Ils leur dirent : « Votre Seigneur (exalté soit-Il) vous transmet la salutation de paix et vous invite à Lui rendre visite afin qu’Il vous regarde et que vous Le regardiez, pour que vous Le saluiez et qu’Il vous salue, qu’Il vous parle et que vous Lui parliez, et pour qu’Il vous accorde davantage de Sa faveur, car Sa miséricorde est vaste et Sa grâce infinie. »
Alors, chacun d’eux se met en route sur sa monture, puis ils avancent tous ensemble, alignés, sans que rien ne dépasse rien : pas même l’oreille d’une chamelle ne précède celle de sa compagne. Ils ne croisent aucun arbre parmi les arbres du Paradis sans qu’il ne leur offre de son fruit et ne s’écarte de leur chemin, soucieux de ne pas rompre leurs rangs ni de séparer un homme de son compagnon. Lorsqu’ils sont présentés devant le Tout-Puissant (exalté soit-Il), Il dévoile alors à leurs yeux Sa noble Face et Se manifeste à eux dans Sa majesté, puis Il les salue de paix. Ils répondent : « Ô notre Seigneur, Tu es la Paix, c’est de Toi que jaillit la paix, et à Toi appartiennent la Puissance et la Noblesse. »
Leur Seigneur (exalté soit-Il) leur dit : « C’est Moi qui suis la Paix, c’est de Moi que jaillit la paix, et à Moi revient, en toute justice, la Puissance et la Noblesse. Bienvenue à Mes serviteurs, ceux qui ont sauvegardé Mon ordre, respecté Mon droit, M’ont craint sans Me voir et ont toujours été pleins d’appréhension à Mon égard. » Ils dirent alors : « Par Ta puissance, Ta grandeur et la hauteur de Ton rang, nous ne T’avons pas estimé comme il se doit, ni rendu pleinement Ton dû. Permets-nous de nous prosterner devant Toi ! »
Leur Seigneur (exalté soit-Il) leur répond : « J’ai levé d’auprès de vous la contrainte du culte et épargné vos corps de l’effort : bien des fois vous avez peiné pour Moi et vous M’avez offert vos visages inclinés. Désormais, vous parvenez à Mon repos, à Ma miséricorde et à Mon honneur. Demandez-Moi ce que vous voulez et formulez vos plus grands souhaits, car Je ne vous récompenserai pas aujourd’hui à la mesure de vos actes, mais selon l’étendue de Ma miséricorde, de Ma grâce, de Mon honneur et de Ma magnificence. »
Alors ils ne cesseront de demander et de souhaiter, recevant dons et faveurs, si bien que celui qui aura le moins d’ambition dans ses vœux en viendra à désirer l’équivalent de tout ce que le monde a contenu depuis que Dieu (exalté soit-Il) l’a créé, jusqu’au jour où Il l’anéantira. Le Seigneur (exalté soit-Il) leur dira : « Vous vous êtes contentés de moins que ce qui vous revient réellement et avez sous-estimé vos espérances. J’ai donc décrété pour vous tout ce que vous avez souhaité et demandé, J’y ai joint vos descendants, et Je vous ai encore comblés de bien au-delà de ce que vos désirs ont pu omettre. »
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Ce récit est un hadith “mursal” (rapporté par un chaînon manquant) faible, très rare, et il comporte quelques expressions considérées comme réprouvées (1). Dans sa meilleure interprétation, il s’agirait plutôt d’une parole attribuée à certains Successeurs (tâbi‘în) ou à d’autres Anciens (salaf), mais un des rapporteurs s’est trompé en l’élevant au rang de hadith authentique. Il n’en est pas ainsi, et Dieu sait mieux.
[Mention de la première personne qui entrera au Paradis]
Il s’agit du Messager de Dieu (ﷺ) avant tous les prophètes, puis de sa communauté avant toutes les autres, comme cela est attesté dans le « Ṣaḥīḥ Muslim » (d’après le hadith transmis par al-Mukhtār ibn Fulful) selon Anas. Le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Je suis le premier à frapper à la porte du Paradis » (2). On retrouve également dans ce même recueil, toujours d’après Anas, ces paroles du Prophète (ﷺ) : « Je me présenterai à la porte du Paradis et je demanderai qu’on l’ouvre. Le gardien dira : “Qui es-tu ?” Je répondrai : “Je suis Muḥammad.” Il dira alors : “C’est toi que j’ai reçu l’ordre de laisser entrer en premier, avant toute autre personne.” » (3).