Alors le plus beau d’entre eux (1). Lorsque Abraha le vit, il lui marqua de l’estime et l’honora (2), refusant de le faire asseoir plus bas que lui. Il répugnait à ce que les Abyssins le voient installé (3) avec lui sur le trône de sa royauté. Abraha descendit donc de son trône (4), s’assit sur son tapis et l’invita à s’asseoir (5) à ses côtés.
Puis il dit à son interprète : « Dis-lui : Quelle est ta demande (6) ? » Celui-ci (7) la lui transmit. Il répondit : « Ma requête est que le roi me rende mes deux cents chameaux qu’il a pris pour moi. » Quand cela lui fut rapporté, Abraha déclara à son interprète : « Dis-lui : tu m’avais plu en te voyant, mais je me suis détourné de toi en t’entendant. Tu me parles de deux cents chameaux que j’ai saisis, tandis que tu laisses de côté la Maison qui est ta religion et celle de tes pères, et que je suis venu détruire (9) : tu ne m’en parles pas !? »
‘Abd al-Muttalib lui répondit : « Quant à moi, je suis le seigneur des chameaux ; mais quant à la Maison, elle a un Seigneur qui la protégera. » Abraha répliqua : « Elle ne saurait résister contre moi. » ‘Abd al-Muttalib dit : « Tu verras bien (10). » Puis il récupéra ses chameaux.
Ibn Ishaq a rapporté : « On raconte que, lorsqu’il se présenta à Abraha, ‘Abd al-Muttalib était accompagné de Ya‘mar ibn Nufâtha ibn ‘Adiyy ibn ad-Dayl ibn Bakr ibn ‘Abd Manâh ibn Kinâna, chef (11) des Banû Bakr, et de Khuwailid ibn Wâ’ila, chef (12) des Hudhayl. Ils proposèrent à Abraha le tiers des biens du Tihâma pour qu’il renonce à détruire la Maison, mais il refusa (13). Dieu seul sait si cela eut lieu ou non (14). »
Lorsqu’ils s’écartèrent de lui, ‘Abd al-Muttalib rejoignit Quraych, leur fit part de la situation et ordonna qu’on quitte La Mecque pour se mettre à l’abri sur les hauteurs (15). Alors ‘Abd al-Muttalib se leva, saisit l’anneau de la porte de la Ka‘ba, et un groupe de Quraych se tint à ses côtés.