Dans le Paradis, ils se rendent visite sur d’imposantes chamelles blanches (1), avec des selles raffinées (2). Leurs sabots (3) soulèvent une poussière de musc, et le licou ou la bride de l’une d’elles vaut mieux que ce monde et tout ce qu’il contient (4).
Ibn Abî al-Dunyâ a rapporté — par la voie d’Ismâʿîl ibn ʿAyyâsh, d’après ʿUmar ibn Muḥammad, d’après Zayd ibn Aslam [d’après son père], d’après Abû Hurayra — que le Prophète (ﷺ) interrogea Gabriel au sujet de ce verset : « Et on soufflera dans la Trompe. Alors ceux qui sont dans les cieux et ceux qui sont sur la terre seront foudroyés, sauf ceux qu’Allah voudra » (39 : 68). Gabriel répondit : « Il s’agit des martyrs ; Allah les ressuscite, portant leurs épées autour de Son Trône. Puis des anges du Lieu du Rassemblement (al-Maḥshar) leur amènent des montures façonnées dans le rubis, dont les rênes sont en perle blanche, avec des selles d’or ; leurs brides sont en soie fine (sundus) et en étoffe épaisse (istabraq), et leurs coussins (namâriq) sont en soie. Leurs foulées s’étendent jusqu’où porte le regard, et ils parcourent le Paradis à cheval. Lorsque leur promenade se prolonge, ils disent : “Allons voir comment Allah juge Ses créatures.” Alors Dieu leur sourit, et lorsqu’Il sourit à un serviteur, ce dernier n’a pas de compte à rendre (5). »
Abû Bakr ibn Abî al-Dunyâ a dit : « Abû Mûsā, Isḥâq ibn Ibrâhîm al-Harawî, nous a transmis d’al-Qâsim ibn Yazîd al-Mawṣilî, qui me le transmit d’Abû Ilyâs, qui me le transmit de Muḥammad ibn ʿAlî ibn al-Ḥusayn… [H]. » Et Abû Nuʿaym a rapporté, d’après le récit de Muʿâfâ ibn ʿImrân : « Idrîs ibn Sinân nous informa, d’après Wahb ibn Munabbih, d’après Muḥammad ibn ʿAlî… Idrîs ajouta : “Ensuite je le revis, et il me raconta : Le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : ‘Dans le Paradis, il est un arbre nommé Tûbâ. Si un cavalier sur un coursier rapide se lançait à l’ombre de cet arbre, il y galoperait cent ans. Son feuillage est fait de soieries vertes, et ses fleurs de brocart jaune (6). Ses grappes (7) sont de soie fine et épaisse, et son fruit est constitué de parures. Sa sève est du gingembre mêlé de miel, et son lit de rivière est formé de rubis rouges et d’émeraudes vertes. Son sol est de musc, et son herbe de safran raffiné (8). Le bois d’aloès (9) y exhale un parfum sans qu’on ait besoin de l’allumer. De sa racine jaillissent deux sources : Salsabîl et ar-Raḥîq. Son ombre est un lieu de réunion pour les habitants du Paradis, où ils aiment discuter tous ensemble. Un jour qu’ils s’y entretenaient, des anges arrivèrent, menant des montures de rubis auxquelles on avait insufflé la vie, tenues par des chaînes d’or, et dont les visages luisaient comme des lampes, tant ils étaient éclatants et beaux. Leur robe mêlait un pelage rouge et un autre blanc, que nul regard n’a jamais contemplé. Ces montures portaient des selles garnies de plaques de perles et de rubis, ornées d’argent et de corail. Leurs pièces étaient en or rouge, et elles étaient revêtues de riches tapis d’al-ʿabqarî et d’ourjouwân. Les anges les firent alors agenouiller devant eux, puis…’ ”