Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il se rendit à La Mecque, tourna autour de la Maison sacrée, y immola une offrande, se rasa la tête, puis demeura six jours à La Mecque – selon ce que l’on rapporte –, sacrifiant pour les gens, nourrissant ses habitants et leur faisant boire du miel. Il eut alors une vision en songe lui ordonnant de revêtir la Maison : il la recouvrit d’abord de khassaf(1). Ensuite, une nouvelle vision lui enjoignit de l’habiller d’un tissu plus noble : il la revêtit de ma‘âfirî(2). Puis une autre fois, il se vit en rêve qu’il devait l’habiller encore mieux : il la revêtit de mulā’ et de wasāʾil(3). Ainsi, d’après leurs dires, Tubba‘ fut le premier à couvrir la Maison et à donner ses directives à ses gouverneurs issus de Jurhum. Il leur ordonna de la garder pure et de n’y laisser approcher ni sang, ni bête morte, ni mīʾlāh (c’est-à-dire le linge des menstrues)(4). Il y plaça aussi une porte et un verrou.

À ce sujet, Subayʿa bint al-Aḥab(5) adressa ces paroles à son fils, Khālid ibn ʿAbd Manāf ibn Kaʿb ibn Saʿd ibn Taym ibn Murra ibn Kaʿb ibn Luʾayy ibn Ghālib, pour l’admonester de ne point commettre d’injustice à La Mecque, et lui rappeler l’affaire de Tubbaʿ en ces lieux :

« Ô mon fils, ne sois pas injuste à La Mecque, ni envers le petit ni envers le grand.
Garde-toi, ô mon enfant, de porter atteinte à ses sacralités, et ne te laisse pas tromper par la duperie.
Ô mon fils, celui qui s’y montre injuste rencontrera le pire des maux.
Ô mon fils, son visage sera frappé et le feu ardent brûlera ses joues(6).
Ô mon fils, je l’ai expérimenté : quiconque y fait le mal finit par périr(7).
C’est Dieu qui assure sa sécurité, et nul palais ne s’élève dans sa cour.
C’est Dieu qui protège ses oiseaux, et les ‘uṣm(8) s’y abritent en paix sur le mont Thabīr.
Et certes, Tubbaʿ l’a jadis envahie et a revêtu son édifice d’un précieux drapé.
Le Seigneur a humilié sa royauté en ce lieu, si bien qu’il a accompli ses vœux.
Il y marchait pieds nus, amenant deux mille chameaux jusque dans son enceinte. »

(1) Al-Khasf : une natte tissée en feuilles de palmier et en fibre.\n(2) Dans Ṭ, W et la Sīra : al-Maʿāfir. Al-Maʿāfirī : un vêtement attribué à Maʿāfir, qui est un homme, puis ce terme est devenu un nom propre pour désigner le vêtement indépendamment de la relation à la personne, on dit alors « maʿāfirī ».\n(3) Sa phrase : « Alors le vêtirent al-malāʾ et al-waṣāʾil » ; al-malāʾ (pluriel) désigne la couverture enveloppante, al-waṣāʾil sont des vêtements rayés yéménites cousus les uns aux autres. Cette partie est absente dans B.\n(4) Al-Muḥāyiḍ : pluriel muḥyḍa, désignant la pièce de tissu de la ménopause.\n(5) Dans B : fille d’al-Aḥab ibn Zubaynah ibn Judhaymah ibn ʿAwf ibn Muḍar ibn Muʿāwiyah ibn Bakr ibn Hawāzin ibn Manṣūr ibn ʿIkrimah ibn Ḥafṣah ibn Qays ʿAylān, et elle était auprès d’Abd Munāf ibn Kaʿb ibn Saʿd ibn Taym ibn Murrah ibn Kaʿb ibn Luʾayy ibn Ghālib ibn Fihr ibn Mālik ibn al-Naḍr ibn Kinānah, pour Ibn Abī Munabbih appelé Ḫālid. Il y avait de la vénération pour lui à La Mecque, qui le préservait du péché en son sein, le rappelait, le soumettait, et ce qu’il y fit. Ceci est proche dans la Sīra.\n(6) Dans Ṭ : « yaʿlij », dans B : « biḥurmatih ».\n(7) Yabūr : périr.\n(8) Al-ʿuṣm : les ʿuwwāl, car elles s’attachent aux montagnes. Wa ṯabīr : une montagne à La Mecque.
مكة، فطاف بالبيت، ونحر عنده، وحلق رأسه، وأقام بمكة ستة أيام - فيما يذكرون - ينحر بها للناس ويُطِعم أهلَها ويسقيهم العسل. وأُرِيَ في المنام أن يَكسو البيتَ، فكساه الخَصَف (١) ثم أُرِيَ في المنام أن يكسوه أحسن من ذلك، فكساه المعافِريَّ (٢) ، ثم أُرِيَ أن يكسوه أحسن من ذلك. فكساه المُلاءَ والوصائل (٣) ، فكان تُبع - فيما يزعمون - أولَ من كسا البيتَ وأوصى به وُلاتَه من جُرْهم، وأمرهم بتطهيره وأن لا يُقرّبوه دمًا ولا مِيتة ولا مِئْلاة - وهي المحايض (٤) - وجعل له بابًا ومفتاحًا. ففي ذلك قالت سُبَيْعة بنت (٥) الأحَبِّ تُذَكّر ابنَها خالد بن عبدِ مناف بن كعب بن سعد بن تيم بن مرة بن كعب بن لؤي بن غالب وتنهاه عن البغي بمكة، وتذكر له ما كان من أمر تُبّع فيها: أبُنيّ لا تَظِلمْ بمكـ … ـــةَ لا الصغيرَ ولَا الكَبيرْ واحفَظْ محارِمَها بُنَـ … ــيّ ولا يغرَّنْك الغَرورْ أبنيّ من يَظلمْ بمكـ … ـــةَ يلقَ أطرافَ الشُّرور أبُنيّ يُضرَبْ وجهُه … ويلحْ بخدّيهِ السَّعير (٦) أبنيّ قد جرّبتُها … فوجدتُ ظالمَها يَبور (٧) اللهُ آمَنها وما … بُنيتْ بِعَرْصَتها قُصور واللهُ آمَن طَيرَها … والعُصْمُ تامَنُ في ثَبِير (٨) ولقدْ غزَاها تُبّع … فكَسا بنيّتها الحبير وأذلّ ربي مُلْكَه … فيها فأوفى بالنّذُور يمشي إلَيها حافيًا … بفِنائها ألفا بعير
(١) الخصف: حصر تنسج من خوص النخل ومن الليف. (٢) في ط، وب، والسيرة: المعافر. والمعافري: ثوب منسوب إلى معافر، وهو رجل، ثم أصبح علمًا على الثوب دون نسبة، فيقال: معافري. (٣) قوله: فكساه الملاء والوصائل. سقط من ب. والملاء: ج ملاءة، وهي الملحفة. والوصائل: ثياب مخططة يمنية يوصل بعضها إلى بعض. (٤) المحايض: ج محيضة، وهي خرقة الحيض. (٥) في ب: بنت الأحب بن زبيّنة بن جذيمة بن عوف بن مضر بن معاوية بن بكر بن هوازن بن منصور بن عكرمة بن حفصة بن قيس عيلان، وكانت عند عبد مناف بن كعب بن سعد بن تيم بن مرة بن كعب بن لؤي بن غالب بن فهر بن مالك بن النضر بن كنانة، لابن أبي منبه يقال له خالد، تعظم عليه حرمة مكة، وتنهاه عن البغي فيها، وتذكره وتذلله لها وما صنع بها. وقريب منه في السيرة. (٦) في ط: ويلج، وفي ب: بحرمته. (٧) يبور: يهلك. (٨) العصم: الوعول، لأنها تعتصم بالجبال. وثبير: جبل بمكة.

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