Ou que quiconque possédant un lien de parenté par iniquité (1) perde le sommeil et soit frappé d’insomnie. Alors, il se mit à tuer tous ceux (2) qui lui avaient ordonné de tuer son frère (3). Quand il arriva devant Dhu Ruʿayn, il lui dit : « J’ai auprès de toi une garantie. » Il demanda : « Quelle est-elle ? » L’autre répondit : « Le document que je t’ai remis. » Il le produisit, et il s’avéra qu’il contenait deux vers de poésie ; il l’épargna, estimant qu’il l’avait ainsi conseillé. ‘Amr périt alors, et le pouvoir de Himyar se trouva ébranlé, ce qui entraîna leur dispersion.
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La rébellion de Lakhniʿa Dhu Shanātir contre le royaume du Yémen
Celui-ci régna durant vingt-sept ans. Ibn Ishaq (4) rapporte : « Un homme de Himyar, qui ne provenait pas des lignées royales, se souleva contre eux. Il se nommait Lakhniʿa Yanuf Dhu Shanātir : il tua leurs hommes d’élite et porta atteinte aux demeures des gens de la royauté (5). C’était aussi un homme débauché qui commettait l’acte du peuple de Loth. Il envoyait chercher un jeune garçon appartenant à la descendance des rois, puis l’entraînait dans une pièce haute (6) aménagée à cette fin, pour empêcher que quiconque ne pût régner après lui. Ensuite, il sortait de cette pièce en présence de sa garde et de ceux de son armée (7), tenant un miswāk dans sa bouche pour leur signifier qu’il avait accompli son acte. Cela dura jusqu’à ce qu’il dépêche un messager à l’intention de Zurʿa Dhu Nuwās, fils de Tuban Asʿad – frère de Ḥassan –, lequel n’était qu’un enfant lorsque son frère fut tué, mais qui grandit pour devenir un jeune homme beau, élégant, bien constitué (8) et avisé. À l’arrivée du messager, il comprit aussitôt ce qui était exigé de lui. Il saisit alors un petit poignard de fer (9) qu’il dissimula entre ses pieds (10) et sa sandale, puis se présenta à lui. Lorsqu’ils se retrouvèrent seuls, Dhu Nuwās se jeta sur lui et le poignarda jusqu’à le tuer. Il lui trancha ensuite la tête, la disposa dans la lucarne par laquelle il avait coutume de se montrer, puis mit le miswāk dans la bouche du cadavre.
Quand il sortit devant la foule, on lui demanda : « Ô Dhu Nuwās, est-ce là [un fruit de] fraîcheur ou de sécheresse ? » Il répondit : « Interrogez Naḥmās (11). »