Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

À ce moment-là, les Himyarites (1) se rallièrent unanimement à sa religion (2). C’est ainsi, et à partir de cette époque, que le judaïsme prit son origine au Yémen.

Ibn Ishaq a dit : « Un informateur m’a rapporté que les deux rabbins et ceux qui quittèrent Himyar n’empruntèrent la voie du feu que pour le repousser. Ils disaient : “Celui qui parvient à le repousser est plus digne de détenir la vérité.” Alors des hommes de Himyar s’avancèrent avec leurs idoles pour éteindre ce feu ; mais celui-ci se dirigea vers eux pour les dévorer. Ils s’en détournèrent et ne purent rien faire. Les deux rabbins s’approchèrent ensuite (3), récitèrent la Torah, et le feu recula (4) devant eux jusqu’à ce qu’ils le renvoient à l’endroit d’où il était sorti. C’est alors que les Himyarites embrassèrent la religion de ces deux rabbins. Dieu sait mieux ce qu’il en fut réellement.

Ibn Ishaq a également rapporté : « Rî’âm était un temple qu’ils vénéraient ; ils y pratiquaient le sacrifice et s’entretenaient avec ses oracles (5) alors qu’ils étaient encore polythéistes. Les deux rabbins dirent à Tubba‘ : “Ce n’est qu’un démon qui les égare (6). Laisse-nous nous en occuper.” Tubba‘ répondit : “Faites donc ce que vous voulez.” Ils en retirèrent, selon ce que rapportent les gens du Yémen, un chien noir, qu’ils immolèrent avant de démolir ce temple. Ses vestiges subsistent encore aujourd’hui, m’a-t-on rapporté (7), avec des traces de sang qui y était autrefois répandu (8).”

Nous avons déjà évoqué dans l’exégèse le hadith rapporté du Prophète — paix et bénédiction sur lui : « Ne dénigrez pas Tubba‘, car il s’était bel et bien converti à l’Islam » (9).

As-Suhaylî (10) a dit : « Ma‘mar a transmis d’après Hammâm ibn Munabbih, qui tenait d’Abû Hurayra, que le Messager de Dieu — paix et bénédiction sur lui — a déclaré : “Ne dénigrez pas As‘ad al-Himyarî, car il fut le premier à revêtir la Kaaba d’une couverture” (11). »

As-Suhaylî (12) rapporte également les vers que prononça Tubba‘ après que les deux rabbins l’eurent informé au sujet du Messager de Dieu — paix et bénédiction sur lui :

« Je témoigne qu’Ahmed est bien
L’Envoyé de Dieu, le Créateur des êtres.
Si ma vie avait pu atteindre la sienne,
Je me serais fait son ministre et son proche,
Combattu l’ennemi avec l’épée,
Et soulagé son cœur de tout souci. » (13)

(1) Dans la version B : « Alors Himyar applaudit... » et « ils applaudirent à la décision » signifie qu'ils se sont rassemblés autour de celle-ci. (2) Dans la version T : « Leur religion ». L'expression dans T « après cela » indique que c'est de là que provient l'origine... (3) Dans la version T : « Il s'approcha ». (4) Dans la version T : « Et cela diminue ». (5) Dans la version T : « Dans lui ». (6) Addition provenant de T et de la Sīra. (7) Dans la version B : « Comme il a été mentionné dans les traditions... » (8) Ajout dans B ici : « Puis la royauté devint par la suite... Al-Yamāma ». Cela sera abordé sous peu dans A et T. (9) Ahmad l'a rapporté dans le Musnad (5/340), de Sahl ibn Sa'd al-Sa'dī, Ḥadīth authentique. (10) Al-Rawḍ al-Anf (1/36). (11) Mentionné par al-Suyūṭī dans « Al-Durr al-Manthūr » (6/31) d'après la transmission d'Ibn Mardawayh, et Dieu est le plus savant. (12) Al-Rawḍ al-Anf (1/35). (13) Ainsi dans la version T, ce qui concorde avec le texte d'al-Suhaylī : dans A et B : « (de son aspect) ». Dans B : « (tout chagrin) ».
فأصفقت (١) عند ذلك حمير على دينه (٢) ، فمن هنالك وعن ذلك كان أصل اليهودية باليمن. قال ابن إسحاق: وقد حدّثني مُحدِّث أن الحَبْرَيْن ومَن خرج من حِمْير إنما اتَّبعوا النار ليردُّوها، وقالوا: من ردّها فهو أولى بالحق، فدنا منها رجال حِمير بأوثانهم ليردُّوها، فدنت منهم لتأكلهم، فحادوا عنها ولم يستطيعوا ردّها، ودنا (٣) منها الحَبْران بعد ذلك وجعلا يتلوان التوراة وتنكص (٤) عنهما حتى رداها إلى مخرجها الذي خرجت منه، فأصفقت عند ذلك حِمير على دينهما. والله أعلم أي ذلك كان. قال ابن إسحاق: وكان رِئام بيتًا لهم يعظِّمونه وينحرون عنده ويكلَّمون منه (٥) إذ كانوا على شركهم. فقال الحبران لِتُبّع: إنما هو شيطان يفتنهم بذلك (٦) فَخَلِّ بيننا وبينه. قال: فشأنكما به. فاستخرجا منه فيما يزعم أهل اليمن كلبًا أسود، فذبحاه، ثم هَدَما ذلك البيت، فبقاياه اليوم كما ذُكر لي بها آثار (٧) الدماء التي كانت تهراق عليه (٨) . وقد ذكرنا في التفسير الحديث الذي ورد عن النبي ﷺ : "لا تسبوا تُبّعًا فإنّه قد كان أسلم" (٩) قال السهيلي (١٠) : ورَوى معمر عن همام بن منبه عن أبي هريرة أن رسول الله ﷺ قال: "لا تسبُّوا أسعد الحميري فإنه أوّل من كسا الكعبة" (١١) . قال السهيلي (١٢) وقد قال تُبَّع حين أخبره الحبران عن رسول الله ﷺ شعرًا: شهدْتُ على أحمدٍ أنه … رسولٌ منَ الله باري النسم فلو مُدَّ عمري إلى عُمره … لكنتُ وزيرًا له، وابنَ عم وجاهدت بالسيف أعداءَه … وفرّجتُ عن صدرِه كلَّ هم (١٣)
(١) في ب: فأصفقت حمير عند ذلك … وَأصفقوا على الأمر: اجتمعوا عليه. (٢) في ط: دينهما. وعبارة ط. بعد هذا. فمن هنالك كان أصل .... (٣) في ط: فدنا. (٤) في ط: وهي تنقص. (٥) في ط: فيه. (٦) زيادة من ط. والسيرة. (٧) في ب: كما ذكر فيه آثار … (٨) زاد في ب هاهنا قوله: ثم صار الملك فيما بعد … اليمامة. وسيأتي هذا بعد قليل في أ وط. (٩) أخرجه أحمد في المسند (٥/ ٣٤٠)، عن سهل بن سعد الساعدي ﵁ ، وهو حديث صحيح. (١٠) الروض الأنف (١/ ٣٦). (١١) ذكره السيوطي في "الدر المنثور" (٦/ ٣١) من رواية ابن مردويه، والله أعلم به. (١٢) الروض الأنف (١/ ٣٥). (١٣) كذا في ط، وهو موافق لنص السهيلي: وفي أ وب: (عن وجهه). وفي ب: (كل غم).

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