Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La deuxième opinion est qu’ils (la tribu de Qudaʿa) descendraient de Qahtân. C’est l’avis d’Ibn Isḥâq(1), d’al-Kalbî(2) et d’un groupe de spécialistes de la généalogie.

Ibn Isḥâq a dit : « Qudaʿa est le fils de Mâlik, fils de Ḥimyar, fils de Sabaʾ, fils de Yashjub, fils de Yaʿrub, fils de Qahtân. » L’un de leurs poètes, ʿAmr ibn Murra – un Compagnon(3) dont on rapporte deux hadiths – a prononcé, en mètre rajes, les vers suivants :

« Ô toi qui appelles, appelle-nous et réjouis-toi,
Et sois Qudaʿî, ne nous rabaisse pas !
Nous sommes les fils du vieillard à la blancheur éclatante,
Qudaʿa fils de Mâlik fils de Ḥimyar,
Une lignée reconnue et nullement reniée. »(4)

D’après certains spécialistes de la généalogie, Qudaʿa serait plutôt le fils de Mâlik, fils de ʿAmr, fils de Murra, fils de Zayd, fils de Ḥimyar. Par ailleurs, Ibn Lahîʿa rapporta, selon Maʿrûf ibn Suwayd, selon Abû ʿAshâba Muḥammad ibn Mûsâ(5), que ʿUqba ibn ʿÂmir raconta : « J’ai dit : “Ô Messager de Dieu, ne sommes-nous pas de Maʿadd ?” Il répondit : “Non.” J’ai insisté : “Alors qui sommes-nous ?” Il affirma : “Vous êtes Qudaʿa fils de Mâlik fils de Ḥimyar.” »

Abû ʿUmar ibn ʿAbd al-Barr déclara : « Ils ne divergent pas sur le fait que Juhayna ibn Zayd ibn Aswad ibn Aslam ibn ʿImrân ibn al-Ḥâf ibn Qudaʿa est la tribu de ʿUqba ibn ʿÂmir al-Juhanî(6). » Selon cette opinion, Qudaʿa appartiendrait au Yémen et se rattacherait à Ḥimyar, fils de Sabaʾ. Certains ont tenté de concilier ces deux avis, citant notamment al-Zubayr ibn Bakkâr et d’autres : Qudaʿa aurait été le nom d’une femme de Jurhum, épouse de Mâlik ibn Ḥimyar, qui mit au monde Qudaʿa ; puis Maʿadd ibn ʿAdnân se serait marié avec elle après le décès de Mâlik, alors que le garçon était encore petit – ou même à naître – et il aurait été attribué par la suite au second mari, selon une coutume répandue alors : on rattachait parfois un enfant au conjoint de sa mère. Dieu sait mieux.

Muḥammad ibn Sallâm al-Baṣrî, le généalogiste, a dit : « Le lignage (arabe) repose sur trois grandes souches : l’ʿAdnânienne, la Qaḥtânienne et Qudaʿa. » On lui demanda : « Lesquels sont les plus nombreux, les ʿAdnânites ou les Qaḥtânites ? » Il répondit : « Si Qudaʿa se rattache au Yémen (Qaḥtân), alors les Qaḥtânites sont plus nombreux ; si elle se rattache plutôt à ʿAdnân, alors les ʿAdnânites sont plus nombreux. » Cela montre que les Qudaʿites hésitaient quant à leur ascendance. Or, si le ḥadith rapporté par Ibn Lahîʿa est authentique, la question est alors tranchée.

(1) Al-Sīra (1/10). (2) Nasab Maʿd (2/551). (3) Sa biographie dans Al-Iṣāba (3/15), n° (5961). Al-Baytīn 3 et 4 lui sont attribués (Nous sommes les fils de l’imam…); l’information est rapportée par As-Sūhīlī dans Al-Rawḍ al-Anf (1/23), où il cite les quatre premiers vers. Il rapporte également d’al-Zubayr la déclaration selon laquelle la poésie est d’Aflah ibn al-Ya‘būb. Tahdhīb al-Sīra d’Ibn Hishām (1/11). (4) Le Zād ajoute un sixième vers au verset intitulé « Sur la pierre gravée sous la chaire », également dans al-Sīra (1/11). (5) C’est ainsi dans A ouṭ. Dans B : « d’après Abū ʿUshshāna Ḥay ibn Yūman », ce qui semble plus proche de la vérité. Je n’ai pas trouvé de biographie d’Abū ʿUshshāba. Ḥay ibn Yūman, homme de la troisième génération, est décédé en 118 de l’Hégire. Taqrīb at-Tahdhīb (1/208). L’information est rapportée par As-Sūhīlī dans Al-Rawḍ (1/23) sans mentionner sa chaîne de transmission. (6) Al-Inbāh ʿalā Qabāʾil ar-Ruwāh (32). (7) C’est ainsi dans B, ce qui est correct. Dans A ouṭ : « Taʿaddudant » (j’ai un doute).
والقول الثاني: أنهم من قحطان، وهو قول ابن إسحاق (١) ، والكلبى (٢) ، وطائفة من أهل النسب. قال ابن إسحاق: وهو قضاعة بن مالك بن حمير بن سبأ بن يشجب بن يعرب بن قحطان، وقد قال بعض شعرائهم، وهو عمرو بن مرة، صحابي (٣) له حديثان: [من الرجز] يا أيُّها الداعي ادْعُنا وأَبشرِ … وكنْ قُضاعيًا ولا تُنَزِّرِ نحنُ بنو الشيخ الهجانِ الأزهر … قضاعةَ بنِ مالكِ بنِ حِمْيَرِ النسب المعروف غير المنكر (٤) قال بعض أهل النسب: هو قضاعة بن مالك بن عمر بن مرَّة بن زيد بن حمير. وقال ابن لَهِيْعَة، عن معروف بن سويد، عن أبي عشابة محمد بن موسى (٥) ، عن عقبة بن عامر قال: قلت يا رسول الله أما نحن من معد؟ قال: "لا" . قلت: فمن نحن؟ قال: "أنتم قضاعة بن مالك بن حِمير" . قال أبو عمر بن عبد البر: ولا يختلفون أن جُهينة بن زيد بن أسود بن أسلم بن عمران بن الحاف بن قضاعة قبيلة عقبة بن عامر الجُهني (٦) . فعلى هذا قضاعة في اليمن في حمير بن سبأ، وقد جمع بعضهم بين هذين القولين بما ذكره الزبير بن بكار وغيره من أن قضاعة امرأة من جرهم تزوجها مالك بن حِمير فولدت له قضاعة، ثم خلف عليها معد بن عدنان وابنها صغير، وزعم بعضهم أنه كان حملا فنسب إلى زوج أمه كما كانت عادة كثير منهم ينسبون الرجل إلى زوج أمه. والله أعلم. وقال محمد بن سَلَّام البصري النسابة: الرب ثلاثة جراثيم: العدنانية، والقحطانية، وقضاعة. قيل له: فأيهما أكثر، العدنانية أو القحطانية؟ فقال: ما شاءت قضاعة إن تيامنت فالقحطانية أكثر، وإن تعددت (٧) فالعدنانية أكثر، وهذا يدل على أنهم يتلوَّمون في نسبهم، فإن صحّ حديثُ ابن لهيعة
(١) السيرة (١/ ١٠). (٢) نسب معد (٢/ ٥٥١). (٣) ترجمته في الإصابة (٣/ ١٥)، رقم (٥٩٦١). وأورد له البيتين الثالث والرابع (نحن بنو الشيخ .. ) والخبر أورده السهيلي في الروض الأنف (١/ ٢٣)، وأورد الأبيات الأربعة الأولى، ونقل عن الزبير قوله: الشعر لأفلح بن اليعبوب. تهذيب السيرة لابن هشام (١/ ١١). (٤) زاد في ط بيتًا سادسًا، وهو: في الحجر المنقوش تحت المنبر، وهو في السيرة: (١/ ١١). (٥) كذا في أ وط. وفي ب: عن أبي عُشَّانة حَي بن يُوْمن، ولعله الأشبه بالصواب. فلم أقف على ترجمة لأبي عشابة. وحي بن يومن، من رجال الطبقة الثالثة، توفي سنة (١١٨ هـ). تقريب التهذيب (١/ ٢٠٨). والخبر أورده السهيلي في الروض (١/ ٢٣) دون سنده. (٦) الإنباه على قبائل الرواه (٣٢). (٧) كذا في ب. وهو الصواب. وفي أ وط: تعددنت.

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