Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsque l’éléphant (1) fut sommé de se lever, il refusa. Alors on enfonça des crocs (2) dans ses flancs pour l’obliger à se mettre debout, mais il s’obstina à ne pas bouger. On l’orienta ensuite vers le Yémen, et il se releva soudain pour courir. Puis on le tourna vers la Syrie, et il réagit de la même manière ; on le dirigea vers l’est et il fit pareil. Mais lorsqu’on l’orienta vers la Mecque, il s’accroupit sur place. Dieu envoya alors contre eux des oiseaux en provenance de la mer, semblables aux hirondelles et aux balsans (3), dont chacun portait trois pierres : une dans son bec et deux dans ses pattes, de la taille d’un pois chiche ou d’une lentille. Chaque personne touchée par l’une de ces pierres périt, bien que toutes n’aient pas été atteintes. Les survivants prirent la fuite, cherchant à reprendre la route par laquelle ils étaient venus, et ils interrogeaient les uns et les autres au sujet de Nufayl ibn Habib pour qu’il leur indiquât le chemin vers le Yémen. À cette occasion, Nufayl récita :

« Saluez de notre part, ô Rudayna !
Nous avons fait pleine expérience de vous à l’aube,
Rudayna, si tu voyais (sans voir réellement)
près d’al-Muḥaṣṣab ce que nous avons vu,
Tu m’excuserais alors, louerais mon choix
et ne te désolerais pas de ce qui nous a échappé.
J’ai loué Dieu quand j’ai aperçu ces oiseaux,
et j’ai craint les pierres qu’ils jetaient sur nous.
À présent tous me demandent où est Nufayl,
comme si j’avais une dette envers les Abyssins. » (4)

Selon Ibn Ishaq (5), ils s’enfuirent en s’écroulant sur tous les chemins et moururent partout où ils passaient. Abraha fut gravement touché dans son corps : à chaque pas, un bout de son doigt tombait, laissant s’échapper un pus mêlé de sang, jusqu’à ce qu’ils arrivassent à Ṣan‘ā’. Là, il ressemblait à un oisillon. Il ne mourut qu’après que sa poitrine se fut fendue en deux. (6)

(1) Al-ṭabarzīn : un outil en fer. Al-ṭabar, en persan : la hache. Selon Al-Muʿarrab d'Al-Jawālīqī (p. 228) : al-ṭabarzīn est un mot persan. Son interprétation : la hache de la selle, car les cavaliers persans la portent avec eux pour combattre. (2) Dans B et Ṭ : ils ont des محاجن (maḥājin). De même dans la Sīra. Al-maḥjan : une baguette courbée, parfois ornée de fer à son extrémité. Wa-murāqahu : sous son ventre. Wa-bazghūh : leur a fait saigner. (3) Al-khaṭāṭīf : pluriel de khuṭṭāf, un oiseau noir. Al-bilsān : probablement les bruants. (4) Dans B et Ṭ, ajout : alors Nafīl ibn Ḥabīb dit en voyant le châtiment que Dieu leur avait envoyé : " Où est l’échappatoire, et le dieu qui cherche… et l’ashram vaincu, non le vainqueur." Ibn Hichām commente : son expression "non le vainqueur" vient d’une source autre qu’Ibn Isḥāq. Ceci complète le texte de la Sīra. (5) Dans B et Ṭ : " si tu avais vu ". De même dans la Sīra. Dans Ṭ : « et non… » et pareil dans la Sīra. Al-Mḥaṣṣab : un lieu entre La Mecque et Minā. (6) Dans B : " que j’ai vu ". Dans A : « on tire ». Le plus certain est ce qui est dans B et Ṭ, car concordant avec le texte de la Sīra. (7) Dans Ṭ : « chaque ». De même dans la Sīra. (8) N'est pas dans B. (9) Addition de Ṭ, en accord avec le texte de la Sīra. (10) Addition de B, Ṭ et la Sīra. Son expression : " il perd un doigt par un doigt ", c’est-à-dire que son corps se disperse. Ar-Rawḍ al-Anf (1/74). (11) Tamath : écoulement. Al-muddah : ce qui s’accumule dans la blessure sous forme de pus.
بالطَّبَرْزين (١) ليقوم فأبى، فأدخلوا محاجنهم (٢) في مَرَاقّه فبزغوه بها ليقوم، فأبى. فوجّهوه راجعًا إلى اليمن فقام يهرول. ووجّهوه إلى الشام ففعل مثل ذلك، ووجهوه إلى المشرق ففعل مثل ذلك. ووجَّهوه إلى مكة فبرك. وأرسل الله عليهم طيرًا من البحر أمثال الخطاطيف والبَلَسان (٣) ، مع كل طائر منها ثلاثة أحجار يحملها، حجرٌ في منقاره وحجران في رجليه، أمثال الحِمَّص والعدس، لا تصيب منهم أحدًا إلا هَلَك، وليس كلهم أصابت، وخرجوا هاربين يبتدرون الطريق التي منها جاؤوا. ويسألون عن نُفيل بن حبيب ليدلهم على الطريق إلى اليمن، فقال نفيل (٤) في ذلك: ألا حُيّيتِ عنّا يا رُدَينا … نَعِمناكُم معَ الإصباحِ عَيْنا رُدَيْنةُ لو تَرين ولا تَرُيْه … لَدى جَنْبِ المحصَّبِ ما رأينا (٥) إذًا لعذَرْتِني وحَمِدْتِ أمري … ولَم تأسَيْ علَى ما فاتَ بَيْنا حَمِدتُ الله إذْ أبصَرْتُ طَيرًا … وخِفْتُ حِجارةً تُلقَى علَينا (٦) فكلُّ القَومِ يسألُ عن نُفَيل … كأنّ عليّ للحُبْشَانِ دَينا (٧) قال ابن إسحاق (٨) : فخرجوا يتساقطون بكل طريق، ويهلكون [بكل مَهْلَك] (٩) على كل مَنْهل. وأُصيب أبرهة في جسده، وخرجوا به معهم يسقط أنْملة [أُنملة] (١٠) ، كلما سقطت أُنملة أتبعتها منه مِدَّة تَمُثُ (١١) قيحًا ودمًا حتى قدموا به صنعاء وهو مثل فرخ الطائر. فما مات حتى انصدَع صدرُه
(١) الطبرزين: آلة من حديد. والطبر، بالفارسية: الفأس. وفي المعرب للجواليقي (٢٢٨): والطبرزين: فارسي. وتفسيره: فأس السرْج. لأن فرسان العجم تحمله معها يقاتلون به. (٢) في ب، وط: محاجن لهم. ومثله في السيرة. والمحجن: عصا معوجة، وقد يجعل في طرفها حديد. ومراقّه: أسفل بطنه. وبزغوه: أدموه. (٣) الخطاطيف: جمع خُطّاف، وهو طائر أسود. والبلسان: لعلها الزرازير. (٤) في ب، زيادة: فقال نفيل بن حبيب حين رأى ما أنزل الله بهم من نقمته: أين المفر والإله الطالب … والأشرم المغلوب ليس الغالب قال ابن هشام: قوله: ليس الغالب، عن غير ابن إسحاق. وهذا من تمام نص السيرة. (٥) في ب، وط: لو رأيت. وكذلك في السيرة. وفي ط: ولا .. ومثله في السيرة. والمحصب: موضع فيما بين مكة ومنى. (٦) في ب: أن أبصرت. وفي أ: ترمى. وأثبت ما في ب، وط. لموافقته ما في السيرة. (٧) في ط: وكل. وكذلك في السيرة. (٨) ليست في ب. (٩) زيادة من ط، توافق نص السيرة. (١٠) زيادة من ب، وط، والسيرة. وقوله: يسقط أنملة أنملة، أي ينتثر جسمه. الروض الأنف (١/ ٧٤). (١١) تمث: ترشح. والمدة: ما يجتمع في الجرح من القيح.

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