D’après Abou Mâlik, de la part de son père, de la part de Khâlid ibn Maʿdân, d’après Abou Umâma : le Messager d’Allah (ﷺ) fut interrogé : « Les habitants du Paradis auront-ils des rapports intimes ? » Il répondit : « Dahman, dahman, cependant il n’y a ni semence (maniyy) ni mort (maniya) » (1). Puisque l’émission de semence met fin au plaisir de l’acte, et que la mort met fin au plaisir de la vie, ces deux éléments sont absents chez les gens du Paradis.
At-Tabarânî a rapporté : « ʿAbdân ibn Aḥmad nous a rapporté, Muḥammad ibn ʿAbd ar-Raḥîm al-Barqî (2) nous a rapporté, ʿAmr ibn Abî Salama nous a rapporté, Ṣadaqa nous a rapporté, d’après Hâshim ibn Zayd, d’après Sulaym Abou Yaḥyâ (3), qu’il avait entendu Abou Umâma raconter avoir entendu le Messager d’Allah (ﷺ) interrogé au sujet du fait que les gens du Paradis auraient des rapports intimes. Il répondit : « Oui, avec un membre viril qui ne se fatigue pas et un désir sans fin, dahman dahman » (4).
Pour ce qui est de savoir si l’un de ces bienheureux veut avoir un enfant, comme c’était le cas dans ce bas monde, et qu’il aime les enfants, l’imâm Aḥmad a rapporté : « ʿAlî ibn ʿAbd Allâh nous a rapporté, Muʿâdh ibn Hishâm nous a rapporté, mon père m’a rapporté [d’après] ʿÂmir al-Aḥwal, d’après Abou aṣ-Ṣiddîq, d’après Abou Saʿîd al-Khudrî, que le Prophète d’Allah (ﷺ) a dit : “Si le croyant souhaite avoir un enfant au Paradis, alors sa grossesse, son accouchement et l’âge qu’il atteint se dérouleront en une seule heure, selon son désir.” » At-Tirmidhî et Ibn Mâjah l’ont également rapporté, par le biais de Muḥammad ibn Bashâr, d’après Muʿâdh ibn Hishâm, suivant la même chaîne de transmission. At-Tirmidhî a déclaré : « Ḥasan gharîb (bon et rare). » Al-Ḥâfiẓ aḍ-Ḍiyâʾ al-Maqdisî a dit : « À mon sens, il répond aux conditions de (l’imâm) Muslim, et Allah est plus savant. »
Al-Ḥâkim l’a également relaté, d’après al-Aṣamm, d’après Muḥammad ibn ʿĪsâ, d’après Sallâm ibn Sulaymân [Sallâm aṭ-Ṭawîl], d’après Zayd al-ʿAmmî, d’après Abou aṣ-Ṣiddîq an-Nâjî, d’après Abou Saʿîd, qui dit : « On demanda : “Ô Messager d’Allah, les habitants du Paradis auront-ils des enfants ? Car l’enfant fait partie de la joie parfaite.” Il répondit : “Oui, par Celui qui détient mon âme dans Sa main, cela ne dure que le temps qu’un homme parmi vous le désire : sa grossesse, son allaitement et sa jeunesse adviennent aussitôt” » (5).
Ce récit indique qu’il s’agit bien d’une possibilité réelle pour les gens du Paradis, contrairement à ce qu’ont rapporté al-Bukhârî et at-Tirmidhî de la part d’Isḥâq ibn Râhawayh, selon qui il ne s’agit que d’une hypothèse dont ils n’ont pas réellement envie. Nombre de Tâbiʿîn – tels Ṭâwus, Mujâhid, Ibrâhîm an-Naḫaʿî et d’autres – ont relaté que le Paradis ne connaît pas la procréation. Cela est juste dans la mesure où leurs rapports intimes n’entraînent pas de descendance, contrairement à ce qui se passe dans ce bas monde, où l’on recherche la perpétuation de l’espèce pour peupler la terre. Or, le Paradis est fait pour la permanence de la félicité, c’est pourquoi il n’y a pas d’éjaculation (maniyy) dans leurs unions.