[À propos de son cœur]
(1) Selon ce que l’on raconte. Ibn Ishaq (2) a dit : « Ya‘qoub ibn ‘Utbah m’a rapporté qu’on lui raconta que la première apparition de la rougeole et de la variole en terre arabe eut lieu cette même année. C’est aussi cette année-là que l’on vit pour la première fois les fruits amers de certains arbres tels que le harmal, le hanzal et le ‘ushar (3). »
Ibn Ishaq dit : « Lorsque Dieu envoya Muhammad (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), parmi les bienfaits (4) que Dieu voulut rappeler à Quraysh et les grâces dont Il les combla, il y eut le fait qu’Il les protégea de l’affaire des Abyssins, afin que leur autorité et leur durée subsistent. À ce sujet, Il dit — Exalté soit-Il : ﴿N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l’Éléphant (1) ? N’a-t-Il pas déjoué leur stratagème (2), en envoyant sur eux des oiseaux par volées (3) qui leur jetaient des pierres d’argile cuite (4) et Il les rendit semblables à un chaume mâché (5)﴾ [al-Fîl : 1-5]. »
Puis Ibn Ishaq et Ibn Hisham se mirent à parler de l’explication de cette sourate et de celle qui la suit (6). Nous avons déjà développé ce sujet dans notre livre intitulé « At-Tafsîr » (7), de manière suffisante, si Dieu le veut. À Lui la louange et la grâce.
Ibn Hisham dit : « Al-abâbîl désigne des groupes ; jamais les Arabes, à notre connaissance, n’ont employé de singulier à ce terme (8). Pour ce qui est de “as-sijjîl”, Younus le grammairien et Abou ‘Ubaydah m’ont dit que, chez les Arabes, ce terme signifie “dur et solide”. Certains exégètes prétendent que le mot est composé de deux termes persans réunis en un seul (9), à savoir (sanj) et (jil) (10) (11). Le mot “sanj” signifie “pierre” et “jil” signifie “argile”, ce qui indique que les pierres provenaient de ces deux éléments, la pierre et l’argile (12). Quant à al-‘asf, c’est la feuille de céréale qui n’a pas encore été réduite en tiges. »
Al-Kisâ’î dit : « J’ai entendu certains grammairiens affirmer que le singulier de al-abâbîl est ibbîl (13). » De nombreux anciens (salaf) déclarèrent que “al-abâbîl” renvoie à des volées d’oiseaux se suivant de tous côtés.