Et Muslim a dit : « Nous a rapporté Abû ‘Uthmân Sa‘îd ibn ‘Abd al-Jabbâr al-Basrî, qui a dit : “Nous a rapporté Hammâd ibn Salama, d’après Thâbit, d’après Anas ibn Mâlik : que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : ‘Certes, il y a, au Paradis, un marché auquel on se rend chaque vendredi ; un vent du nord y souffle alors sur eux et leur projette du musc sur le visage et les vêtements, si bien qu’ils gagnent encore en beauté et en élégance. Ensuite, ils retournent auprès de leurs familles et, à leur arrivée, ils se sont déjà embellis. Leurs proches leur disent : “Par Dieu, vous vous êtes véritablement embellis après nous avoir quittés !” Et ils leur répondent : “Par Dieu, vous aussi, vous vous êtes véritablement embellis depuis notre départ !”’ »
C’est ainsi qu’Ahmad l’a également rapporté d’après ‘Affân, d’après Hammâd. Dans cette autre version, il est dit : « Certes, il y a, au Paradis, un marché constitué de dunes de musc ; lorsqu’ils s’y rendent, un vent se met à souffler… » puis il en a rapporté la suite (1).
Abû Bakr ibn Abî Sabrah (2) a rapporté, d’après ‘Umar ibn ‘Atâ’ ibn Warâz (3), d’après Sâlim Abû al-Ghayth, d’après Abû Hurayra, d’après le Prophète (ﷺ), qui a dit : « Le sol du Paradis est blanc, son esplanade faite de rochers de camphre. Tout autour s’élèvent des massifs de musc, comme des dunes de sable, et de nombreux ruisseaux y coulent. Là, les gens du Paradis se rassemblent et se reconnaissent, puis Allah – Exalté soit-Il – fait souffler sur eux un vent de miséricorde qui agite le parfum du musc. Ainsi, l’homme retourne auprès de son épouse encore plus beau et plus parfumé qu’auparavant. Elle lui dit alors : “Tu es parti de chez moi alors que déjà je te trouvais séduisant, et voilà que maintenant je te trouve encore plus séduisant !” » (4).
Quant au hadith rapporté par le hâfidh (spécialiste du hadith) Abû ‘Isâ al-Tirmidhî, selon lequel il a dit : « Nous ont rapporté Ahmad ibn Mani‘ et Hannâd (5), qui ont dit : ‘Nous a rapporté Abû Mu‘âwiyah, d’après ‘Abd al-Rahmân ibn Is h âq, d’après al-Nu‘mân ibn Sa‘d, d’après ‘Alî, qui a dit : “Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : ‘Certes, il y a, au Paradis, un marché sans achat ni vente, mais on y trouve des formes (ṣuwar) d’hommes et de femmes. Lorsqu’un homme désire une forme qu’il voit, il y entre.’” » ; c’est un hadith qualifié de « gharîb » (rare ou peu connu), comme l’a indiqué al-Tirmidhî (6).
On en comprend que les hommes désirent prendre l’apparence d’autres hommes, et de même pour les femmes. Il s’interprète à la lumière du hadith précédent, se rapportant à la forme, l’état, le teint et l’habit, à l’instar de ce que nous avons cité dans le hadith d’Abû Hurayra au sujet du marché du Paradis : un homme de stature élevée y rencontre un autre d’un rang moindre, et celui-ci est impressionné par la tenue et l’allure du premier ; puis, à peine ont-ils fini de parler que son interlocuteur se voit gratifié d’une apparence encore plus belle, car il n’est permis à personne de s’y affliger (7). Tel est le sens si le texte a bien été préservé, ce qui paraît toutefois douteux, puisqu’il est l’apanage de ‘Abd al-Rahmân ibn Is h âq ibn al-Hârith, Abû Shaybah al-Wâsitî – ou al-Kûfî –, qui rapporte de son père et de son oncle al-Nu‘mân ibn… »} الكثيرُ.