L’imam Aḥmad (1) a dit : « ʿAbd al-Razzāq nous a rapporté ; il nous a été transmis par Maʿmar, d’après Zayd ibn Aslam, d’après un homme, d’après Abū Saʿīd al-Khudrī, qui raconta ceci : Un homme posa sa main droite (2) sur le Prophète (ﷺ) et s’exclama : “Par Dieu, je ne peux la maintenir sur toi à cause de l’intensité de ta fièvre !” Le Prophète (ﷺ) répondit : “Pour nous, la communauté des prophètes, l’épreuve est doublée tout comme la récompense est multipliée. Il se peut qu’un prophète parmi les prophètes soit affligé de poux au point d’en mourir, ou qu’il soit éprouvé par la pauvreté au point de prendre un simple manteau et d’y découper des trous. Et ils se réjouissaient de l’épreuve tout comme ils se réjouissaient de l’aisance.” » C’est ainsi que l’imam Aḥmad l’a rapporté par la voie de Zayd ibn Aslam, d’après un homme, d’après Abū Saʿīd.
Ibn Mājah (3) l’a également rapporté par l’intermédiaire de Duḥaym, d’après Ibn Abī Fudayk, lui-même d’après Hishām ibn Saʿd, d’après Zayd ibn Aslam, d’après ʿAṭāʾ ibn Yasār, d’après Abū Saʿīd, puis il le mentionna.
L’imam Aḥmad (4) dit encore : « Wakiʿ nous a rapporté, Sufyān nous a rapporté (5), d’après ʿĀṣim ibn Abī l-Nujūd, d’après Muṣʿab ibn Saʿd, d’après son père, qui déclara : “J’ai demandé : ‘Ô Messager de Dieu, qui sont ceux qui subissent l’épreuve la plus dure ?’ Il répondit : ‘Les prophètes, puis les vertueux, puis ceux qui leur ressemblent et ainsi de suite. L’homme est éprouvé à la mesure de sa religion : s’il est solide en sa religion, on augmente son épreuve ; s’il est faible en sa religion, on l’allège. Les épreuves ne cessent d’affliger le serviteur jusqu’à ce qu’il marche sur terre sans porter la moindre faute.’” » Al-Tirmidhī (7), al-Nasāʾī (8) et Ibn Mājah (9) l’ont également rapporté d’après ʿĀṣim ibn Abī l-Nujūd (10). Al-Tirmidhī jugea ce ḥadīth « beau (ḥasan) et authentique (ṣaḥīḥ) ».
Il a été mentionné précédemment (11) dans le ḥadīth : « Nous, la communauté des prophètes, sommes comme des frères consanguins : notre religion est une, tandis que nos mères sont diverses. » Le sens en est que, si les législations (sharāʾiʿ) diffèrent dans les détails et que certaines ont abrogé d’autres jusqu’à ce que tout aboutisse à ce que Dieu a prescrit pour Muḥammad (ﷺ) – que la paix soit sur tous les prophètes –, chaque prophète envoyé par Dieu n’a jamais eu d’autre religion que l’Islam, c’est-à-dire le tawḥīd : vouer un culte exclusif à Dieu, sans aucun associé. Comme le Très-Haut l’a dit : « Nous n’avons envoyé avant toi aucun Messager sans lui révéler : “Il n’y a de divinité que Moi. Adorez-Moi donc.” » (Al-Anbiyā’ : 25).