l’expliquerons. Il expulsa du Yémen les représentants du Messager d’Allah (ﷺ). Puis, quand al-Aswad fut tué, le Yémen revint sous la domination islamique.
Ibn Hishâm a dit : « C’est à lui que Satyîh fait allusion dans ses propos : “Un Prophète pur, à qui la Révélation viendra de la part du Très-Haut.” C’est aussi à cela que Shiq fait référence en disant : “Mais tout s’achèvera avec un Messager envoyé, qui viendra avec la vérité et la justice, parmi les gens de la religion et du mérite ; la royauté subsistera dans son peuple jusqu’au Jour de la Décision.” »
Ibn Isḥâq (2) dit : « Se trouvait à Ḥajar, au Yémen – selon ce qu’ils rapportent – un texte rédigé dans le Zabûr, écrit en des temps reculés (3) : “À qui le royaume de Dhimâr ? À Ḥimyar, les meilleurs. À qui le royaume de Dhimâr ? Aux Abyssins, les plus méchants. À qui le royaume de Dhimâr ? Aux Perses, les hommes libres. À qui le royaume de Dhimâr ? À Quraysh, les marchands.” »
Un poète a versifié (4) ce même sens, selon ce que rapporte al-Mas‘ûdî :
« Lorsque Dhimâr fut édifiée, on lui demanda : “À qui appartiens-tu ?”
Elle répondit : “À Ḥimyar, les meilleurs.” (5)
Puis, plus tard, on l’interrogea, et elle dit : “Je suis aux Abyssins, les pires des méchants.” (6)
Ensuite, on lui redemanda : “À qui appartiens-tu ?”
Elle répondit : “Aux Perses, les hommes libres.” (7)
Puis on l’interrogea de nouveau : “À qui appartiens-tu ?”
Et elle répondit : “À Quraysh, les marchands.” (8) »
On raconte aussi que les paroles rapportées par Muḥammad ibn Isḥâq (9) furent découvertes écrites auprès de la tombe de Hûd (que la paix soit sur lui), lorsque