Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et Ibn Wahb a dit : « Saʿīd b. Abī Ayyūb m’a rapporté qu’un homme de Quraych a demandé à Ibn Shihāb : “Y a-t-il de l’écoute (samāʿ) au Paradis ? En effet, j’ai été comblé d’amour pour l’écoute.” Il répondit : “Oui, par Celui qui détient la vie d’Ibn Shihāb dans Sa main ! Il y a au Paradis un arbre dont les fruits sont des perles et des émeraudes. Au-dessous se trouvent des jeunes filles à la poitrine naissante qui chantent le Coran. Elles disent : ‘Nous sommes les bienheureuses qui ne connaîtrons aucune peine, nous sommes les éternelles qui ne mourrons jamais.’ Lorsque l’arbre entend cela, chacune de ses branches se met à frapper l’autre, répondant aux jeunes filles. On ne sait alors pas lequel est le plus beau : les voix des jeunes filles ou celles de l’arbre.” (1)

Ibn Wahb a poursuivi : « Al-Layth [b. Saʿd] nous a rapporté, d’après Khālid b. Yazīd, que les houris chantent pour leurs époux en disant : ‘Nous sommes les excellentes et les belles, épouses de nobles jeunes gens. Nous sommes les immortelles qui jamais ne mourrons, nous sommes les comblées de bienfaits qui jamais ne souffrirons, nous sommes les satisfaites qui jamais ne nous mettrons en colère, nous sommes les inébranlables qui jamais ne partirons.’ Sur la poitrine de l’une d’elles est inscrit : ‘Tu es mon aimé et je suis la tienne, mon âme a trouvé son terme auprès de toi, mes yeux n’ont jamais vu ton semblable.’” (2)

Ibn al-Mubārak a dit : « Al-Awzāʿī nous a rapporté, d’après Yaḥyā b. Abī Kathīr, que les houris aux yeux grands et noirs accueillent leurs époux aux portes du Paradis, en leur disant : ‘Comme nous vous avons longtemps attendus ! Nous sommes celles qui sont satisfaites et ne seront jamais mécontentes, nous sommes celles qui demeurent et ne quitteront pas les lieux, nous sommes les éternelles qui ne mourrons point, d’une voix parmi les plus belles que l’on puisse entendre.’ Et elles disent : ‘Tu es mon aimé et je suis la tienne, il n’y a pas d’objectif au-delà de toi, ni de chemin loin de toi, ni de but qui te dépasse.’” (3)

Tous ces récits ont été rapportés par Ibn Abī al-Dunyā et d’autres, mais ils requièrent un examen critique. Ibn Abī al-Dunyā a également dit : « Ibrāhīm b. Saʿīd (4) m’a rapporté : ‘Alī b. ʿĀṣim nous a rapporté, de la part de Saʿīd b. Abī Saʿīd al-Ḥārithī, qu’il a été dit : “Il y a au Paradis des bosquets de roseaux d’or portant des perles. Lorsque les gens du Paradis désirent entendre un son mélodieux, Dieu envoie sur ces bosquets un vent qui leur procure tout son agréable qu’ils souhaitent.” Ceci a été attribué à Abū Saʿīd al-Khudrī, mais il s’agit d’une confusion, Dieu est plus savant.’”

[Un autre type d’écoute, supérieur au précédent]

Hammād b. Salama rapporte, d’après Thābit al-Bunānī et Ḥajjāj b. al-Aswad, d’après Shahr b. Ḥawshab, que celui-ci a dit : “En vérité, Dieu (– glorifié soit Sa majesté –) dit aux anges, le Jour de la Résurrection : ‘Mes serviteurs aimaient la belle voix dans le monde d’ici-bas, et ils y renonçaient par…’”

(1) Dans les Aṣūl : Saʿd, ce qui est une erreur. (2) Rapporté par Ibn Abī al-Dunyā dans « Description du Paradis » (p. 261). (3) Rapporté par Ibn Abī al-Dunyā dans « Description du Paradis » (p. 262). (4) Rapporté par Ibn al-Mubārak dans le « Zuhd » (435 - additions de Naʿīm). (5) Dans les Aṣūl : Ibrāhīm ibn Saʿd, ce qui est une erreur.
وقال ابنُ وَهْبٍ: حدثني سعيد (١) بنُ أبي أيُّوبَ، قال: قال رَجُل منْ قريشٍ لابن شِهابٍ: هلْ في الجَنَّةِ سَمَاعٌ فإنهُ حُبِّبَ إليَّ السَّمَاعُ؟ فقال: إي وَالَّذِي نَفْسُ ابن شِهَاب بِيَدِهِ، إنَّ في الجَنَّةِ لَشَجرًا حَمْلُهُ اللُّؤلُؤ وَالزَّبَرْجدُ، تَحْتهُ جَوَارٍ ناهدات يُغنِّينَ بالْقُرْآنِ، وَيَقُلْنَ: نحنُ النَّاعِماتُ فلا نَبْأس، ونحنُ الخَالِدَاتُ فلا نمُوت، فإذا سَمِع ذلك الشَّجَرُ صَفَقَ بَعْضُهُ بَعْضًا، فأجَبْنَ الْجَواري، فلا يُدْرى: أصْواتُ الجَواري أحْسنُ، أمْ أصْواتُ الشَّجَرِ؟ (٢) . قال ابنُ وَهْبٍ: وحدّثنا اللَّيْثُ [بن سعد] ، عن خالدِ بن يزيدَ: أنَّ الحُور يُغَنِّينَ أزْوَاجَهُنْ، يَقُلْنَ: نحنُ الْخَيْراتُ الحِسَان، أزْوَاجُ شَبَابٍ كِرام، ونحنُ الخَالِدَاتُ فلا نموت، ونحنُ النَّاعِمَاتُ فلا نَبْأس، ونحنُ الرَّاضياتُ فلا نَسْخط، ونحنُ المُقيماتُ فلا نَظْعن، في صَدْر إحداهُنَّ مَكْتُوبٌ: أنْتَ حِبِّي، وأنا حِبُّكَ، انْتَهَتْ نَفْسي عِنْدَكَ، لَمْ تَرَ عَيْنايَ مِثْلَك (٣) . وقال ابنُ المُبَاركِ: حدّثنا الأوْزَاعيُّ، حدّثنا يَحْيى بنُ أبي كَثيرٍ: أنَّ الحُورَ العِينَ يَتَلَقَّيْنَ أزْوَاجَهُنّ عِنْدَ أبوَابِ الْجنّة، فيقُلْنَ: طَالَما انْتَظَرْناكم، نحنُ الرَّاضياتُ فلا نَسْخَط، وَالمُقيماتُ فلا نَظْعَن، والْخَالِداتُ فلا نموت، كأحسن أصوات سُمِعَتْ، وتَقُولُ: أنتَ حِبِّي وأنَا حِبُّكَ، لَيْسَ دُونكَ مَقْصِدٌ، ولا عنك معدِل، ولا وَرَاءَكَ مطلب (٤) . وهذه الآثار كلها رواها ابن أبي الدنيا وغيره، وفيها نظر. وقال ابنُ أبي الدُّنيا: حدّثني إبراهيمُ بنُ سعيد (٥) ، حدّثنا علي بن عاصم، حدّثني سعيد بن أبي سعيد الْحَارثيّ، قال: حُدِّثْتُ أنَّ في الجَنَّةِ آجامًا منْ قَصَبٍ منْ ذهَبٍ حَمْلُها اللُّؤلُؤُ، فإذا اشْتَهى أهلُ الجَنَّة أنْ يَسْمَعُوا صَوْتًا حَسنًا بَعَثَ اللهُ على تِلْك الآجَامِ رِيحًا فتَأْتِيهمْ بكُلِّ صَوْتٍ حَسَنٍ يَشْتَهُونَهُ. وقد تقدم هذا عن أبي سعيد الخدري، وهو وهم، والله أعلم. [نوع آخر من السماع أعلى من الذي قبله] ذكَرَ حمَّادُ بن سَلَمة، عن ثابتٍ البُنانيِّ، وحَجَّاجِ بن الأسْودِ، عن شَهْرِ بن حَوْشبٍ، قال: إنَّ اللهَ (عز وجل) يقولُ لملائكةِ يوم القيامة: إنَّ عِبادي كانوا يُحبُّونَ الصَّوْتَ الْحسنَ في الدنيا ويَدَعونَه منْ
(١) في الأصول: سعد، وهو خطأ. (٢) رواه ابن أبي الدنيا في "صفة الجنة" (٢٦١). (٣) رواه ابن أبي الدنيا في "صفة الجنة" (٢٦٢). (٤) رواه ابن المبارك في الزهد (٤٣٥ - زوائد نعيم). (٥) في الأصول: إبراهيم بن سعد، وهو خطأ.

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