Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il s’était engagé (1) à ne pas laisser Abrahah tant que celui-ci n’aurait pas foulé sa terre et qu’on ne lui aurait pas rasé la tête. Abrahah rasa donc sa propre tête, remplit un sac de terre du Yémen puis l’envoya au Négus. Ensuite, il lui écrivit : « Ô roi, Ariat n’était que ton serviteur et je suis également ton serviteur. Nous nous sommes opposés à ton sujet, tandis que nous sommes tous deux soumis à ton autorité. Or, je me suis avéré plus capable de gérer les affaires des Abyssins, de les maintenir et de les gouverner que lui. J’ai rasé entièrement ma tête lorsque j’ai appris le serment du roi, et je t’ai envoyé un sac de terre (2) de mon pays pour que tu le places sous tes pieds (3) afin que tu puisses accomplir ton serment me concernant. » Lorsque la nouvelle parvint au Négus, il se montra satisfait de lui et lui écrivit de demeurer au Yémen jusqu’à nouvel ordre. Ainsi, Abrahah s’établit au Yémen (4).

On rapporte ensuite la raison pour laquelle Abrahah se dirigea avec son éléphant vers La Mecque pour détruire la Ka‘ba : Dieu l’anéantit sans tarder ni délai, ainsi qu’Il l’a exprimé dans Sa Parole (Sourate al-Fîl, 1-5) : « N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l’Éléphant (1) ? N’a-t-Il pas déjoué leur ruse (2), en envoyant contre eux des oiseaux par volées (3) qui leur lançaient des pierres d’argile (4), et Il les a rendus semblables à de la paille mâchée (5) ? ».

On dit qu’Efridoun ibn Athfiyân (6), qui tua al-Dahhâk, fut le premier à dompter les éléphants, ainsi que l’a rapporté at-Tabarî (7). C’est aussi le premier qui adopta la selle pour les chevaux. Quant au premier qui asservit les chevaux et les monta, ce fut Tahmûrath (8), le troisième roi à régner sur le monde. D’autres affirment que le premier à les avoir montés fut Ismaïl fils d’Ibrâhîm – paix sur eux –, et il se peut qu’il ait été le premier parmi les Arabes à le faire. Dieu le Très-Haut sait mieux.

Par ailleurs, on rapporte que l’éléphant, en dépit de sa grande taille, redoute le chat (9). Certains chefs de guerre auraient d’ailleurs eu recours à cette ruse pour livrer bataille.

(1) N'existe pas dans la version Ṭ. (2) Ainsi dans les versions B et Ṭ. Cela est conforme à la sīra. Dans la version ʾA : « de la terre du Yémen, de mon pays. » (3) Dans la version Ṭ : « il l’a précédé. » (4) En plus dans B : « Et al-Suhailī a rapporté que le Najāshī envoya Aryāṭ après Abréha, comme protecteur sur lui pour le soutenir dans son obéissance; mais Abréha s’y opposa et refusa de lui livrer le Yémen. Ils se combattirent donc. Quand ʿAtūda tua Aryāṭ, Abréha lui dit : “Accorde-moi un vœu.” Il répondit : “Je souhaite qu’aucune vierge, au Yémen ou ailleurs, ne soit conduite en mariage, sans qu’elle ne m’ait été amenée auparavant pour que je consomme mon droit matrimonial, puis que je la lui remette.” Il accepta cela. Puis, lorsque cette situation s’éternisa pour les habitants du Yémen, ils tuèrent ʿAtūda sournoisement. Abréha ne les punit pas et ne réclama pas vengeance pour son sang. » (5) Dans la version Ṭ : « La raison pour laquelle Abréha se dirigea avec l’éléphant vers La Mecque afin de détruire la Kaʿba. N’as-tu pas vu... » (6) N’existe pas dans B. (7) Son histoire (1/214), et là-bas le récit du meurtre de Ḍaḥḥāk. (8) Histoire d’al-Ṭabarī (1/172). (9) Dans B : « Son incroyable apparence le fait fuir. » Et la différence : la peur et la panique.
أن (١) لا يدع أبرهة حتى يطأ بلاده ويجزَّ ناصيته، فحلق أبرهة رأسَة وملأ جُرابًا من تراب اليمن ثم بعث به إلى النجاشي، ثم كتب إليه: أيها الملك إنما كان أرياط عبدك وأنا عبدُك، فاختلفنا في أمرك، وكلٌّ طاعتُه لك، إلا أني كنت أقوى على أمر الحبشة وأضبط لها وأسوس منه. وقد حَلَقْتُ رأسي كله حين بلغني قسمُ الملك، وبعثت إليه بجراب تراب (٢) من أرضي ليضعه تحت قدميه (٣) فيبرَّ قسمه فيّ. فلما انتهى ذلك إلى النجاشي رضي عنه وكتب إليه أن اثبت بأرض اليمن حتى يأتيك أمري، فأقام أبرهة باليمن (٤) . * * * ذكر سَبب قصد أبرهة بالفيل مكّة ليخرب الكعبة فأهلكه الله عاجلًا غير آجل، كما قال (سبحانه وتعالى) (٥) : ﴿أَلَمْ تَرَ كَيْفَ فَعَلَ رَبُّكَ بِأَصْحَابِ الْفِيلِ (١) أَلَمْ يَجْعَلْ كَيْدَهُمْ فِي تَضْلِيلٍ (٢) وَأَرْسَلَ عَلَيْهِمْ طَيْرًا أَبَابِيلَ (٣) تَرْمِيهِمْ بِحِجَارَةٍ مِنْ سِجِّيلٍ (٤) فَجَعَلَهُمْ كَعَصْفٍ مَأْكُولٍ (٥) ﴾ [الفيل: ١ - ٥] . قيل: أول من ذلَّل الفِيَلة إفريدون بن أثفيان (٦) الذي قَتَل الضحّاك، قاله الطبري (٧) . وهو أول من اتخذ للخيل السرج. وأما أول من سخَّر الخيل وركبها فطهمورث (٨) وهو الملك الثالث من ملوك الدنيا. ويقال: إن أول من ركبها إسماعيل بن إبراهيم (رحمه الله) ، ويحتمل أنه أول من ركبها من العرب. والله تعالى أعلم. ويقال: إن الفيل مع عظمة خلقه يَفْرَقُ (٩) من الهر. وقد احتال بعض أمراء الحروب في قتال
(١) ليست في ط. (٢) كذا في ب وط. وهو موافق للسيرة. وفي أ: من تراب اليمن من أرضي. (٣) في ط: قدمه. (٤) زاد في ب: وحكى السهيلي أن النجاشي بعث أرياط بعد أبرهة شفقًا عليه ينصره في طاعته، فخالفه أبرهة وامتنع أن يسلم اليمن إليه، فاقتتلا، فلما قتل عتودة أرياط قال له أبرهة: تَمَنَّ عليَّ. قال: أريد أن لا تُزفَّ امرأة بكر في اليمن أو غيرها إلا جيء بها إلي قبله فأقضي وطري منها، ثم أردها إليه. فأجابه إلى ذلك. فلما طال على أهل اليمن ذلك قتلوا عتودة غيلة، فلم يعنفهم أبرهة، ولم يطلبهم بدمه. (٥) الذي في ط: سبب قصد أبرهة بالفيل مكة ليخرب الكعبة. ألم تر .. (٦) ليست في ب. (٧) تاريخه (١/ ٢١٤)، وخبر قتل الضحاك ثمة. (٨) تاريخ الطبري (١/ ١٧٢). (٩) في ب: عظم خلقه يهرب. والفَرَق: الخوف والفزع.

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