«…Un peu de jujubiers.» Cela s’explique par le fait que, lorsque cet arbre portait le nabq (son petit fruit), celui-ci restait en quantité réduite malgré l’abondance de ses épines. Son fruit, comparé à l’ensemble de l’arbre, est évoqué dans le proverbe : «Une viande de chameau maigre au sommet d’une montagne escarpée : ni l’ascension n’est aisée, ni la viande assez grasse pour être choisie.» (1)
C’est pourquoi le Très-Haut a dit : «Ainsi Nous les avons rétribués pour avoir mécru. Allons-Nous châtier (autre que) le grand mécréant ?» (Sourate Saba, v. 17). Autrement dit, Nous n’infligeons cette lourde punition qu’à celui qui a mécru en Nous, qui a taxé Nos messagers de fausseté, qui a enfreint Nos commandements et violé Nos interdits.
Dieu – exalté soit-Il – dit également : «Nous avons fait d’eux des récits et Nous les avons dispersés en tous sens.» (Sourate Saba, v. 19). En effet, lorsque leurs biens furent anéantis et leurs contrées dévastées, ils durent s’en aller et s’en éloigner. Ils se dispersèrent alors dans les plaines et les plateaux, tels les membres éparpillés de Saba, épars de toutes parts. Certains s’installèrent dans le Hedjaz : parmi eux, la tribu de Khouza‘a, qui établit son campement aux abords de La Mecque. Nous évoquerons ultérieurement ce qui leur advint. D’autres, tels les Aws et les Khazraj, s’implantèrent à Yathrib (aujourd’hui la ville prophétique, Médine) et en furent les premiers habitants. Puis trois tribus juives vinrent les rejoindre : Banou Qaynouqa‘, Banou Qourayza et Banou An-Nadir ; elles conclurent alors une alliance avec les Aws et les Khazraj et résidèrent auprès d’eux. Nous rapporterons également leur histoire.
Une autre partie gagna la Syrie (ach-Châm). Ceux-là embrassèrent plus tard le christianisme, et parmi eux se trouvaient les Ghassân, ‘Âmila, Bahra’, Lakhm, Djouzam, Tanoukh, Taghlib et d’autres encore. Nous les mentionnerons lors du récit des conquêtes de la Syrie à l’époque des deux Cheikhs (Abou Bakr et ‘Omar).
Selon Mohammed ibn Ishaq (4), qui rapporte les propos d’Abou ‘Oubayda, al-A‘shâ, fils de Qaïs ibn Tha‘laba (il s’agit de Maïmoun ibn Qaïs) a dit (5) :
«Pour qui cherche un modèle, voilà un exemple à méditer :
Et Mâ’rib, que l’“arinnam” (6) a recouverte, n’est plus que ruine.
Un barrage de marbre qu’Himyar leur avait édifié ;
Quand les flots tumultueux survenaient, il ne faiblissait pas (7).
Il abreuvait les champs et les vignes en abondance,
Et selon leurs besoins, l’eau s’y répartissait.
Mais ils en furent réduits à l’impuissance la plus extrême,
Incapables de donner à boire même à un nourrisson sevré (8).»