Abou Bakr Ibn Abî Ad-Dunyâ (1) a déclaré : « Salamah Ibn Chabîb nous a rapporté, d’après Saʿîd Ibn Dînâr, d’après al-Rabîʿ Ibn Ṣabîh, d’après al-Hasan, d’après Anas, que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit : “Lorsque les habitants du Paradis seront entrés au Paradis, chacun d’eux éprouvera de la nostalgie pour ses frères. Le lit de l’un avancera alors vers le lit de l’autre jusqu’à ce qu’ils se rejoignent. L’un dira alors à son compagnon : ‘Te souviens-tu du moment où Dieu nous a pardonné ?’ Et son compagnon de répondre : ‘Nous étions à tel endroit, nous avons invoqué Dieu et Il nous a pardonnés.’” (2)
Quant à la Parole de Dieu : « Un de ceux-là dira : “J’avais un compagnon (v. 51)” » [aṣ-Ṣâffât], ce “compagnon” inclut aussi bien le djinn que l’homme. C’est-à-dire qu’il me soufflait l’incroyance, la désobéissance et doutait de la réalité du retour (au Jugement). Par la miséricorde et la grâce de Dieu, j’y ai échappé. Puis il (le croyant) ordonna à ses compagnons de regarder avec lui dans le Feu afin de constater l’état de ce compagnon : « Il regarda et le vit au milieu de la Fournaise (v. 55) » — c’est-à-dire au sein même de ses affres, subissant le châtiment. Il loua alors Dieu de l’avoir sauvé de ce châtiment que subissait son compagnon. Puis il dit : « Par Dieu, il s’en fallut de peu que tu ne me perdes ! Sans la faveur de mon Seigneur, j’aurais été, moi aussi, du nombre de ceux qu’on amène (au châtiment) (v. 56) », autrement dit, j’aurais été avec toi dans le châtiment. Ensuite, il évoqua le bonheur dont il jouissait et en remercia Dieu, en disant : « N’est-il pas vrai que nous ne mourrons plus (v. 58), en dehors de notre première mort, et que nous ne serons plus châtiés ? » C’est-à-dire : ne sommes-nous pas sauvés de la mort et du supplice en entrant au Paradis ? « Voilà, vraiment, le succès suprême. »
Quant à Sa parole : « Pour quelque chose de semblable, qu’œuvrent donc ceux qui œuvrent ! » [aṣ-Ṣâffât, 61], il est possible que ce soit la suite des propos du croyant, tout comme il se peut que ce soit une Parole de Dieu — qu’Il soit Exalté — invitant Ses serviteurs à viser un tel succès. Que ceux qui rivalisent le fassent pour se préserver du Feu et pour accéder au Paradis, où il n’y a pas de mort. Il existe de nombreux autres exemples (de ce type), et nous les avons évoqués dans notre « Tafsîr ».
Nous avons également mentionné, au début de notre « Commentaire de al-Bukhârî », dans le Livre de la Foi, le hadith de Hârithah, quand le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) lui dit : “Comment t’es-tu réveillé ce matin, ô Hârithah ?” Il répondit : “Je me suis réveillé en (étant) un véritable croyant.” Le Prophète demanda : “Quelle est la réalité de ta foi ?” Il dit : “Mon âme s’est détachée de ce bas monde ; j’ai veillé mes nuits et j’ai enduré la soif le jour. C’est comme si je voyais le Trône de mon Seigneur à découvert, comme si je voyais les habitants du Paradis se rendre visite et comme si je voyais les habitants de l’Enfer y subir leur châtiment.” Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) dit : “Voilà un serviteur dont Dieu a illuminé le cœur.”” (3)
Sulaimân Ibn al-Mughîrah rapporte, d’après Humayd Ibn Hilâl, qui a dit : “Nous avons reçu l’information que les gens du Paradis, occupant une demeure supérieure, rendent visite à ceux qui sont dans une demeure inférieure, tandis que ceux qui sont en dessous ne visitent pas ceux qui sont au-dessus.” J’ajoute : Ceci peut s’entendre de deux manières :
• Premièrement, l’habitant d’un rang inférieur ne peut dépasser ce rang, car il n’en a pas la capacité.
• Deuxièmement, c’est pour lui éviter de voir un délice plus grand que le sien et d’en éprouver quelque tristesse, et il n’y a point de tristesse au Paradis. Et Dieu est plus Savant.