Ibn Dihya l’a rapporté (1) dans son livre « At-Tanwîr fî Mawlid al-Bachîr an-Nadhîr ».
L’imam Aḥmad a dit : « Nous a rapporté Abū ‘Abd ar-Raḥmān, nous a rapporté Ibn Lahī‘a, d’après ‘Abd Allāh ibn Hubayrah, d’après ‘Abd ar-Raḥmān (2) ibn Wa‘lah : J’ai entendu ‘Abd Allāh ibn ‘Abbās dire : “Un homme interrogea le Prophète ﷺ au sujet de Saba : ‘S’agit-il d’un homme, d’une femme ou d’une terre ?’ Il répondit : ‘C’est plutôt un homme qui engendra (3) dix [enfants] : six s’établirent au Yémen et quatre au Shām (Syrie). Les Yéménites sont : Madhḥij, Kindah, al-Azd, les Ash‘arites, Anmār et Ḥimyar. Quant aux Syriens, ce sont : Lakhm, Judhām, ‘Āmila et Ghassān.’” » (4)
Nous avons déjà mentionné dans le « Tafsîr » (5) que c’est Furwah ibn Musayk al-Ghaṭîfî qui posa cette question, et nous y avons détaillé les différentes chaînes de transmission de ce ḥadîth et ses variantes, louange à Dieu.
L’objet est que Saba réunit toutes ces tribus, et que parmi elles se trouvaient les Tubba‘ (6) dans le pays du Yémen, l’un d’eux étant appelé Tubba‘. Les rois y portaient des couronnes lorsqu’ils rendaient la justice, à l’instar des Khosroès (rois de Perse). Les Arabes appelaient « Tubba‘ » quiconque régnait sur le Yémen conjointement avec (7) la région de Shِiḥr et Ḥaḍramawt, tout comme ils nommaient « César » (Qayṣar) celui qui régnait sur le Shām et la Jazîra, « Kisrâ » celui qui régnait sur la Perse, « Pharaon » (8) celui qui régnait sur l’Égypte, « Najâshî » celui qui régnait sur l’Abyssinie, et « Baṭlaymūs » (Ptolémée) celui qui régnait sur l’Inde. L’une des rois ḥimyarites du pays du Yémen fut Bilqîs, dont nous avons déjà relaté l’histoire avec Salomon – sur lui la paix. Ils vivaient dans une grande prospérité, avec des subsistances et des récoltes abondantes. Ils se trouvaient alors sur la bonne voie, mais lorsqu’ils échangèrent la grâce de Dieu contre l’ingratitude, ils menèrent leur peuple vers la ruine.
Muḥammad ibn Isḥâq rapporta, d’après Wahb ibn Munabbih, que Dieu leur envoya treize prophètes (9). As-Suddî prétend qu’Il leur en envoya douze mille prophètes. Dieu est plus savant.
En résumé, lorsqu’ils se détournèrent de la bonne direction pour s’égarer et qu’ils se mirent à adorer le Soleil au lieu de Dieu – ce qui advint à l’époque de Bilqîs et avant elle également – leur égarement perdura jusqu’à ce que Dieu leur envoya « Sayl al-‘Arim », autrement dit la crue du barrage, comme dit le Très-Haut : « Mais ils s’en détournèrent. Nous leur envoyâmes donc la crue dévastatrice, et Nous changeâmes leurs deux jardins en deux jardins aux fruits amers, parsemés de tamaris et de rares jujubiers (16). Tel fut le salaire de leur ingratitude. Et ne rétribuons-Nous ainsi que l’ingrat ? » [Saba’ : 16-17].