Histoire de Saba
Dieu – Exalté soit-Il – a dit : « Il y avait assurément, pour Saba, un signe dans leur habitation : deux jardins, l’un à droite et l’autre à gauche. “Mangez de ce que vous accorde votre Seigneur et rendez-Lui grâce : contrée agréable et Seigneur Tout-Clément.” (15) Mais ils s’en détournèrent. Alors Nous envoyâmes contre eux la crue du barrage, et Nous changeâmes leurs deux jardins en deux jardins produisant des fruits amers, des tamaris et quelques jujubiers clairsemés (16). Voilà comment Nous les avons rétribués pour leur ingratitude. Rétribuons-Nous jamais ainsi quelqu’un d’autre que l’ingrat ? (17) Nous avions établi, entre eux et les cités que Nous avions comblées de bénédictions, des cités bien visibles et Nous y avions mesuré les distances de voyage. “Parcourez-les, de nuit et de jour, en toute sécurité !” (18) Mais ils dirent : “Seigneur ! Allonge la distance de nos voyages !” Et ils se firent du tort à eux-mêmes. Nous fîmes alors d’eux des récits et les dispersâmes de toutes parts. Il y a certes en cela des signes pour quiconque est constant et reconnaissant. » [Saba, 15-19]
Les savants en généalogie, dont Muhammad ibn Ishaq (1), rapportent que Saba est le nom de ‘Abd Shams ibn Yashjab ibn Ya‘rub ibn Qahtan. Ils disent qu’il fut le premier à mener des expéditions (2) parmi les Arabes, d’où son nom “Saba” (3). On l’appelait aussi “ar-Râ’ish”, car il distribuait aux gens des biens de sa propriété. Selon as-Suhayli (4), on rapporte qu’il aurait également été le premier à se coiffer d’une couronne (5). Certains affirment qu’il était musulman et qu’il composa un poème annonçant la venue du Messager de Dieu (ﷺ), dont voici un extrait (7) :
« Après nous régnera un grand royaume :
un Prophète qui n’autorisera pas l’illicite.
Après lui, régneront des rois de son peuple,
qui gouverneront les hommes sans leur faire de tort.
Après eux, nous aurons aussi nos rois,
et la souveraineté sera alors partagée entre nous.
Ensuite, après Qahtan apparaîtra un Prophète,
un homme pieux au visage noble, le meilleur des êtres.
Il sera nommé Ahmad ; si seulement je vivais
un an après sa mission !
Je le soutiendrais de toutes mes forces,
avec tout guerrier équipé et tout tireur à l’arc.
Lorsqu’il paraîtra, soyez-lui des auxiliaires,
et que quiconque le rencontre lui transmette mon salut. »