Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Kisrâ (le roi de Perse) envoya un message au Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). Alors le Messager de Dieu lui répondit : « Dieu m’a promis que Kisrâ serait tué tel jour de tel mois. » Lorsque la lettre parvint à Bâdhân(1), il attendit en déclarant : « Si c’est vraiment un Prophète, ce qu’il a annoncé arrivera. » Dieu fit donc périr Kisrâ le jour même prédit par le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). Ibn Hishâm(2) ajouta qu’il fut tué par son fils Shîrawayh.

J’ai noté que certains(3) rapportent que ses fils s’étaient ligués contre lui pour l’assassiner. Ce Kisrâ était Abrawayz fils de Hurmuz, fils d’Anûsharwân, fils de Qubâdh. C’est lui qui triompha des Romains, comme l’indique la Parole divine : « Alif, Lām, Mīm. Les Romains ont été vaincus dans une contrée voisine » (Coran 30 : 1-2), ainsi qu’il sera expliqué plus loin.

Selon As-Suhaylî(4), il fut mis à mort la nuit du mardi, alors que dix jours de Jumâdâ al-Ûlâ de la neuvième année de l’Hégire(5) s’étaient déjà écoulés. Il semble – et Dieu sait mieux – qu’au moment où le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) lui avait écrit pour l’appeler à l’islam, Kisrâ s’emporta et déchira la lettre. Il écrivit alors à son gouverneur au Yémen, lui ordonnant d’agir comme il l’avait dit. Dans certains récits(6), il est rapporté que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) déclara au messager de Bâdhân : « Mon Seigneur a fait périr ton maître cette nuit. » Les choses se déroulèrent exactement ainsi : Kisrâ fut tué ce soir-là même, assassiné par ses fils à cause de l’injustice qu’il avait commise après une période de justice. Ils le déposèrent et placèrent son fils Shîrawayh sur le trône, mais celui-ci ne vécut pas plus de six mois, voire moins, après avoir tué son père.

À ce propos, Khâlid ibn Ḥiqq Ash-Shaybânî(8) composa ces vers (mètre Al-Wâfir) :
« Quant à Kisrâ, ses fils se le partagèrent à coups d’épée
comme on partage la viande.
Le destin le guettait en un jour précis,
car tout ce qui porte finit toujours par s’acquitter de son fardeau. »

Az-Zuhrî(10) rapporte : « Lorsque Bâdhân fut informé de la mort de Kisrâ(11), il proclama son islam ainsi que celui de ses compagnons perses, et envoya cette déclaration au Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). » Les envoyés demandèrent alors : « À qui appartenons-nous désormais, ô Messager de Dieu ? » Il répondit : « Vous faites partie de nous et retournez à nous, vous êtes gens de la Maison. » Az-Zuhrî précisa(12) : « C’est ainsi que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a déclaré : “Salmân fait partie de nous, gens de la Maison.” »

(1) Dans le manuscrit B : « il fit une pause, on verra ».\n(2) Dans B : « Ibn Shihāb » est une erreur involontaire.\n(3) Dans B, il est ajouté : « Il l’a tué ».\n(4) Al-Rawḍ al-Anf (1/88).\n(5) Dans al-Rawḍ al-Anf : « sept ».\n(6) Omis dans B.\n(7) Dans B : « après qu’ils l’eurent déposé à cause de son oppression envers son peuple ».\n(8) Les deux vers dans al-Sīra (1/69) et al-Rawḍ al-Anf (1/88).\n(9) Dans Ṭ, al-Sīra et al-Rawḍ : « il le partage... » et al-Laḥḥām : « pluriel de laḥm ».\n(10) Dans Ṭ : « à moins que ». Et pour sa parole « anā » : « c’est-à-dire que le temps est venu ».\n(11) Dans B : « il entendit Bādhān... » et dans Ṭ : « cela parvint à Bādhān ». L’islam de Bādhān eut lieu en l’an 10 de l’Hégire, comme le rapporte al-Suhaylī (1/88).\n(12) Rapporté par al-Ṭabarānī dans al-Kabīr, et al-Ḥākim (3/598) d’après le hadith de ʿAmr ibn ʿAwf, avec une faiblesse dans la chaîne de transmission.
كسرى إلى رسول الله فكتب إليه رسول الله ﷺ : "إن الله قد وَعَدني أن يُقْتَل كسرى يوم كذا وكذا من شهر كذا" . فلما أتى باذان الكتاب وقف لينتظرَ (١) وقال: إن كان نبيًا فسيكون ما قال. فَقَتلَ اللهُ كسرى في اليوم الذي قال رسول الله ﷺ . قال ابن هشام (٢) : على يدي ابنه شِيرَوَيه. قلت: وقال بعضهم (٣) بنوه تمالؤوا على قتله، وكسرى هذا هو أبرويز بن هرمز بن أنوشروان بن قباذ، وهو الذي غلب الروم في قوله تعالى: ﴿الم (١) غُلِبَتِ الرُّومُ (٢) فِي أَدْنَى الْأَرْضِ﴾ كما سيأتي بيانه. قال السهيلي (٤) : وكان قتله ليلة الثلاثاء لعشر خَلَون من جمادى الأولى سنة تسع (٥) من الهجرة. وكان - والله أعلم - لما كتب إليه رسول الله ﷺ يدعوه إلى الإسلام، فغضب ومزّق كتابه، كَتَبَ إلى نائبه باليمن [يقول له ما قال. وفي بعض الروايات أن رسول الله ﷺ قال لرسول باذان] (٦) : "إن ربي قد قَتَل الليلةَ ربَّك" . فكان كما قال رسول الله ﷺ قُتِل تلك الليلة بعينها، قتله بنوه لظلمه بعد عدله بعد ما خلعوه (٧) وولوا ابنه شيرويه، فلم يعش بعد قتله أباه إلّا ستة أشهر أو دونها. وفي هذا يقول خالد بن حِق الشيباني (٨) : [من الوافر] وكسرى إذ تَقَاسمَه بَنُوهُ … بأسْيافٍ كما اقْتُسِمَ اللَّحَامُ (٩) تَمَخَّضَتِ المنُونُ له بيومٍ … أَنى ولِكُلِّ حَاملةٍ تمامُ (١٠) قال الزُّهْري: فلما بلغ باذان (١١) بعثْ بإسلامه وإسلام مَن مَعه من الفرس إلى رسول الله ﷺ فقالت الرسل: إلى مَن نحن يا رسولَ الله؟ قال: أنتم منا وإلينا أهلَ البيت. قال الزُّهري: ومن ثم قال رسول الله ﷺ : "سلمانُ مِنّا أهلَ البيت" (١٢) .
(١) في ب: توقف ينظر. (٢) في ب: ابن شهاب وهو سهو. (٣) زاد في ب: قتله. (٤) الروض الأنف (١/ ٨٨). (٥) في الروض الأنف: سبع. (٦) سقطت من ب. (٧) في ب: بعدما خلعوه لظلمه بقومه. (٨) البيتان في السيرة (١/ ٦٩) والروض الأنف (١/ ٨٨). (٩) في ط، والسيرة، والروض: تقسّمه … واللحام: جمع لحم. (١٠) في ط: ألا. وقوله: أنى: أي حان. (١١) في ب: سمع باذان .. وفي ط: بلغ ذلك باذان. وكان إسلام باذان سنة عشر للهجرة كما أورد السهيلي (١/ ٨٨). (١٢) رواه الطبراني في الكبير، والحاكم (٣/ ٥٩٨) من حديث عمرو بن عوف وفيه ضعف.

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