Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Aba Murra se rendit alors auprès de César, roi des Romains, pour se plaindre de sa situation et lui demander de chasser ces oppresseurs, de les placer sous son autorité et de lever des troupes depuis le reste des territoires romains afin qu'il puisse régner sur le Yémen. Toutefois, César ne lui apporta aucun secours. Il partit donc jusqu’à atteindre An-Nuʿmân ibn Al-Mundhir, gouverneur de Kisrâ (le roi de Perse) à Al-Ḥîra et dans les contrées d’Irak qui en dépendent, et lui exposa le problème que lui causaient les Abyssins.

An-Nuʿmân lui déclara : « J’ai chaque année une audience auprès de Kisrâ ; demeure chez moi jusqu’au moment venu. » Il s’exécuta. Puis An-Nuʿmân l’amena auprès de Kisrâ, qui siégeait dans son iwan où se trouvait sa couronne. On disait qu’elle ressemblait à un grand casque garni de rubis, d’émeraudes et de perles montées en or et en argent, suspendu par une chaîne d’or dans l’alcôve de la salle. Comme son cou ne pouvait supporter le poids de la couronne, il restait dissimulé sous des étoffes jusqu’à s’installer sur son siège. Il passait alors la tête dans la couronne et, lorsqu’il était bien en place, on le découvrait. Quiconque ne l’avait pas encore vu s’inclinait aussitôt devant lui par respect. Lorsque Sayf ibn Dhî Yazan entra, il s’inclina.

Ibn Hishâm ajoute : Abû ʿUbayda m’a rapporté que, lorsque Sayf entra auprès de Kisrâ, il baissa la tête. Le roi s’exclama : « Quel insensé ! Il traverse cette salle immense pour me voir, et voilà qu’il incline la tête ! » On transmit ces paroles à Sayf, qui répondit : « Je l’ai fait à cause de mes soucis, car ils sont si grands que rien ne peut les contenir. »

Ibn Isḥāq poursuit : Sayf dit alors : « Ô roi, ce sont les ‘corbeaux’ qui ont pris le dessus sur notre pays. » Kisrâ demanda : « Quels corbeaux ? Les Abyssins ou les gens du Sind ? » Il répondit : « Les Abyssins. Je suis venu réclamer ton secours afin de recouvrer le pouvoir sur ma patrie, lequel te reviendrait. » Kisrâ répliqua : « Ton pays est lointain et offre peu de ressources. Je ne saurais engager à la légère une armée perse en terre arabe. Cela ne m’intéresse pas. » Il offrit ensuite à Sayf dix mille dirhams pesés avec soin et le revêtit de riches habits. Une fois en possession de ce don, Sayf sortit et se mit aussitôt à distribuer l’argent au peuple. En l’apprenant, le roi déclara : « Celui-là a un dessein en tête… » Il le fit rappeler et lui demanda : « Tu viens de disperser le présent du roi parmi ces gens ? Pourquoi ? » Sayf répondit : « Qu’en aurais-je fait ? »

(1) Dans la source A : « de leur malheur » et « il sort ». Dans la source T : « de leur malheur », et la lecture de B est confirmée. (2) Dans la source T : « il a voulu parmi ». (3) Addition dans T. Dans B : « qui a une couronne comme al-qinqal ». Al-qinqal : la grande mesure, et le nom de la couronne de Khosro (al-Muḥīṭ). Voir ar-Rawḍ al-Anf, 1/82. (4) Ainsi dans B et T. Dans A : « de ». (5) Dans B : « il se cache avec ses vêtements ». Dans T : « il couvre sur lui avec ses vêtements ». (6) En plus dans B : « Al-Khalīl a dit : al-qinqal est un arbre qui a des fruits durs. » (7) Dans B : « Les vêtements lui ont été enlevés, ainsi aucun homme ne le voit. » (8) Sa parole : Saïf ibn Dh... jusqu’ici est une addition de B, de même que le texte dans la sīra (1/63). (9) Ainsi dans T, ce qui correspond au texte de la sīra. Dans A : « j’ai fait cela par ma force... ». Dans B : « j’ai fait cela par ma force parce que tout devient étroit pour moi. » Sa parole : « a dit Ibn Ishâq » n’est pas dans T. (10) Et le dirham vaut le mithqāl : correction. Dans B : « de la feuille ». (11) Ajout dans T : « de lui ». (12) Ajout dans B : « grandement ».
أبا مرة - حتى قدم على قيصر ملك الروم فشكى إليه ما هو فيه، وسأله أن يخرجهم عنه ويليهم (١) ويخرج إليهم من سائر (٢) الروم فيكون له ملك اليمن، فلم يُشكِه. فخرج حتى أتى النعمان بن المنذر، وهو عامل كسرى على الحيرة وما يليها من أرض العراق، فشكا إليه أمرَ الحبشة، فقال له النعمان: إن لي على كسرى وِفادة في كل عام، فأقم عندي حتى يكون ذلك، ففعل. ثم خرج معه فأدخله على كسرى، وكان يجلس في إيوان مجلسه الذي فيه تاجه (٣) وكان تاجه مثل القُنْقُل العظيم - فيما يزعمون - يضرب فيه الياقوت والزبرجد واللؤلؤ بالذهب والفضة، معلقًا بسلسلة من ذهب في رأس طاقة في (٤) مجلسه ذلك، وكانت عنقه لا تحمل تاجه، إنما يُسْتَرُ بالثياب (٥) حتى يجلس في مجلسه ذلك (٦) ، ثم يُدخِلُ رأسَه في تاجه، فإذا استوى في مجلسه كُشِفَ عنه الثيابُ فلا يراه أحد (٧) لم يره قبلَ ذلك إلّا برك هيبةً له. فلما دخل عليه سيف بن ذي يزن بَرَك. قال ابن هشام: حدثني أبو عبيدة أن سيفًا لما دخل عليه (٨) طأطأ رأسه، فقال الملك: إن هذا الأحمق يدخل عليَّ من هذا الباب الطويل ثم يطأطئ رأسَه! فقيل ذلك لسيف. فقال: إنما فعلتُ هذا لهمي لأنه يضيق عنه كل شيء (٩) . قال ابن إسحاق ثم قال: أيها الملك غَلَبنا على بلادنا الأغربة. قال كسرى: أيُّ الأغربة؛ الحبشة أم السند؟ قال: بل الحبشة، فجئتك لتنصرني ويكونَ ملك بلادي لك. فقال له كسرى: بَعُدَت بلادك مع قلة خيرها، فلم أكن لأورّط جيشًا من فارس بأرض العرب، لا حاجة لي بذلك، ثم أجازه بعشرة آلاف درهم وافٍ (١٠) وكساه كسوة حسنة، فلما قبض ذلك (١١) سيف، خرج فجعل ينثر تلك الورِق للناس، فبلغ ذلك الملك، فقال إن لهذا لشأنا (١٢) ، ثم بعث إليه فقال: عمدت إلى حِباء الملك تنثرُه للناس؟ ! قال: وما أصنع بهذا؟
(١) في أ: عن ويلهم ويخرج. وفي ط: ويلهم، وأثبت ما في ب. (٢) في ط: شاء من. (٣) زيادة من ط. وفي ب: الذي تاجه مثل القنقل. والقنقل: المكيال الضخم، واسم تاج لكسرى (المحيط). الروض الأنف (١/ ٨٢). (٤) كذا في ب، وط. وفي أ من. (٥) في ب: يستتر بالثياب. وفي ط: يستر عليه بالثياب. (٦) زاد في ب: قال الخليل: القنقل: شجر له ثمر عظام. (٧) في ب: كشفت الثياب عنه فلا يراه رجل. (٨) قوله: سيف بن ذ … إلى هنا زيادة من ب، وكذلك النص في السيرة (١/ ٦٣). (٩) كذا في ط. وهو موافق لنص السيرة. وفي أ: فعلت ذلك لهمتي .. وفي ب: فعلت ذلك لهمي لأني تضيق علي كل شيء. وقوله: قال ابن إسحاق ليس في ط. (١٠) وفى الدرهمُ المثقالَ: عَدَله. وفي ب: ورق. (١١) زاد في ط: منه. (١٢) زاد في ب: عظيمًا.

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