Al-Bukhârî a dit : « Aslam ibn Afsâ ibn Hâritha ibn ‘Amr ibn ‘Âmir est issu de Khuza‘a, c’est-à-dire que Khuza‘a est l’un des groupes issus de la dispersion des tribus de Saba lorsque Dieu envoya sur elles la crue du barrage d’al-‘Arim, comme cela sera expliqué. Les Aws et les Khazraj en faisaient partie.
Le Prophète (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) leur a également dit : « Tirez, ô Fils d’Ismaël »(1). Cela indique qu’ils sont issus de sa descendance. D’autres ont interprété cette parole comme s’adressant à l’ensemble des Arabes, mais cette interprétation est éloignée, car elle contredit le sens apparent sans preuve. En revanche, la majorité pense que les Arabes qahtânites du Yémen et d’ailleurs ne sont pas issus de la descendance d’Ismaël. Selon eux, l’ensemble des Arabes se divise en deux groupes : les Qahtânites et les ‘Adnânites.
Les Qahtânites se répartissent en deux branches : Saba et Hadramawt. Les ‘Adnânites se divisent également en deux branches : Rabî‘a et Mudar, tous deux fils de Nizâr fils de Ma‘add fils de ‘Adnân. Concernant la cinquième branche, Qudâ‘a(2), les avis divergent : certains soutiennent qu’il s’agit de ‘Adnânites. Ibn ‘Abd al-Barr explique que la majorité suit cet avis, et cela est rapporté par Ibn ‘Abbâs, Ibn ‘Umar et Jubayr ibn Mut‘im. C’est aussi l’opinion défendue par az-Zubayr ibn Bakkâr, son oncle Mus‘ab az-Zubayrî et Ibn Hishâm. Un hadith mentionne « Qudâ‘a ibn Ma‘add », mais il n’est pas authentique, comme l’ont signalé Ibn ‘Abd al-Barr et d’autres(3).
On dit qu’en période antéislamique et au début de l’islam, ces Qudâ‘a se réclamaient sans discontinuer de la lignée de ‘Adnân. Cependant, lorsque vint l’époque de Khâlid ibn Yazîd ibn Mu‘âwiya(4) – dont ils étaient les oncles maternels –, ils se réclamèrent de Qahtân. C’est à ce propos que l’« A‘shâ de Banû(5) Tha‘laba » composa dans l’un de ses poèmes (mètre al-basît) :
« Fais savoir à Qudâ‘a, par écrit, que sans les héritiers de la Famille de Dieu, ils n’auraient pas été affranchis.
Qudâ‘a a affirmé : “Nous appartenons aux gens du Yémen”, mais Dieu sait s’ils ont dit vrai ou faux.
Ils ont revendiqué un père qui n’est pas le géniteur de leur mère,
Ils le savent parfaitement, mais la crainte les a poussés à cela. »
Abû ‘Amr as-Suhaylî(6) a également rapporté des vers de la poésie arabe qui sont très sévères quant au changement de filiation de Qudâ‘a vers le Yémen. Et Dieu sait mieux(7).