Il a été rapporté d’as-Suddî quelque chose de similaire à cela. Quant à Muḥammad b. Isḥāq, dans sa version du récit, il affirme qu‘Amr ibn ‘Āmir était devin.
D’autres ont dit : son épouse, Ṭarīfah bint al-Khayr al-Ḥimyarīyah, était devineresse. Elle annonça l’imminence de la ruine de leurs contrées. Et c’est comme s’ils avaient vu un signe de cela dans les rats qui furent envoyés pour saper leur barrage. Ils firent alors ce qu’ils firent, et Dieu sait mieux. J’ai déjà rapporté son histoire en détail, selon le récit d‘Ikrimah, dans ce qu’en a transmis Ibn Abī Ḥātim dans son « Tafsīr » (1).
[Section]
Ce ne sont pas tous les descendants de Saba’ qui quittèrent le Yémen lorsqu’ils furent frappés par la crue de l’‘Arim. La plupart d’entre eux y restèrent, mais les habitants de Ma’rib, auprès desquels se trouvait le barrage, se dispersèrent dans les différentes contrées. C’est d’ailleurs ce que confirme le ḥadith cité plus haut d’après Ibn ‘Abbās : en effet, toutes les tribus de Saba’ ne quittèrent pas le Yémen ; seulement quatre d’entre elles en partirent, tandis que six y demeurèrent, à savoir : Madhḥij, Kindah, al-Azd (2), Anmār, al-Ash‘arīyūn – Anmār étant l’ancêtre de Khath‘am et Bajīlah – et Ḥimyar. Voilà donc six tribus de Saba’ qui demeurèrent au Yémen et y perpétuèrent la royauté et la dynastie des Tubba‘ jusqu’à ce que le roi d’Abyssinie leur ôte ce pouvoir par l’armée qu’il envoya sous la conduite d’Abraha et Aryāt, quelque soixante-dix ans (3) ; par la suite, Sayf ibn Dhī Yazan al-Ḥimyarī le leur restitua, peu de temps avant la naissance du Messager de Dieu (ﷺ), comme nous le verrons détaillé bientôt, si Dieu le veut. C’est en Lui que nous plaçons notre confiance, et c’est de Lui que nous attendons l’assistance.
Ensuite, le Messager de Dieu (ﷺ) envoya vers les habitants du Yémen ‘Alī et Khālid ibn al-Walīd, puis Abū Mūsā al-Ash‘arī et Mu‘ādh ibn Jabal, qui les appelèrent à Dieu et leur exposèrent la preuve. Puis (5), l’astreint sur le Yémen l’emporta : il s’agit d’al-Aswad al-‘Ansī, qui expulsa de là-bas les délégués du Messager de Dieu (ﷺ). Cependant, lorsque l’on tua al-Aswad, l’autorité de l’Islam s’y établit solidement à l’époque d’Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq (qu’Allah l’agrée) (– qu'Allah soit satisfait de lui –), comme nous l’exposerons après la Mission prophétique, si Dieu le veut.