Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

As-Suhaylī (1) rapporte qu’ils seraient tous deux nés le même jour, et que ce fut précisément le jour où mourut Ṭarīfah bint al-Khayr al-Ḥimyarīyah. On dit qu’elle aurait craché dans la bouche de chacun d’eux et qu’ils héritèrent (2) ainsi de son don de divination. Elle était l’épouse de ʿAmr ibn ʿĀmir, déjà mentionné précédemment. Et Dieu est plus savant.

Muḥammad ibn Isḥāq (3) a dit : « Rabīʿah ibn Naṣr régna sur le Yémen parmi les nombreux rois issus des Tubbaʿ. Un jour, il fit un rêve effrayant (4) qui le bouleversa et l’épouvanta (5). Il convoqua alors tous les devins, sorciers, augures et astrologues de son royaume, sans en oublier aucun, et leur déclara : “J’ai fait un rêve qui m’a terrifié et épouvanté ; révélez-m’en le contenu et l’interprétation.” Ils lui répondirent : “Raconte-le-nous, nous t’en fournirons l’explication.” Il objecta : “Si je vous le raconte, je ne serai pas rassuré quant à l’exactitude de vos interprétations, car seul celui qui le connaît déjà avant que je ne l’expose peut en connaître le sens.” »

Alors, l’un d’eux lui dit : « Si le roi désire cela, qu’il envoie chercher Šiq et Saṭīḥ ; nul n’est plus savant qu’eux pour répondre à ta demande. » Il les fit donc mandater, et Saṭīḥ arriva avant Šiq. Le roi lui dit : « J’ai fait un rêve qui m’a terrifié et épouvanté ; révèle-moi quel est ce rêve, car si tu en découvres la teneur, tu en dévoileras l’interprétation. »

Saṭīḥ répondit : « J’y consens. Tu as vu une braise (ḥumamah) sortir d’une obscurité (7), puis tomber sur la terre de Tihāmah et y dévorer tout être pourvu d’un crâne. » Le roi s’exclama : « Tu n’as rien omis de ce que j’ai vu, ô Saṭīḥ. Quelle en est donc l’interprétation ? » Saṭīḥ répliqua : « Je jure par ce qui se trouve entre les deux champs de lave (al-ḥarratayn) de serpents (ḥanaš), qu’une invasion venue d’Abyssinie (al-Ḥabaš) s’abattra sur votre territoire, et qu’ils régneront de Abyan jusqu’à Juraš. »

Le roi demanda : « Ô Saṭīḥ, voilà qui est pour nous une sombre et douloureuse nouvelle. À quel moment cela surviendra-t-il ? Est-ce durant mon règne ou après moi ? » Il répondit : « Non, mais bien après un certain temps, plus de soixante ou soixante-dix (10) années s’écouleront. » Le roi insista : « Leur autorité durera-t-elle ou bien prendra-t-elle fin ? » Saṭīḥ répondit : « Elle prendra fin après soixante-dix et quelques années ; puis ils seront tués et chassés. » Le roi demanda : « Et qui assumera la tâche de les tuer et de les chasser ? » Saṭīḥ répondit : « Ce sera ʾIram Ḏū Yazan ; il surgira contre eux depuis ʿAdan et ne laissera aucun d’entre eux subsister au Yémen (13). »

Le roi reprit : « Le pouvoir que celui-ci exercera ensuite, durera-t-il ou bien… »

(1) Al-Rawd al-Anf (1/27). (2) Dans l’édition : Forath. (3) As-Sīra (1/15). (4) N’est pas dans l’édition B. (5) « Fadʻa bi-l-amr » : cela signifie qu’il s’est appliqué rigoureusement. Dans l’édition B : « il ne laissa aucun prêtre. » (6) N’est pas dans l’édition B. (7) Al-Ḥamma : il voulait dire al-Faḥma. Et As-Suhailī (1/28) dit : « cela signifie provenant de l’obscurité », car al-Ḥamma est un morceau de feu, et sa sortie de l’obscurité ressemble à la sortie des soldats d’Abyssinie de la terre du Soudan. (8) Ajout dans l’édition B : « Wa abīk yā Sṭīḥ ». (9) Ajout dans l’édition T : « Wa abīk ». (10) Ajout dans l’édition A : « sana », ce qui ne convient pas dans cette prose rimée ni dans le sens. (11) Dans l’édition B : « malakahum », ainsi que dans As-Sīra et Al-Rawd al-Anf. (12) Ainsi dans l’édition B. Cela concorde avec ce qui est dans As-Sīra. Dans les éditions A et T : « yulīhim ». (13) Dans l’édition B : « aḥadan minhum bi-l-yaman ». Ce qui correspond à As-Sīra et Al-Rawd al-Anf.
السهيلي (١) أنهما ولدا في يوم واحد، وكان ذلك يوم ماتت طريفة بنت الخير الحميرية، ويقال: إنها تفلت في فم كلٍّ منهما فورثا (٢) الكهانة عنها، وهي امرأة عمرو بن عامر المتقدِّم ذِكره. والله أعلم. قال محمد بن إسحاق (٣) : وكان ربيعة بن نصر ملك اليمن بين أضعاف ملوك التبابعة، فرأى رؤيا هائلة (٤) هالته وفظِع بها (٥) ، فلم يدع كاهنًا ولا ساحرًا ولا عائفًا ولا مُنجّمًا من أهل مملكته إلا جمعه إليه، فقال لهم: إني قد رأيت رؤيا هالتني وفظِعت بها فأخبروني بها وبتأويلها. فقالوا: اقصُصْها علينا نخبرْك بتأويلها. فقال: إني إن أخبرتكم بها لم أطمئن إلى خبركم بتأويلها لأنه لا يعرف تأويلها إلا مَن عرفها قبل أن أخبره بها. فقال له رجل منهم: فإن كان الملك يريد هذا فليبعث إلى شِق وسَطيح فإنه ليس أحدٌ أعلم منهما فهما يخبرانه بما سأل عنه. فبعث إليهما، فقدم إليه سَطيح قبل شِق، فقال له: إني قد (٦) رأيت رؤيا هالتني وفظِعت بها، فأخبِرْني بها، فإنك إن أصبتَها أصبتَ تأويلَها. فقال: أَفْعَلُ. رأيت حُمَمة خرجتْ من ظُلُمة (٧) . فوقعت بأرض تهَمة. فأكلت منها كلُّ ذاتِ جُمْجُمة. فقال له الملك: ما أخطأتَ منها شيئًا يا سطيح، فما عندك في تأويلها؟ قال: أحلف بما بين الحرَّتين من حَنَش لتهبطنّ أرضَكُم الحَبَش، فليملكنّ ما بين أَبْيَن إلى جُرَش. فقال له الملك: يا (٨) سطيح إن هذا لنا لَغائظٌ موجعٌ، فمتى هو كائن، أفي زماني أم بعده؟ فقال: لا (٩) بل بعده بحين، أكثر من ستين أو سبعين (١٠) ، يمضين من السنين. قال: أفيدوم ذلك من سلطانهم (١١) أم ينقطع؟ قال: بل ينقطع لبضع وسبعين من السنين، ثم يُقتلون ويخرجون منها هاربين. قال: ومن يلي ذلك من قتلهم وإخراجهم؟ قال: يلية (١٢) إرم ذي يَزَن، يخرج عليهم من عَدَن، فلا يترك منهم أحدًا باليمن (١٣) . قال: أفيدوم ذلك من سلطانه أم
(١) الروض الأنف (١/ ٢٧). (٢) في ط: فورث. (٣) السيرة (١/ ١٥). (٤) ليست في ب. (٥) فظع بالأمر: اشتد عليه. وفي ب: فلم يترك كاهنًا. (٦) ليست في ب. (٧) الحممة: أراد الفحمة. وقال السهيلي (١/ ٢٨): أي من ظُلْمة، وذلك أن الحممة قطعة من نار، وخروجها من ظلمة يشبه خروج عسكر الحبشة من أرض السودان. (٨) زادفي ب: وأبيك يا سطيح. (٩) زاد في ط: وأبيك. (١٠) زاد في أ: سنة، ولا يستقيم هذا من السجعة، والمعنى. (١١) في ب: ملكهم، وكذلك في السيرة والروض الأنف. (١٢) كذا في ب. وهو موافق لما في السيرة. وفي أ وط: يليهم. (١٣) في ب: أحدًا منهم باليمن. وهو موافق لما في السيرة والروض الأنف.

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